| La SOPFEU est une société
privée à but non lucratif, dont le conseil
d'administration regroupe des représentants du Ministère,
des industriels détenteurs de contrats ou de conventions
d'approvisionnement et d'aménagement forestier, des
propriétaires de grands boisés (800 hectares
et plus d'un seul tenant) et des porte-parole
de certains organismes, privés et publics.
Le système québécois de protection
des forêts contre le feu a été mis
en place pour protéger le milieu forestier et les ressources
qu'il renferme. Ce système, qui est fondé
sur la prévention et la détection précoce,
s'est amélioré au fil des ans, et le Québec
dispose désormais de moyens aussi modernes qu'efficaces
pour protéger son patrimoine forestier. Néanmoins,
au cours des derniers 25 ans, le feu a affecté
en moyenne quelque 60 000 hectares de forêts
annuellement. Cette superficie, qui semble négligeable
compte tenu de l'immensité de notre territoire forestier,
représente toutefois 12 % des aires de récolte.
Les pertes encourues justifient toutes les ressources déployées
pour les prévenir.
Les efforts de protection sont dirigés majoritairement
dans les forêts sous aménagement, tant publiques
que privées; cette zone dite de protection intensive
est située dans le sud de la province et couvre
une superficie de quelque 52 000 000 hectares.
Au nord de cette zone, on effectue certaines interventions
pour assurer la sécurité des populations locales
et préserver les infrastructures; dans cette zone dite
de protection restreinte, les forêts ne sont protégées
que lorsque le feu menace les forêts près de
la zone de protection intensive.
Le programme de protection exige des déboursés
annuels de quelque 58 millions de dollars. Les
frais de prévention, de détection et de fonctionnement
accaparent 70 % du budget, et la lutte proprement dite,
30 %.
Incendies forestiers au Québec,
de 1977 à 2001 (moyennes annuelles)
| Nombre
de feux |
Superficies
affectées
(ha) |
Superficies
affectées
(ha / feu) |
| 944 |
60 000 |
63,6 |
L'organisation
Fruit d'une longue évolution, le système
québécois de protection des forêts contre
le feu s'articule autour des ressources humaines et matérielles
requises pour la détection et la lutte. Il fait notamment
appel à des spécialistes en comportement du
feu et en météorologie, à des équipes
spécialisées en intervention ainsi qu'à
une flotte imposante d'avions citernes et d'hélicoptères.
Le système est également à la fine pointe
en matière de planification stratégique :
- le centre de coordination provinciale, qui est
responsable de la stratégie à l'échelle
du Québec, coordonne et harmonise toutes les ressources
de la SOPFEU;
- les quatre centres régionaux de lutte (CRL)
jouent un rôle tactique. Ils sont chargés des
interventions, et il leur incombe donc de conduire les opérations
de prévention, de détection et de lutte sur
le terrain.
La prise de décisions
Dans le but d'optimiser l'utilisation de
ses ressources, le Québec s'est doté d'un système
informatisé de cueillette et d'analyse des données,
le Système d'information sur les incendies forestiers
(SIIF). Grâce à ce système, les spécialistes
peuvent, en tout temps, obtenir une synthèse des données
les plus récentes en matière de météorologie,
de feux de forêt, de gestion des ressources de lutte
et de suivi des coûts d'opération. Ils peuvent
aussi analyser un ensemble de paramètres, comme la
sécheresse, les combustibles disponibles, la vitesse
de propagation du feu, etc., pour cerner les secteurs où
les risques d'incendie sont élevés. Comme la
foudre est la principale cause des feux de forêt
au Québec, tout éclair qui touche le sol est
repéré et analysé par le réseau
de détecteurs de foudre intégré au
système. Les probabilités de feu sont évaluées
à l'aide du SIIF. Par ailleurs, les techniciens de
la SOPFEU perfectionnent constamment les modèles de
prédiction des feux qui leur permettent d'anticiper
la charge de travail exigée pour lutter contre les
feux, de manière à ajuster les ressources à
déployer en conséquence.
Le type d'intervention retenu est déterminé,
notamment, par la valeur économique de la forêt
qui est menacée par le feu et par les conséquences
écologiques de son éventuelle destruction. Les
connaissances dans ce dernier domaine sont encore limitées,
quoiqu'on dispose de données de plus en plus fiables
sur les risques de propagation et les conséquences
des feux. La décision d'intervenir ou non et le type
d'action retenu, le cas échéant, seront donc
de plus en plus pertinents.
La détection
et la lutte
Le système québécois
de protection des forêts contre le feu repose sur la
prévision, la détection hâtive et une
attaque initiale aussi rapide qu'énergique. La détection
est effectuée à l'aide d'une trentaine d'avions,
qui sillonnent le territoire à des fréquences
déterminées dictées par le risque de
feu, la foudre et les prévisions météorologiques.
Chaque avion est muni d'un émetteur-récepteur
et d'un système de positionnement par satellites,
lequel permet de localiser les foyers d'incendie avec précision.
Lorsqu'un feu de forêt est détecté, il
faut intervenir aussi rapidement que vigoureusement si l'on
veut circonscrire les dommages. La SOPFEU dispose du
personnel et de l'équipement voulus pour relever ce
défi. En cas de feu, elle lance l'attaque initiale
en détachant des équipes héliportées
ou terrestres et des avions-citernes amphibies.
Ces derniers appareils sont bien adaptés aux conditions
qui prévalent dans l'est de l'Amérique du Nord,
où ils peuvent écoper l'eau dans les nombreux
plans d'eau qu'on y retrouve.
L'expertise québécoise en matière
de protection et de lutte contre les feux de forêt est
reconnue mondialement. Plusieurs pays consultent nos spécialistes
pour améliorer leurs propres systèmes de protection.
Le Québec a même signé un accord national
et des accords internationaux en vertu desquels il
s'est engagé à échanger des ressources
de lutte contre les feux de forêt.
La gestion des
feux de forêt
Le système de protection mis en place
au Québec est conçu pour répondre aux
besoins des utilisateurs du milieu forestier et il
s'avère habituellement très efficace. Néanmoins,
la nature crée parfois des situations telles que les
débordements sont inévitables. Conséquemment,
la stratégie actuelle, axée sur l'élimination
des feux de forêt, pourrait évoluer, à
moyen terme, vers un programme de gestion du feu modulé
en fonction de différents scénarios de protection.
Pour obtenir des renseignements plus détaillés,
consultez la section Feux,
insectes et maladies des arbres au Québec
Voir également
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