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Conformément aux principes de développement durable,
la Loi
sur les forêts du Québec prévoit diverses
dispositions favorisant le respect et l'utilisation des multiples
ressources que renferme le milieu forestier. Certaines dispositions
permettent la réalisation des travaux forestiers requis dans
le cadre, notamment, des aménagements fauniques, récréatifs
et agricoles. Des mécanismes sont aussi prévus par
la loi pour harmoniser le développement de ces productions
avec la poursuite, par les bénéficiaires de droits
sur la matière ligneuse, des activités d'aménagement
forestier. Les récents projets en cours de réalisation
qui soutiennent la cohabitation avec la production agricole sont
novateurs.
Le jardinage acérico-forestier
Au Québec, on trouve près de 8 000 individus
ou organismes qui produisent sur une base annuelle des produits
de l'érable par entaillage des arbres. La production acéricole,
évaluée à 61 millions de livres de sirop
en 2001, s'effectue sur plus de 176 000 hectares
(145 250 en territoire privé, 30 800 en territoire
public). Ce qui représente 31,2 millions d'entailles.
Cette industrie concentrée au Québec (90 % de
la production mondiale) contribue au développement économique
régional et à la création d'emplois durables.
Afin de répondre à une demande croissante
de la production acéricole sur les terres du domaine de l'État,
le Ministère, de concert avec les divers intéressés,
conçoit des modèles d'harmonisation et développe
des activités conjointes de production de bois et d'entaillage
sur une même superficie. Le
Règlement sur la valeur des traitements sylvicoles
prévoit dorénavant que des crédits seront accordés
pour les travaux de jardinage acérico-forestier.
Cette technique sylvicole consiste à récolter un volume
de bois inférieur à celui des coupes sélectives
traditionnelles afin de favoriser le maintien et la croissance du
potentiel d'entaillage des arbres pour des fins acéricoles.
La production concomitante de bois et de bleuets
La demande de terres du domaine de l'État propices à l'aménagement des bleuetières est grandissante. Ces territoires peuvent se trouver en milieu forestier et sont couverts par les droits que créent les contrats et les conventions d'aménagement forestier. Le Ministère, conjointement avec le ministère de l'Agriculture des Pêcheries et de l'Alimentation, travaille en étroite coopération avec les producteurs de bleuets et les industriels forestiers afin de développer des modèles pour favoriser l'harmonisation de la production concomitante de bois et de bleuets sur un même territoire sous aménagement forestier.
La récolte d'arbustes et d'arbrisseaux
La Loi sur les forêts prévoit
également des dispositions qui permettent au ministre d'autoriser
la récolte d'arbustes et d'arbrisseaux ou la récolte
de leurs branches pour l'approvisionnement d'une usine de transformation.
Par exemple, l'if du Canada est recherché par des entreprises
pharmaceutiques pour les taxanes contenues dans son feuillage. Les
taxanes servent à fabriquer des médicaments destinés
à guérir certaines formes de cancer ou d'autres maladies.
Pour répondre aux besoins grandissants de
l'industrie des taxanes, le Ministère a accordé, en 2002,
une priorité de récolte de branches d'if à
trois entreprises. Un permis annuel d'intervention leur a été
octroyé pour la récolte dans les forêts du domaine
de l'État (un permis par aires communes). Ce permis précise
le poids maximal de biomasse à récolter, les secteurs
d'intervention et les normes de récolte à respecter
afin d'assurer la gestion durable de cette ressource et la protection
du milieu forestier. De plus, les industriels doivent produire un
rapport annuel d'intervention et acquitter les redevances, établies
par règlement, qui reflètent la valeur marchande de
la récolte. Les normes de récolte sont modifiées
en fonction des données fournies par les inventaires et les
suivis, mais aussi par les résultats de recherche.
Le Programme de mise en valeur des ressources du milieu forestier
Depuis 1995, ce programme vise à promouvoir
l'aménagement intégré des ressources du milieu
forestier en tenant compte des préoccupations et des points
de vue des populations touchées. Il veut également
stimuler les activités économiques et la création
d'emplois ainsi que favoriser le partenariat, de même que
le partage des coûts des activités, entre le gouvernement,
l'industrie forestière et les divers acteurs régionaux
de développement.
Au cours des cinq dernières années,
le Ministère a consacré plus de 110 millions
de dollars, auxquels s'ajoute la contribution du milieu d'environ
31 millions de dollars. Ces montants ont permis la réalisation
de 3 855 projets et la création de plus de 26 000 emplois
d'une durée moyenne de 25 jours. Ces projets, fort diversifiés,
touchent les forêts du domaine de l'État, les forêts
urbaines et les forêts privées. Ils ont notamment pour
objet la production de bois, la mise en valeur des potentiels récréatifs
et des habitats fauniques, l'expérimentation de travaux sylvicoles
et de nouveaux équipements, l'éducation en conservation
de l'arbre, de la forêt et du milieu naturel, la culture du
bleuet, de la canneberge et du ginseng et l'élaboration de
méthodes d'analyse des paysages.
Le nombre de promoteurs intéressés,
le large éventail de réalisations, la quantité
d'emplois créés et les partenariats établis
ont suscité la concertation entre le gouvernement et les
acteurs du milieu forestier et ont permis la définition d'une
approche d'aménagement intégré des ressources.
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