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L'industrie des produits forestiers au Québec


Le Québec a toujours été un exportateur net de produits forestiers. En 2004, les livraisons de ce secteur industriel se chiffraient à plus de 23 milliards de dollars et près des deux tiers étaient destinés aux marchés d'exportation. Dans le domaine des produits forestiers, la balance commerciale québécoise affiche, en 2006, un surplus de 9 milliards de dollars.

La forêt génère près de 80 000 emplois directs, dont 16 % sont liés à l'exploitation, 48 % aux produits du bois et 36 % aux pâtes et papiers. La fabrication de produits forestiers est la principale source d'activité manufacturière dans 266 des 794  municipalités industrielles du Québec.

L'industrie québécoise des produits forestiers regroupe plus de 2 000 établissements où l'on fabrique des pâtes, papiers et cartons, des sciages, des panneaux agglomérés, des placages et des produits de deuxième et troisième transformation, tels portes, fenêtres, lames de parquets, bâtiments préfabriqués, bois d'ingénierie, moulures, emballages, châlit (bed frame), etc.

Les pâtes et papiers

L'industrie québécoise des pâtes et papiers compte 61 usines, dont la capacité annuelle totalise 12 millions de tonnes métriques. En fait, le Québec possède 33 % de la production canadienne dans ce secteur, et il vient en tête des provinces productrices. Plus des trois quarts des livraisons québécoises sont destinées aux marchés extérieurs.

Le Québec fabrique surtout deux grandes catégories de pâtes et papiers. La première, qui inclut le papier journal, les papiers de spécialité à base de pâte mécanique et les papiers fins, monopolise près de 75 % de la production. Les cartons, qui constituent la seconde catégorie, s'en approprient 19 %.

Bon an, mal an, le Québec produit environ 3,4 millions de tonnes métriques de papier journal, soit 40 % de la production québécoise de pâtes et papiers, et 44 % de la production canadienne de papier journal. Rappelons que le Canada occupe toujours le premier rang mondial dans ce secteur.

Les pâtes commerciales occupent aussi une place importante dans l'industrie québécoise des pâtes et papiers qui fabrique des pâtes kraft, de résineux et de feuillus, des pâtes chimicothermomécaniques, de la pâte au sulfite destinée à des usages spéciaux et des pâtes désencrées.

Par ailleurs, la production québécoise de papiers de spécialité à base de pâte mécanique est passée de 2,5 millions de tonnes métriques, en 2001, à 3 millions de tonnes métriques, en 2006. Ces papiers sont notamment utilisés pour l'impression d'annuaires, d'encarts publicitaires, de revues, de magazines et de livres de poche.

Montréal est une ville clé dans le domaine des pâtes et papiers, et ce, à l'échelle mondiale. Les neufs sièges sociaux de papetières qui y sont établis contrôlent, en effet, une capacité de production annuelle d'environ 22 millions de tonnes. Le Conseil des produits des pâtes et papiers (CPPP), qui regroupe plusieurs associations internationales, y est aussi installé, tout comme l'Association technique de pâtes et papiers du Canada (ATPPC), qui organise chaque année la semaine internationale du papier de même que la plus grande exposition technologique au monde dans le domaine des pâtes et papiers (EXFOR). La région montréalaise a aussi attiré la plupart des cabinets conseils québécois qui œuvrent dans ce domaine ainsi que de nombreux équipementiers.

Les produits du bois

Au cours des dix dernières années, les scieries québécoises de résineux ont adopté des technologies de pointe et elles sont devenues des chefs de file mondiaux en matière de transformation des bois de faible diamètre. Leur production annuelle, qui est d’environ 7,5 milliards de pmp, totalise près du quart de la production canadienne.

Le bois d'œuvre québécois provient surtout d'essences résineuses, comme le sapin baumier, le pin gris, les épinettes et les mélèzes. Toutefois, plus de 50 % de la production canadienne de sciages feuillus vient du Québec. Ce bois sert surtout à la fabrication de lames de planchers, de meubles et de palettes de manutention. Soulignons qu'une quarantaine d'entreprises québécoises sont spécialisées dans la fabrication de lamelles de plancher de bois massif et que deux d'entre elles offrent aussi des planchers multicouches dont la surface est faite de bois nobles.

Par ailleurs, la popularité des bois d'ingénierie, d'apparence et structural, ne cesse de grandir. Or, la première entreprise nord-américaine de madriers jointés et lamellés pour l'échafaudage a ouvert ses portes au Québec. Un autre établissement fabrique l'équipement requis pour le vernissage à l'ultraviolet pour tous les types de surfaces.

Pour sa part, l'industrie des panneaux dérivés du bois fabrique une gamme complète de produits : panneaux de lamelles orientées (OSB), panneaux de fibres de basse, moyenne et haute densité (LDF, MDF, HDF), panneaux de particules, contreplaqués et bois de placage lamellés (LVL). Les 14 usines québécoises spécialisées dans ce secteur emploient 2 200 personnes. En 2006, elles ont produit près de 4,7 millions de mètres cubes de panneaux, dont 52 % de panneaux OSB et 39 % de panneaux de particules, MDF et HDF.

En fait, la capacité québécoise de production de panneaux dérivés du bois n'a pas cessé de croître au cours des 20 dernières années, et le Québec occupe désormais le premier rang au Canada en ce qui a trait aux panneaux OSB et aux panneaux de particules et le second, en ce qui a trait aux panneaux de fibres (MDF et HDF). Les établissements québécois sont de grande envergure et ils sont très concurrentiels sur le marché nord-américain. L'usine de panneaux de particules qui a la plus forte capacité à l'échelle mondiale est d'ailleurs établie au Québec.

L'essor de ce segment industriel n'a rien d'étonnant puisque les fabricants de panneaux trouvent au Québec des approvisionnements en matière ligneuse à la fois suffisantes et à prix concurrentiels. Ils peuvent aussi compter sur une main-d'œuvre abondante et hautement qualifiée.

Dans le secteur des produits du bois à valeur ajoutée, quelque 660 usines et ateliers spécialisés, établis un peu partout à travers la province, fabriquent des composantes de bois d'œuvre, des bois d'ingénierie, d'apparence ou structural, du bois pour les planchers, du bois traité, des armoires de cuisine, des portes et des fenêtres, des meubles, des palettes de manutention, des fermes de toit ainsi que de nombreux autres produits. D'ailleurs, au cours des dix dernières années, les emplois ont presque doublé dans ce secteur. Or, selon les données les plus récentes, des volumes de bois feuillus sont encore disponibles. On pourrait donc augmenter encore la production de sciages non conventionnels et de composantes semi-finies.

La recherche-développement

La recherche-développement sur les produits forestiers est un domaine très dynamique au Québec. Plusieurs organismes de recherche et institutions d'enseignement s'y adonnent. Ainsi, l'Université McGill, l'École polytechnique de Montréal et l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) sont spécialisées dans les pâtes et papiers, tout comme l'Institut canadien de recherche en pâtes et papiers (PAPRICAN) et le Centre international de couchage de Trois-Rivières (CIC). Pour sa part, l'Université Laval décerne le plus grand nombre de maîtrises et de doctorats en foresterie au Canada. Enfin, les chercheurs de Forintek Canada Corporation et du Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ) s'intéressent surtout aux technologies de la transformation du bois.

Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune

Le Ministère offre aux industriels des services conseils en matière d'approvisionnements, de technologie, de partenariat, de montages financiers, de financement de projets de recherche-développement et d'investissements en première, deuxième et troisième transformation du bois. Il les aide aussi à défendre l'accès des produits québécois au marchés d'exportation et à percer sur les marchés internationaux.





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