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La conservation de la biodiversité est un aspect essentiel de la gestion durable des forêts québécoises.
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Sur le territoire de l’Agence de mise en valeur de la forêt privée de l’Estrie, on compte actuellement 60 écosystèmes forestiers exceptionnels (EFE) qui totalisent près de 29 000 hectares, soit 20 km². La moitié des EFE sont des forêts refuges de plantes menacées ou vulnérables. Huit écosystèmes forestiers rares sont aussi à signaler. Il s’agit, notamment, de chênaies rouges, de pinèdes rouges et de cédrières sur affleurement de serpentine. Quant aux dix forêts anciennes recensées, elles occupent moins de 200 hectares et sont, pour la plupart, de faible superficie (moins de 10 hectares). Seulement trois d’entre elles occupent plus de 20 hectares. Il s’agit d’une érablière à hêtre et pruche, d’une érablière à bouleau jaune et d’une des rares cédrières anciennes du sud du Québec.
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Érablière ancienne à hêtre et pruche,
Andrée Thériault |
Un intérêt particulier doit être porté à cette érablière ancienne à hêtre et pruche, située sur le versant est du lac Memphrémagog. En effet, elle se distingue par ses érables de plus de 200 ans, ses pruches de 275 ans, dont certaines atteignent jusqu’à 52 cm de diamètre, et ses frênes d’Amérique au long fût qui peuvent mesurer jusqu’à 41 mètres de hauteur.
Les espèces menacées ou vulnérables
Jusqu’à ce jour, on a recensé en Estrie 49 plantes menacées ou vulnérables, dont la moitié sont associées au milieu forestier. Le tiers d’entre elles poussent sur des affleurements de calcaire ou de serpentine. Les milieux tourbeux en abritent aussi une dizaine. Certaines de ces plantes, dont la houstonie à longues feuilles (Houstonia longifolia), une espèce qui croît dans les milieux ouverts riverains, ne se trouvent qu’en Estrie.
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Houstonie à longues feuilles,
Andrée Thériault |
Un bref portrait des écosystèmes forestiers exceptionnels par municipalité régionale de comté (MRC)
Vingt et un écosystèmes forestiers exceptionnels ont été répertoriés sur le territoire de la MRC de Memphrémagog. Plus de la moitié de ces écosystèmes sont des refuges de plantes menacées ou vulnérables. La plupart de ceux-ci sont des érablières à frêne d’Amérique qui sont considérées comme les refuges des plus belles populations de carex de Bailey (Carex Baileyi) du Québec. Il est à noter que sept des huit localités québécoises où l’on retrouve cette espèce sont situées en Estrie. Outre l’érablière à hêtre et pruche ancienne du lac Memphrémagog, une autre forêt ancienne de moins de 10 hectares est aussi présente sur ce territoire.
Carex de Bailey,
Andrée Thériault

Érablière à frêne d’Amérique,
Andrée Thériault
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Carex de Bailey,
Geoffrey Hall
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La MRC du Val Saint-François recèle 13 écosystèmes forestiers exceptionnels de grand intérêt. Il s’agit, notamment, de cédrières sèches, de pinèdes rouges et de chênaies rouges sur serpentine, des groupements forestiers considérés rares au Québec. Des forêts refuges de plantes menacées ou vulnérables y sont aussi représentées. Un exemple éloquent est celui d’une bétulaie blanche à thuya où poussent quatre plantes menacées ou vulnérables, dont la pelléade glabre (Pellaea glabella), une espèce présente dans moins de cinq localités au Québec et l’adiante des Montagnes Vertes (Adiantum viridimontanum), une fougère considérée rare à l’échelle mondiale.
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Pelléade glabre,
Jean Maltais, MRNF |
Adiante des montagnes vertes,
Geoffrey Hall |
Cette fougère est une espèce endémique aux écosystèmes serpentineux. La serpentine est une roche qui couvre moins de 1 % de la terre. De ce fait, elle est confinée à une des plus petites aires de répartition au monde (photo : Geoffrey Hall, adiante des Montagnes Vertes). La plus grosse population québécoise de polémoine de Van-Brunt (Polemonium vanbruntiae) s’y trouve également dans une pessière rouge à sapin sur tourbe. Ce site a fait l’objet d’une entente de conservation.
Sur le territoire de la MRC du Haut-Saint-François, une érablière à tilleul recèle la seule colonie d’hydrophylle du Canada (Hydrophyllum canadense), en territoire québécois.
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Hydrophylle du Canada,
Geoffrey Hall
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Enfin, deux forêts anciennes, soit une cédrière à sapin de 21 hectares et une érablière à ostryer de huit hectares, méritent également une attention particulière.
Dans la MRC du Granit, on retrouve une érablière à bouleau jaune et une cédrière tourbeuse, deux forêts anciennes qui totalisent près de 42 hectares. Ces EFE sont également d’un grand intérêt pour la conservation.
Quant à la MRC de Sherbrooke, trois propositions d’écosystèmes forestiers exceptionnels ont été retenues. Ceux-ci sont, pour la plupart, situés en milieu urbain ou périurbain. Un exemple éloquent est le boisé Beckett, protégé par la Ville de Sherbrooke. Il s’agit d’une vieille érablière à hêtre dont les arbres dominants atteignent de 60 cm à 70 cm de diamètre et une hauteur moyenne de plus de 30 mètres. L’âge des plus vieux arbres est très élevé. L’érable à sucre y atteindrait plus de 270 ans.
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Érablière à hêtre ancienne,
Lina Breton, MRNF |
Des groupements rares de noyer cendré ainsi qu’une érablière à caryer ovale se retrouvent aux abords de la rivière Saint-François.
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Noyer cendré,
J.-F. Bergeron, MRNF |
Sur le territoire de la MRC de Coaticook on retrouve cinq écosystèmes forestiers exceptionnels constituant des forêts refuges. Selon les connaissances actuelles, la MRC d’Asbestos abrite trois EFE en territoire privé.
Voir également
Les écosystèmes forestiers exceptionnels : éléments clés de la diversité biologique du Québec
Écosystèmes forestiers exceptionnels classés depuis 2002
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