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Au Québec, la forêt s'étend sur plus de 1 000
000 km2. Elle est un milieu vivant et joue un rôle fondamental
dans le développement de la société. On y pratique
de nombreuses activités sportives, récréotouristiques
et économiques.
Dans un objectif de développement durable, l'État
québécois veille à la gestion, à la
protection et à la mise en valeur des forêts publiques.
Celui-ci a mis en place la Loi
sur les forêts et le Règlement sur les
normes d'intervention dans les forêts du domaine de l'État (RNI)
pour encadrer les nombreuses activités d'aménagement
forestier que réalise dans la forêt publique, notamment
l'industrie forestière. À cet effet, le ministre des
Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs peut accorder à
un propriétaire d'une usine de transformation du bois, ou
à un organisme, l'autorisation, sous la forme d'un contrat,
de récolter un certain volume de bois sur un territoire déterminé
appelé unité d'aménagement forestier (UAF).
Le bénéficiaire de ce contrat a l'obligation d'aménager
la forêt de façon à ce que celle-ci conserve
à long terme tout son potentiel (bois, loisirs, paysages,
etc.). Pour y arriver, il doit préparer des plans d'aménagement
forestier selon les exigences du ministre, en tenant compte des
besoins et des préoccupations des autres utilisateurs du
milieu forestier. Tous les bénéficiaires présents
dans l'unité d'aménagement participent à l'élaboration
des plans. S'il n'y a pas d'entente entre eux, un projet de plan
d'aménagement sera déposé au ministre.
Le plan général d'aménagement forestier (PGAF)
et le programme quinquennal d'aménagement forestier (PQAF)
qu'il contient constituent l'ensemble des outils de planification
de l'aménagement forestier en forêt publique. La préparation
et la réalisation de ces plans relèvent des bénéficiaires.
Le Ministère joue, à ce chapitre, un rôle de
superviseur.

Le plan général d'aménagement forestier
(PGAF)
Le PGAF comporte cinq grandes sections :
- le portrait de l'UAF (description et données statistiques);
- le bilan des activités d'aménagement forestier qui
se sont déroulées dans le passé sur le territoire;
- les résultats du calcul de la possibilité annuelle
de coupe, aussi appelée possibilité forestière;
- la stratégie générale d'aménagement
retenue;
- et le programme quinquennal d'aménagement forestier.

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Le portrait de l'UAF constitue le point de départ
de l'élaboration du PGAF. Ce portrait présente,
à l'aide de cartes thématiques, la localisation
géographique du territoire ainsi que les divers éléments
de connaissance qui interviennent dans l'évaluation
de l'état de la forêt.
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Ces éléments sont, notamment, :
- les principaux types de peuplements (ensemble des peuplements
dominés par une ou plusieurs essences);
- l'évolution de ces peuplements;
- les types de sols;
- les cycles des incendies de forêt et des épidémies
d'insectes;
- la diversité des habitats fauniques;
- les écosystèmes forestiers exceptionnels tels
que les forêts rares, anciennes ou abritant des espèces
(animales ou végétales) en situation précaire.
Les autres ressources naturelles du territoire ainsi que leur utilisation
autre qu'industrielle (pêche, chasse, villégiature,
etc.) complètent le portrait de l'UAF.
Le bilan des activités d'aménagement forestier réalisées
dans le passé sur le territoire fournit des données
essentielles pour la définition de la stratégie générale
d'aménagement. Ce bilan contient, entre autres, une évaluation
de la qualité et de la quantité des traitements sylvicoles,
de l'utilisation de la matière ligneuse et des travaux de
voirie forestière.
La stratégie générale
d'aménagement retenue représente le
choix des activités d'aménagement forestier
à réaliser sur le territoire, dans une perspective
de développement durable. Elle doit respecter
la diversité biologique et la dynamique
naturelle des peuplements qui se trouvent sur le
territoire, en plus de favoriser leur régénération
naturelle et d'assurer leur équilibre.
Il est donc question des traitements sylvicoles, de la récolte
annuelle ainsi que des actions à poser pour atteindre
les objectifs de protection et de mise en valeur des ressources
du milieu forestier déterminés par le ministre.
Des tableaux, des cartes thématiques et des figures
sont utilisés pour illustrer et appuyer cette planification.
La Loi sur les forêts, le Manuel
d'aménagement forestier et le Règlement
sur les normes d'intervention dans les forêts du domaine
de l'État (RNI) font partie des outils qui servent
à définir la stratégie
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| générale d'aménagement, élément
essentiel qui permet d'établir le calcul de la possibilité
annuelle de coupe, responsabilité qui revient au ministre.
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La possibilité annuelle de coupe représente
le volume maximum de bois qui peut être prélevé
annuellement dans une UAF donnée, sans en diminuer
la capacité de production. Elle permet d'établir les
volumes de bois qui peuvent être attribués et fixe
les rendements annuels que doit atteindre le bénéficiaire
pour maintenir les volumes qui lui sont octroyés. Le respect
de la possibilité annuelle de coupe est l'un des grands objectifs
du régime forestier québécois. La méthode
et les hypothèses utilisées pour procéder au
calcul de la possibilité dans les forêts publiques
sont présentées dans le Manuel d'aménagement
forestier publié par le Ministère.
Enfin, le PGAF comprend un programme quinquennal
d'aménagement forestier qui précise la manière
dont s'appliqueront, pour les cinq prochaines années, les
grands principes énoncés dans la stratégie
générale d'aménagement. Ce plan
contient la liste des infrastructures comme les
routes, les ponts et les camps forestiers à mettre en place.
On y trouve également l'énumération et la localisation
annuelle des activités d'aménagement
à réaliser comme la récolte et le reboisement,
l'estimation des volumes à récolter,
l'identification des sites pour lesquels d'autres
utilisateurs ont démontré un intérêt
et la description des lieux où s'appliqueront des règles
particulières de protection. Des cartes synthèses
sont préparées dans le but de rendre toute cette information
facilement accessible à tous.
Afin de prendre en considération
les besoins et les préoccupations des autres
utilisateurs du milieu forestier, le bénéficiaire
a l'obligation d'inviter les municipalités régionales
de comté (MRC), les communautés autochtones,
les gestionnaires de réserves fauniques et de zones
d'exploitation contrôlée, les pourvoyeurs ainsi
que les titulaires de permis d'érablière et
les locataires à des fins agricoles à participer
à la préparation du PGAF. S'il y a lieu, d'autres
groupes ou individus peuvent être invités à
participer à la démarche.
Cette procédure prévue par la Loi sur les
forêts permet aux autres utilisateurs
du milieu forestier d'être impliqués
dans la planification forestière et vise à faciliter
les échanges entre eux et le bénéficiaire.
Elle répond aux besoins qu'ils ont exprimés
lors des consultations publiques sur la gestion des forêts
publiques, soit de prendre part aux discussions sur l'aménagement
des forêts et leur avenir. |

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Une fois le PGAF terminé, le bénéficiaire
le soumet au ministre. Dans le cadre de la procédure d'information
et de consultation du public sur les plans d'aménagement
forestier prévue par la Loi sur les forêts,
le ministre invite la population à prendre
connaissance du plan pendant une période de 45 jours
et, s'il y a lieu, à faire part au bénéficiaire
de ses préoccupations, dans les 25 premiers jours. Si un
différend survient entre le bénéficiaire et
la population, le ministre peut nommer un conciliateur pour que
celui-ci entende les parties et leur fasse des recommandations.
Ce n'est qu'après toutes ces étapes que le ministre
peut procéder à l'approbation du PGAF. Le cas échéant,
il peut demander au bénéficiaire d'y apporter certaines
modifications.
Le plan annuel d’intervention
C'est à partir du programme quinquennal d'aménagement
forestier approuvé que le plan annuel d'intervention est
préparé, puis soumis au ministre pour approbation.
Le plan décrit les activités d'aménagement
qui seront réalisées en cours d'année. Il présente
également la nature et l'emplacement des infrastructures
(chemins, ponts, camps), la désignation des bénéficiaires
chargés de chacune des activités sur le terrain, le
lieu de destination des bois et la répartition des crédits
de droits de coupe octroyés aux bénéficiaires.
Le permis annuel d'intervention est délivré après
approbation du plan.
Au terme du plan annuel, le bénéficiaire doit produire
un rapport d'intervention forestière dans lequel il fait
état, notamment, des volumes de bois récoltés,
des chemins, des ponts et des camps mis en place de même que
des superficies aménagées et de la qualité
des travaux sylvicoles. Accessible au public, ce rapport permet
au ministre de vérifier si la qualité et la quantité
des travaux prévus au contrat ont été respectées.
Dans le cas où plus d'un bénéficiaire intervient
dans la même unité d'aménagement forestier,
ils deviennent coresponsables des actions réalisées
dans celle-ci. Enfin, tous les plans et rapports doivent être
préparés sous la supervision d'un ingénieur
forestier.
Une foresterie en évolution
La forêt étant un milieu vivant, elle évolue
au fil du temps. Le PGAF est révisé tous les cinq
ans, afin de tenir compte de la mortalité naturelle et de
la croissance des peuplements, de la récolte des bois et
des travaux d'aménagement forestier durant cette période.
Toutefois, en cas de désastres naturels, le PGAF sera révisé
avant son échéance. Si des modifications doivent y
être apportées après révision, le processus
d'approbation et la procédure d'information et de consultation
du public s'appliquent de nouveau.
Les PGAF contribuent au développement durable de nos forêts
en conservant à la fois leur valeur économique, sociale
et environnementale, valeurs essentielles pour les Québécoises
et les Québécois.
Étapes d'élaboration d'un plan
d'aménagement forestier

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