Pleins feux sur la réforme du cadastre

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Les impacts de la réforme cadastrale

Pour reconstituer une image complète et fidèle de l'ensemble des propriétés privées, le Ministère a entrepris, en 1994, des travaux de rénovation du cadastre pour rendre compatible le morcellement cadastral existant, les titres publiés et l'occupation des lieux. Pour y parvenir, on doit corriger les inexactitudes dans les données cadastrales actuelles, identifier toutes les propriétés de façon distincte et simplifier la représentation du morcellement en regroupant, sous un même numéro, les parcelles d'une même propriété.

Au 31 mars 1998, cette réforme cadastrale avait été entreprise dans 52 municipalités du Québec. D'ici le 31 mars 1999, 30 % des 3,7 millions de lots, répartis dans 165 municipalités, seront en cours de révision. Il est donc de toute première importance que les municipalités connaissent bien la démarche de cette rénovation du cadastre et les produits qui en sont issus.

Dans les années qui précèdent le début des travaux sur son territoire, la municipalité doit transmettre au Ministère une copie de sa matrice graphique ainsi qu'un extrait des données du rôle d'évaluation foncière. Les informations ainsi transmises servent à délimiter les territoires que les arpenteurs-géomètres contractants auront mandat de rénover Les données du rôle sont aussi requises avant le début de chaque mandat, pour aviser les propriétaires concernés du début des travaux de rénovation.


Les données transmises n'ont pas pour but d'associer systématiquement un numéro de lot qui serait propre à chaque emplacement défini par une unité d'évaluation. En effet, l'unité d'évaluation et le numéro répondant à des besoins distincts. L'unité d'évaluation est utilisée dans les rôles d'évaluation foncière, donc reliée à la fiscalité municipale. Pour sa part, le lot est l'unité fondamentale représentant chaque immeuble sur le plan cadastral et auquel est associée une fiche immobilière sur laquelle apparaîtra chacun des droits affectant l'immeuble concerné. L'unité d'évaluation est constituée du plus grand ensemble possible d'immeubles remplissant les conditions décrites à l'article 34 de la Loi sur la fiscalité municipale :

  • le terrain ou le groupe de terrains appartient à un même propriétaire ou à un même groupe de propriétaires par indivis;
  • les terrains sont contigus ou le seraient s'ils n'étaient pas séparés par un cours d'eau, une voie de communication ou un réseau d'utilité publique;
  • si les immeubles sont utilisés - quand ils le sont - à une même fin prédominante;
  • les immeubles ne peuvent normalement et à court terme être cédés que globalement, et non par parties, compte tenu de l'utilisation la plus probable qui peut en être faite.

Conséquemment, une unité d'évaluation foncière peut donc être associé à plus d'un lot cadastral. Le cas pourrait se répéter même au terme de la rénovation cadastrale.

Bien informer les municipalités

Au début de chaque année, le Ministère diffuse un document d'information sur le calendrier annuel des travaux et la liste des municipalités concernées par les contrats de rénovation déjà attribués ou qui le seront en cours d'année.

Au début des travaux de rénovation du cadastre dans une municipalité, le Ministère transmet au directeur général, au secrétaire-trésorier ou au greffier, selon le cas, une pochette comprenant, entre autres choses, un extrait du cadre d'intervention du Ministère avec les grands propriétaires. Le Ministère leur demande, par la même occasion, de nommer un membre de leur administration qui agira à titre de répondant ce qui permettra de faciliter les communications entre le Ministère, la municipalité et le fournisseur.

De plus, un représentant du Ministère rencontre systématiquement toutes les municipalités nouvellement touchées par les travaux de rénovation du cadastre. Cette rencontre, organisée en collaboration avec la municipalité régionale de comté (MRC) ou la communauté urbaine, permet au Ministère de présenter son cadre d'intervention, de faire connaître l'ensemble des nouveaux documents cadastraux et de répondre aux interrogations que l'opération peut susciter.

Une démarche bien balisée

Lorsque les travaux débutent dans une municipalité, le Ministère transmet au répondant de la municipalité un avis l'informant de son intention de rénover le cadastre d'un territoire. Cet avis comprend la description du territoire visé par le mandat, les coordonnées de la firme d'arpenteurs-géomètres retenue et l'échéancier prévu pour la réalisation des travaux. En vertu du contrat qui lui est confié, le fournisseur doit contacter, dès le début de son mandat, la municipalité et recueillir auprès de cette dernière les documents que celle-ci aura colligés. Il doit aussi l'aviser, au fur et à mesure du déroulement des travaux, des écarts constatés par rapport aux documents présentés.

Avant qu'il ne devienne officiel, la municipalité est consultée sur le projet de plan cadastral de rénovation. Cette consultation prend la forme d'une demande d'avis technique à la municipalité. Cette consultation survient environ un an après le début des travaux, soit lorsque le projet de plan cadastral de rénovation est jugé acceptable. À cette étape, la municipalité dispose de 15 jours ouvrables pour formuler son avis technique et retourner ses commentaires au Ministère. Sur la base des commentaires émis, le Ministère décide si la qualité du plan est suffisante pour qu'il franchisse l'étape suivante, soit celle de la consultation de l'ensemble des propriétaires.

À cette étape, les autres propriétaires fonciers sont invités à participer à une consultation publique. La confirmation de la date et de l'endroit où se tiendra cette consultation est transmise au répondant de la municipalité environ trois semaines avant sa tenue.

À la suite de la consultation des propriétaires, un avis est transmis au répondant de la municipalité l'informant de la date de début du gel légal. Le gel légal est la période durant laquelle aucune transaction foncière et aucune opération cadastrale ne sont permises sur le territoire dont le cadastre fait l'objet d'une rénovation. Cette période, d'une durée maximale de 15 jours, permet au fournisseur de mettre à jour le plan cadastral de rénovation. À la fin de cette période, ce plan cadastral est officialisé et des copies sont transmises au Bureau de publicité des droits (BPD) et au greffe de la municipalité concernée.

Sur réception des documents, la municipalité est en mesure de mettre à jour son rôle d'évaluation. La rénovation cadastrale a des impacts sur les données du rôle d'évaluation, ne serait-ce que pour la modification du numéro de lot. De plus, en vertu de l'article 58 de la Loi sur la fiscalité municipale, le rôle doit indiquer la superficie du terrain qui fait partie de l'unité d'évaluation, superficie établie d'après le cadastre.

L'article 174 de la Loi sur la fiscalité municipale énumère les circonstances obligeant une municipalité à modifier son rôle d'évaluation foncière. Or, la rénovation cadastrale ne figure pas parmi cette énumération. La tenue à jour du rôle d'évaluation par le report des données issues d'une rénovation cadastrale peut donc s'effectuer au moment jugé opportun par la municipalité.

Les nouveaux documents cadastraux

Les nouvelles dispositions de la Loi sur le cadastre stipule que tout plan cadastral et toutes modifications subséquentes de ces plans doivent être faits en double exemplaire, c'est-à-dire sur support informatique et sur version papier. Ce nouveau cadre juridique fait en sorte que, pour un territoire rénové, de nouveaux documents cadastraux, fort différents des plans actuels, sont disponibles. Le contenu de ces documents diffère selon leur support.

Les documents sur support papier sont issus des travaux de rénovation cadastrale ou des opérations cadastrales sur un territoire rénové. Ces documents comprennent un plan, (il peut s'agir du plan cadastral de rénovation ou du plan cadastral parcellaire produit par la suite), et un document joint à ce plan.

Le plan sert essentiellement à mettre en relation spatiale un immeuble avec son voisinage, soit les tenants et aboutissants. Il indique aussi les mesures et contenance d'un immeuble, en plus de lui attribuer un numéro d'identification. Pour sa part, le document joint vient compléter le plan. On y retrouve notamment le numéro de lot, l'identification du propriétaire, l'identification du mode d'acquisition et du numéro d'inscription du titre, la concordance entre les numéros cadastraux nouveaux et anciens, le nom de la municipalité et le nom de la circonscription foncière.

Ce qui est disponible sur support informatique, c'est le plan cadastral global. Ce plan intègre l'ensemble du morcellement foncier du Québec et en fournit une image constamment à jour, sans que l'on ait à consulter les versions papier des divers plans parcellaires et de rénovation. La version informatisée de ce plan est entretenue, mise à jour et diffusée par le Ministère.

Le Ministère est tenu par la loi de transmettre au greffe de la municipalité concernée une copie de tout plan cadastral qu'il officialise. En territoire rénové, le Ministère offre à la municipalité la possibilité d'obtenir gratuitement une copie informatisée du plan cadastral global ainsi que ses mises à jour en lieu et place de la version papier du plan cadastral de rénovation et des plans parcellaires subséquents. À ce jour, plus de 90 % des municipalités concernées ont choisi la version informatisée. Le Ministère étant propriétaire du plan cadastral global, l'utilisation des données de ce plan est assujettie à une licence d'utilisation.

Les municipalités ont un rôle important à jouer dans le cadre du processus de rénovation cadastrale. C'est pourquoi le Mnistère entretient des communications régulières avec elles tout au long de la démarche. Leur participation active est d'ailleurs un gage de qualité et de fiabilité des nouveaux produits cadastraux. Par ailleurs, la rénovation cadastrale offre aux municipalités la possibilité de prendre le virage « géomatique »en proposant un plan cadastral complètement informatisé et constamment tenu à jour.

Quelques caractéristiques techniques du nouveau cadastre

  • Un nouveau mode de désignation.
  • Un seul cadastre : le cadastre du Québec.
  • Une seule série de numéros pour toutes les propriétés du Québec.
  • Un numéro entier, débutant à 1 000 000, est attribué à chaque lot.
  • Chaque lot est associé à un feuillet cartographique et à une zone de repérage sur ce feuillet.

Le système de référence

  • Le système de référence géodésique datum nord-américain 1983 (NAD 83).

Le découpage cartographique

  • Le système québécois de référence cartographique (SQRC).

Le plan global informatisé

  • Il se divise en deux fichiers : le fichier du plan (représentation du lot) et le fichier des données descriptives (ex. : nom du propriétaire, titre d'acquisition, ancien lot, etc.).
  • Le format d'échange du fichier du plan est le format « DXF ». Ce format est lu par la majorité des logiciels de dessins assistés par ordinateur (DAO).

Le format d'échange du fichier des données descriptives est le format « CSV ». Ce format est lu par la majorité des logiciels de base de données, de traitement de texte et de chiffrier électronique.






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