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Sur le territoire de l’Agence régionale de mise en valeur des forêts privées des Laurentides, on compte actuellement 26 écosystèmes forestiers exceptionnels (EFE), qui totalisent plus de 750 hectares (7,5 km²). La plupart de ces EFE sont des forêts rares ou des forêts refuges de plantes menacées ou vulnérables. Il s’agit, notamment, de chênaies rouges à chêne blanc et d’érablières à caryer et érable noir. Quant aux six forêts anciennes recensées, elles occupent 190 hectares.
Il importe d’accorder un intérêt particulier aux chênaies rouges à chêne blanc situées aux abords de la rivière des Outaouais dans le secteur de Pointe-au-Chêne. Autrefois plus abondant au Québec, le chêne blanc, un bois imputrescible, a fait l’objet d’une utilisation qui a contribué à son déclin.
Bien qu’une soixantaine de sites de chêne blanc aient été recensés, la majorité de ceux-ci n’abrite que quelques arbres isolés. Des études récentes ont permis de localiser une quinzaine de peuplements forestiers abritant cette essence forestière en dominance ou en codominance. En territoire québécois, ce type de peuplement occuperait moins de 400 hectares. Cette espèce est confinée au corridor de l’Outaouais de Fort-Coulonge à Pointe-au-Chêne. Quelques individus se retrouvent aussi dans la région de Montréal et dans la vallée du Richelieu. Les plus beaux peuplements de chêne blanc sont protégés au sein du parc de la Gatineau.
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Chêne blanc,
J.-F. Bergeron |
Les espèces menacées ou vulnérables
Jusqu’à ce jour, on a recensé une centaine de plantes menacées ou vulnérables dans la région des Laurentides, dont plus de la moitié sont associées au milieu forestier. Le quart d’entre elles poussent sur des affleurements de calcaire. Parmi celles-ci, on trouve la doradille ambulante (Asplenium rhizophyllum). Les milieux tourbeux en abritent aussi une douzaine. Certaines de ces plantes, dont la corallorhize d’automne variété de Pringle (Corallorhiza odontorhiza var. pringlei), une espèce qui croît dans une érablière à hêtre et chêne rouge, ne se trouvent que dans les Laurentides.
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Doradille ambulante,
Frédéric Coursol. |
Un bref portrait des écosystèmes forestiers exceptionnels par municipalité régionale de comté (MRC)
Huit écosystèmes forestiers exceptionnels ont été répertoriés sur le territoire de la MRC d’Argenteuil. Il s’agit de forêts rares et de forêts refuges de plantes menacées ou vulnérables. Quatre de ces EFE sont des chênaies rouges à chêne blanc. Ces dernières occupent plus de 200 hectares. Des peuplements forestiers rares de très grand intérêt, soit des érablières à caryer et érable noir, y occupent 15 hectares. La frange riveraine d’une érablière argentée à chêne à gros fruits est aussi le refuge d’une des trois populations québécoises de carex faux-lupulina (Carex lupuliformis), une espèce rare en Amérique du Nord. La renoncule à éventails (Ranunculus flabellaris) s’y trouve aussi dans une autre érablière argentée attenante à la réserve écologique de la presqu’île Robillard.
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Renoncule à éventails,
Frédéric Coursol. |
La MRC d’Antoine-Labelle compte quatre EFE de dix hectares ou moins. Parmi ceux-ci figure une forêt ancienne d’érablière à bouleau jaune et hêtre de cinq hectares, protégée par un producteur forestier. Certains des érables à sucre de cette forêt sont âgés de plus de 240 ans.
On trouve également un groupement rare de noyer cendré (Juglans cinerea), un site de grand intérêt, aux abords du lac Tapani. Au Québec, la répartition du noyer cendré est limitée à la vallée de l’Outaouais et aux basses terres du Saint-Laurent. Les quelques peuplements situés dans les stations plus nordiques sont considérés comme rares. Les essences arborescentes compagnes de ce peuplement sont l’érable à sucre (Acer saccharum), le sapin baumier (Abies balsamea) et le frêne noir (Fraxinus nigra).
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Noyer cendré,
J.-F. Bergeron |
On retrouve deux forêts anciennes dans la MRC des Laurentides.
La MRC de Mirabel abrite un seul écosystème exceptionnel.
Trois refuges ont été répertoriés dans la MRC de Deux-Montagnes. L’un de ceux-ci, une érablière à caryer de 17 hectares, abrite quatre espèces menacées ou vulnérables, parmi lesquelles le carex à feuilles poilues (Carex hirtifolia). Un peuplement de caryers ovales, un EFE rare de moins de cinq hectares, y est aussi représenté.
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Carex à feuilles poilues,
Frédéric Coursol |
Caryer ovale,
J.-F. Bergeron |
La MRC des Pays-d’en-Haut retient l’attention par la présence de deux EFE dont une forêt ancienne de 100 hectares qui ne comporte aucune trace de coupe. Le couvert forestier y est dominé par des arbres sénescents de plus de 200 ans. Malgré un chablis récent, quelques îlots de vieille forêt y persistent. Sa virginité se manifeste aussi par la présence d’arbres de grandes dimensions, notamment des bouleaux jaunes de 90 cm de diamètre. Cette forêt a été protégée par les propriétaires antérieurs, la famille du célèbre écologiste Pierre Dansereau, qui a vendu cette propriété avec l’obligation de la protéger pour des fins de recherche. À ce jour, un plan d’aménagement forestier précise les modalités de gestion qui doivent y être appliquées par les propriétaires actuels.
Dans la MRC de la Rivière-du-Nord, on retrouve une chênaie rouge à pin blanc. Un autre site demeure à l'étude; il s’agit de chênaies rouges à érable à sucre.
Sur le territoire de la MRC de Thérèse-de-Blainville, cinq écosystèmes forestiers exceptionnels ont été retenus. Ils sont tous situés en milieu insulaire. Un exemple éloquent est celui de l’érablière argentée à caryer ovale de l’île Garth, un EFE rare associé à un sol riche et humide. En territoire québécois, cette essence forestière est confinée presque exclusivement dans l’archipel d’Hochelaga.
Enfin, à l’île des Juifs, une autre érablière argentée à caryer ovale constitue le refuge de cinq plantes menacées ou vulnérables. Parmi ces espèces, figurent deux arbres, le micocoulier occidental (Celtis occidentalis) et l’érable noir (Acer nigrum) , ainsi qu’un arbuste, le staphylier à trois folioles (Staphylea trifolia).
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Staphylier à trois folioles,
Jacques Labrecque, MDDEP |
Site protégé au sein d’un refuge faunique privé, il est aussi reconnu comme un habitat floristique en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables. Des efforts concertés de la municipalité de Rosemère et du groupe Éco-nature de Laval, gestionnaire du parc de la rivière des Mille Îles, ont permis l’acquisition de cet écosystème forestier exceptionnel qui fait l’objet de mesures de gestion particulières.
Voir également
Les écosystèmes forestiers exceptionnels : éléments clés de la diversité biologique du Québec
Écosystèmes forestiers exceptionnels classés depuis 2002
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