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De précieux outils de gestion

Le régime forestier du Québec préconise un mode de gestion conforme au principe du développement durable et respectueux de la polyvalence du milieu forestier, car les Québécois entendent préserver leur patrimoine forestier à perpétuité, grâce à une planification éclairée et à des pratiques sylvicoles appropriées.

Compte tenu de la polyvalence de nos forêts, le gouvernement du Québec a décidé d'élargir l'accès aux ressources du domaine de l'État à d'autres que les seuls titulaires de permis d'exploitation d'une usine de transformation du bois. Il permet dorénavant à certaines personnes de récolter du bois ponctuellement. De plus, il autorise aussi le prélèvement de certains arbustes et arbrisseaux. En agissant ainsi, le gouvernement favorise l'utilisation maximale des bois et la diversification de l'aménagement forestier.

Le contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier (CAAF)

Le gouvernement garantit aux industriels des approvisionnements à long terme, mais, en contrepartie, il les oblige à aménager les forêts de manière à en maintenir, sinon en augmenter la productivité. Les engagements réciproques du gouvernement et des industriels sont consignés dans des contrats d'approvisionnement et d'aménagement forestier, qui sont des outils de gestion essentiels.

Le CAAF couvre une période de 25 ans, mais il est révisé tous les cinq ans. Si le bénéficiaire a respecté ses obligations, le CAAF est alors prolongé pour une nouvelle période quinquennale. Le gouvernement exige notamment des bénéficiaires qu'ils élaborent des plans généraux d'aménagement ainsi que des plans annuels d'intervention et qu'ils les soumettent au ministre, à des fins d'approbation. Dans ces plans, les industriels doivent faire état des activités qu'ils comptent réaliser dans les territoires où on leur a permis de récolter du bois. Ils sont aussi tenus d'aménager la forêt de façon à y atteindre les rendements prévus dans leurs contrats et d'effectuer les travaux requis conformément au Règlement sur les normes d'intervention dans les forêts du domaine de l'État, c'est-à-dire en maintenant ou en reconstituant le couvert forestier après les coupes, en protégeant l'ensemble des ressources du milieu, etc.

Par ailleurs, le Manuel d'aménagement forestier fait partie intégrante du CAAF. Ce document, publié par le Ministère, explique les hypothèses retenues pour calculer la possibilité forestière, énumère les travaux sylvicoles autorisés dans les divers types de forêts et décrit les méthodes utilisées pour mesurer les effets réels de ces traitements. On y trouve également les critères et les méthodes retenus pour vérifier, lors de la révision quinquennale de leurs CAAF, si les travaux sylvicoles effectués par les bénéficiaires de ces contrats permettent d'atteindre les rendements prévus.

Soulignons que lorsqu'une unité d'aménagement donnée est couverte par plus d'un CAAF, les bénéficiaires sont coresponsables de l'état des forêts qui s'y trouvent.

Le contrat d'aménagement forestier (CtAF)

Le ministre peut accorder à des personnes qui n'ont pas de permis d'exploitation d'une usine de transformation du bois le droit de récolter des arbres dans les forêts du domaine de l'État, s'il y va de l'intérêt de la population en général ou d'une communauté en particulier. En vertu du contrat d'aménagement forestier que le ministre signe avec elles, ces personnes peuvent prélever, dans une ou plusieurs unités d'aménagement, des volumes de bois qui n'ont pas déjà été attribués en vertu d'un CAAF. Le ou les signataires de CtAF peuvent vendre le bois qu'ils obtiennent ainsi à des usines de transformation du bois. Ils ont les mêmes obligations que les bénéficiaires de CAAF et ils sont également coresponsables des interventions qui sont faites dans l'(les) unité(s) d'aménagement où s'appliquent leurs contrats.

La convention d'aménagement forestier (CvAF)

Pour favoriser le développement économique régional, le ministre peut autoriser la récolte de certains volumes de bois disponibles dans les réserves forestières, en signant avec le ou les intéressés une convention d'aménagement forestier. Les bénéficiaires de ces conventions doivent respecter les mêmes obligations que tous ceux qui détiennent un CAAF ou un CtAF. Ce sont habituellement des municipalités régionales de comté, des communautés autochtones ou des organismes régionaux de développement.

La récolte ponctuelle

Lorsque le bénéficiaire d'un CAAF renonce, en tout ou en partie, au volume de bois qu'il est autorisé à prélever au cours d'une année donnée ou, encore, s'il n'a pas récolté tous les volumes qu'il prévoyait récolter au cours de la période quinquennale en cours, conformément à son plan général d'aménagement forestier, le ministre peut accorder à un tiers le droit d'obtenir les volumes en cause en lui accordant un agrément de récolte ponctuelle.

Le titulaire du permis de récolte ponctuelle doit participer à l'élaboration du plan annuel d'intervention forestière (PAIF) et du rapport annuel d'intervention forestière (RAIF) exigés par la loi, pour l'unité d'aménagement en cause. Il est également tenu de rembourser au détenteur de CAAF les montants qu'il a versés au Fonds forestier ainsi qu'à la Société de protection des forêts contre le feu et à la Société de protection des forêts contre les insectes et les maladies pour les volumes qu'il obtient.

La récolte de certains arbustes et arbrisseaux

Le gouvernement autorise la récolte de certains arbustes et arbrisseaux, comme l'if du Canada, par exemple, pour favoriser l'utilisation plus polyvalente du milieu forestier. Les titulaires de permis doivent notamment respecter les normes relatives à la protection des forêts et à la conservation de l'espèce qui les intéresse. Il doit aussi harmoniser ses activités avec celles des bénéficiaires de CAAF, de CtAF et autres permis d'intervention.

Généralités

La somme des volumes de bois récoltés dans un territoire donné, en vertu des divers contrats, conventions ou permis, ne doit en aucun cas dépasser la possibilité annuelle de coupe à rendement soutenu de ce territoire, c'est-à-dire le volume de bois qu'on peut y prélever à perpétuité, sans en diminuer la capacité de production.

Les contrats, conventions et permis accordés par le ministre s'avèrent de précieux outils de gestion forestière. Ils assurent le respect de la polyvalence du territoire forestier et la concertation des nombreux utilisateurs du milieu. De plus, comme ils s'exercent sur les forêts du domaine de l'État, les citoyens ont l'occasion de consulter les plans d'aménagement élaborés par les bénéficiaires et de se faire entendre s'ils jugent qu'ils ne sont pas adéquats.

Grâce à ces outils de gestion et aux mesures qu'il a mises en place, le Québec pourra atteindre ses objectifs en matière d'aménagement forestier durable.






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