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Mon pays [ ?] c'est l'hiver? chante
Vigneault? et la forêt, pourrait-on ajouter. Parce que les
forêts québécoises abritent environ 225 espèces d'oiseaux et
plus de 60 espèces de mammifères. Parce qu'on y trouve près de 50
essences d'arbres et une variété considérable de plantes et
d'arbustes. Parce que, chaque année, plus de trois millions et demi
de personnes y pratiquent des activités de plein air. Et parce
qu'elles procurent un emploi direct à près de 90 000 Québécois.
Les forêts, comme l'hiver, ont forgé l'histoire du Québec et le c?ur
des Québécois.
Environ 90 % des forêts québécoises sont
publiques, c'est-à-dire qu'elles appartiennent à tous les
Québécois et qu'elles sont gérées, en leurs noms, par le
gouvernement du Québec. Pour assumer cette responsabilité,
celui-ci s'est doté d'un régime forestier. Le régime forestier
est constitué d'un ensemble de lois et de règlements qui assure
la protection et le renouvellement des forêts, tout en permettant
le développement économique du Québec.
Un peu d'histoire
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Mais c'est surtout vers les années 1900, avec le développement
de l'industrie des pâtes et papiers, que l'industrie forestière
prend véritablement son essor. Pour inciter les grandes compagnies
à s'installer ici, le gouvernement leur accorde des avantages
importants. En 1934, il instaure, entre autres, le régime
des concessions forestières. Ce régime permet aux compagnies
de s'approprier de vastes territoires dont elles contrôlent
l'accès.
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Ce régime forestier prend naissance en 1820
lorsque le gouvernement intervient pour la première fois en
réclamant des redevances pour le bois récolté sur les
terres de la Couronne. À cette
époque, le bois est surtout exporté, à l'état brut, sans
que les Québécois profitent des avantages que procure sa
transformation.
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Le prix
payé à l'État pour les arbres récoltés ne reflète pas
leur véritable valeur. Les préoccupations environnementales
sont pour ainsi dire inexistantes, et le citoyen est
complètement exclu du processus de gestion des forêts. |
Une révolution
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La mécanisation des opérations forestières et la demande
croissante de bois amènent des changements majeurs dans la
gestion des forêts publiques. En 1986, l'Assemblée nationale
adopte, à l'unanimité, la Loi sur les forêts et révoque
les concessions forestières. Dorénavant, ceux qui récoltent
du bois dans les forêts publiques :
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- doivent s'assurer que les travaux de récolte et d'aménagement
préservent la faune et les habitats fauniques, les rives
et les cours d'eau, les paysages et les sols. Ils doivent
également respecter les besoins des autres utilisateurs
de la forêt comme les randonneurs, les chasseurs et les
pêcheurs.
- doivent payer des redevances qui reflètent la véritable
valeur des bois récoltés.
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Le contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier (CAAF)
La Loi sur les forêts instaure une nouvelle manière d'octroyer
le bois : le contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier
(CAAF). Le CAAF est un contrat que le gouvernement signe avec
le propriétaire d'une usine de transformation de bois. Ce contrat
autorise le propriétaire à récolter, chaque année, un volume de
bois déterminé. En contrepartie, celui-ci est obligé de réaliser
les travaux sylvicoles nécessaires pour assurer la venue d'un nouveau
peuplement. Il doit aussi payer les redevances forestières pour
le bois qu'il récolte. Ces redevances sont payables en argent ou
en travaux sylvicoles.
Le plan général d'aménagement forestier (PGAF)
Les compagnies forestières autorisées à récolter du bois dans les
forêts publiques doivent préparer un plan général d'aménagement
forestier (PGAF). Ce plan, qui s'applique à un territoire déterminé,
présente les stratégies d'aménagement, c'est-à-dire la combinaison
des différents travaux sylvicoles nécessaires pour assurer le retour
de la matière ligneuse et la protection de l'environnement. Le PGAF
donne également une description du territoire, la localisation et
la superficie des travaux qui seront réalisés, de même qu'une évaluation
des volumes de bois qu'il est possible de récolter.
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La consultation de la population
Les PGAF doivent être acceptés par le ministre des Ressources
naturelles, de la Faune et des Parcs. Avant de les approuver,
celui-ci les met à la disposition du public pendant une période
de 45 jours. Tout citoyen peut alors faire connaître ses préoccupations
par rapport au contenu du plan. Les PGAF doivent aussi être
déposés à la municipalité régionale de comté (MRC) pour que
celle-ci puisse commenter les travaux prévus.
Le Règlement sur les normes d'intervention dans les
forêts du domaine de l'État (RNI)
Tous ceux qui récoltent des bois ou qui réalisent des activités
d'aménagement dans les forêts publiques ont à se conformer
au Règlement sur les normes d'intervention dans les forêts
du domaine de l'État (RNI).
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Préparé conjointement avec les autorités responsables de
la faune et de l'environnement, le RNI définit les façons
d'effectuer les travaux forestiers pour assurer le renouvellement
de la forêt et la protection de l'eau, de la faune, de la
végétation et du sol. Le RNI permet, de plus, d'harmoniser
les travaux forestiers avec les autres activités exercées
en forêt. Ce sont ces normes d'intervention qui exigent, par
exemple, des bandes de protection le long des cours d'eau
et qui déterminent la dimension des aires de coupe. Près de
400 normes sont ainsi établies afin de protéger les forêts
et ses diverses composantes.
Le plan d'affectation du territoire public (PATP)
Les travaux forestiers doivent, en outre, respecter le plan
d'affectation du territoire public (PATP). Ce plan est un
document cartographique qui détermine tous les sites qui bénéficient
d'une protection particulière. Ainsi, les interventions forestières
seront interdites dans les parcs et les réserves écologiques.
Elles seront autorisées, mais soumises à des mesures de protection
particulières, dans les habitats fauniques, les sites récréatifs,
culturels ou archéologiques. Ailleurs, les travaux d'exploitation
et d'aménagement forestier seront autorisés à condition de
respecter les différents règlements en vigueur.
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Une révision en profondeur
Afin de tenir compte de l'évolution des connaissances et des nouveaux
besoins de la population, des modifications sont régulièrement apportées
à la Loi sur les forêts. La plus récente s'amorce en 1998
avec le dépôt d'un bilan du régime, accompagné d'une réévaluation
des enjeux liés aux exigences du développement durable. En 2001,
à la suite de vastes consultations publiques, l'Assemblée nationale
adopte la Loi modifiant la Loi sur les forêts et d'autres dispositions
législatives.
Cette révision vise, entre autres, à mieux
concilier les diverses utilisations du milieu forestier, à assurer
une utilisation de la forêt qui profitera à l'ensemble de la
population et à favoriser la participation des citoyens au
processus de gestion.
Une meilleure conciliation des utilisations
Les industriels forestiers ont désormais l'obligation d'inviter
notamment, les MRC, les différents gestionnaires de territoires
fauniques et les communautés autochtones à participer à la confection
du PGAF. Cette nouvelle façon de faire doit permettre aux différents
utilisateurs de se connaître et de discuter ensemble de manière
à mieux harmoniser leurs activités. Les PGAF demeurent à la disposition
du public avant d'être approuvés par le ministre.
De nouveaux utilisateurs
Les modifications apportées à la Loi sur les forêts font
en sorte que les propriétaires d'usines de transformation du bois
ne sont plus les seuls autorisés à récolter du bois et à aménager
des territoires forestiers.
Les municipalités, les communautés autochtones, les coopératives
forestières peuvent aussi bénéficier de contrats d'aménagement forestier
(CtAF). Ces contrats leur permettent de récolter des bois, de les
vendre et d'effectuer les travaux d'aménagement nécessaires pour
assurer la venue d'un nouveau peuplement. Ces nouveaux intervenants
sont soumis aux mêmes obligations que les propriétaires d'usines
ayant conclu un CAAF avec le gouvernement du Québec.
La participation accrue des citoyens
Le nouveau régime forestier renforce également le rôle du citoyen
dans la gestion des forêts. L'adoption, en décembre 2002, de la
Politique de consultation sur les orientations du Québec en matière
de gestion et de mise en valeur du milieu forestier assure,
notamment, que les consultations seront ouvertes à tous et qu'un
délai minimal de 12 semaines sera accordé aux personnes et aux organismes
intéressés à faire connaître leur point de vue. La population et
les communautés pourront donc faire valoir leur opinion sur les
politiques et les orientations forestières, sur les modifications
aux lois et aux règlements ou sur l'utilisation et le développement
des terres forestières publiques.
Pour faciliter la participation des citoyens au processus de gestion
des forêts publiques, tous les plans et tous les rapports d'aménagement
forestier sont maintenant accessibles. Les plans généraux d'aménagement
forestier (PGAF), les plans annuels d'intervention (PAI), tout comme
les rapports annuels d'intervention forestière (RAIF) peuvent dorénavant
être consultés dans les bureaux du Ministère.
Un régime moderne et respectueux des valeurs de la société québécoise
Si elles sont gérées sainement et si on en
préserve toute la diversité, les forêts québécoises peuvent
répondre, à perpétuité, aux besoins sociaux, économiques,
culturels et spirituels de tous les Québécois.
Leur gestion doit donc être durable, empreinte de précautions
et respectueuse des valeurs de la société québécoise. La protection
de l'environnement, la conservation de la diversité biologique
et
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l'harmonisation des diverses activités en milieu
forestier doivent devenir des préoccupations aussi importantes
que l'essor de l'économie.
Et c'est à l'atteinte de cet objectif que participe le régime
forestier québécois. Cependant, cet objectif ne pourra être
atteint sans la participation de la population. La révision
du régime renforce donc l'obligation qu'ont les gestionnaires,
les aménagistes et les décideurs de consulter la population
et les communautés touchées par les activités forestières. |
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