| Au cours des dernières années,
le Québec a adopté plusieurs mesures concrètes
pour protéger l'environnement forestier et les nombreuses
ressources qu'on y trouve. Il tient ainsi compte des préoccupations
de plus en plus pressantes des utilisateurs et des gestionnaires
des forêts.
Depuis 1982, le gouvernement québécois
a réalisé plusieurs études d'impact qui
portaient, notamment, sur la protection des forêts contre
les épidémies d'insectes et sur le dégagement
de la régénération forestière.
Les résultats de ces études ont fait l'objet
d'audiences publiques qui ont démontré, d'une
part, que les Québécois privilégient
une approche préventive pour lutter contre les
insectes, les maladies et la végétation concurrente
et, d'autre part, qu'ils souhaitent que les pesticides soient
considérés comme des moyens de dernier recours.
Conséquemment, le Québec a renoncé
à utiliser des insecticides et des phytocides chimiques
dans le milieu forestier en 2001.
Par ailleurs, plusieurs règlements visent une protection
accrue de l'environnement. Par exemple, la coupe à
blanc a été remplacée par la coupe
avec protection de la régénération et
des sols (CPRS) et la construction des chemins forestiers
est désormais soumise à des normes rigoureuses,
qui assurent l'intégrité des cours d'eau. De
plus, le Ministère peut dorénavant classer certains
territoires forestiers situés sur les terres du domaine
de l'état au rang d'écosystèmes forestiers
exceptionnels et édicter des règles pour
en préserver les attributs. Enfin, le Ministère
fixera une limite territoriale au nord de laquelle nul contrat
d'approvisionnement et d'aménagement forestier et nul
contrat d'aménagement forestier ne sera attribué.
Par ailleurs, les producteurs de pâtes et papiers ont
dû adopter des procédés de blanchiment
non polluants. Ils ont également été
dans l'obligation de modifier leurs modes de gestion des matières
résiduelles pour réduire les quantités
de déchets produits dans leurs établissements,
notamment en les valorisant. Soulignons que le programme de
certification environnementale encourage fortement les industriels
à respecter les normes en vigueur.
Le maintien de
la biodiversité du milieu forestier
En 1996, le gouvernement du Québec,
qui souscrit aux grands principes du développement
durable, s'est doté d'une Stratégie de
mise en uvre de la Convention sur la diversité
biologique et il a publié un Bilan de
la biodiversité du milieu forestier. Ce dernier
document, qui brosse un portrait détaillé de
la situation, renferme des engagements précis, axés
sur :
- l'approfondissement de nos connaissances sur la biodiversité
de la forêt et les effets des pratiques d'aménagement
actuelles;
- l'adoption d'une approche préventive pour préserver
les espèces et les écosystèmes rares,
exceptionnels ou fragiles;
- le développement d'un mode de gestion forestière
qui favorise le maintien de la biodiversité dans
les territoires aménagés.
Les critères
et indicateurs du développement durable
Le développement durable vise
surtout à améliorer les conditions de vie des
communautés humaines, tout en respectant la capacité
de production des écosystèmes. Il s'articule
donc non seulement autour de valeurs économiques et
sociales, mais aussi autour de la protection de l'environnement
et de la conservation des ressources naturelles.
Malgré les progrès indéniables
qu'il a accomplis dans ce domaine, le Québec entend
intégrer encore davantage les objectifs qu'il s'est
fixés pour la protection de l'environnement à
ceux qu'il poursuit en matière de développement
économique et social. Le régime forestier révisé
en 2001 établit donc un cadre de gestion qui favorisera
l'aménagement forestier durable et l'harmonisation
des multiples utilisations du milieu forestier, notamment
en invitant des partenaires plus nombreux à participer
plus étroitement à la mise en valeur des ressources
forestières et à sa planification.
Par ailleurs, en 1996, le gouvernement du Québec
inscrivait les six
critères du développement durable retenus
par le Conseil canadien des ministres des forêts dans
le préambule de la Loi sur les Forêts.
Ces critères couvrent la plupart des points considérés
par les pays membres du Processus de Montréal, soit :
- la conservation de la diversité biologique;
- le maintien et l'amélioration de l'état
et de la productivité des écosystèmes
forestiers;
- la protection des sols et de l'eau;
- la perpétuation de l'apport des écosystèmes
forestiers aux cycles écologiques planétaires;
- la sauvegarde des multiples avantages que les forêts
procurent à la société;
- la considération des valeurs et des besoins exprimés
par les populations dans les choix de développement.
Le MRN a entrepris de définir des
indicateurs de développement durable mieux adaptés
au contexte québécois. Ainsi, grâce à
des informations cueillies périodiquement, il vérifiera,
d'une part, dans quelle mesure les pratiques forestières
respectent les principes qui sous-tendent l'aménagement
forestier durable et, d'autre part, comment elles permettent
d'atteindre les objectifs fixés. L'analyse des résultats
fera aussi ressortir les changements à apporter, les
connaissances à approfondir et les outils d'apprentissage
à mettre au point. Jusqu'à maintenant, le MRNFP
a défini une soixantaine d'indicateurs qui couvrent
les principales questions liées à l'environnement,
l'économie et la société. Ces indicateurs
devront être intégrés au système
de gestion des forêts.
La législation
et la réglementation
Le gouvernement du Québec a adopté
plusieurs lois et règlements qui visent à protéger
l'environnement forestier, dont la Loi
sur les forêts , la Loi
sur la qualité de l'environnement et la Loi
sur la conservation et la mise en valeur de la faune.
Par ailleurs, le régime forestier mis en place à
la suite de l'adoption de la Loi sur les forêts,
en 1986, préconise un mode d'aménagement
axé sur l'utilisation polyvalente du milieu forestier
et le rendement soutenu de matière ligneuse. Depuis,
la loi a été modifiée à deux reprises :
en 1996, pour y ajouter une disposition qui favorise
l'aménagement durable des forêts et, en 2001,
notamment pour permettre au ministre de fixer des objectifs
de protection et de mise en valeur spécifiques pour
chaque unité d'aménagement. Ces objectifs tiendront
évidemment compte des critères du développement
forestier durable. De plus, lors de la préparation
de leurs plans généraux d'aménagement
forestier, les bénéficiaires de contrats et
de conventions devront prévoir les
traitements sylvicoles requis pour les atteindre et le
ministre évaluera leur performance à ce chapitre.
Conformément à la Loi sur
les forêts, les bénéficiaires de contrats
et de conventions d'aménagement sont non seulement
tenus de mettre leurs plans généraux d'aménagement
à la disposition du public, à des fins de consultation,
mais ils doivent aussi permettre à certains tiers de
participer à la préparation de ces documents,
dont les représentants du monde municipal et des communautés
autochtones. Bon nombre de citoyens et d'organismes joueront
ainsi un rôle très actif dans la planification
de l'aménagement forestier, ce qui leur permettra d'exercer
une influence accrue.
Par ailleurs, le Règlement
sur les normes d'intervention dans les forêts du domaine
de l'État (RNI), qui a été élaboré
en 1996 par le ministère des Ressources naturelles,
en collaboration avec le ministère de l'Environnement
et la Société de la Faune et des Parcs du Québec,
vise à préserver les lacs et les cours d'eau,
les habitats fauniques, les paysages et les autres composantes
du milieu forestier dans le cadre des activités d'aménagement.
Ce règlement accorde une attention particulière
à la régénération des aires de
récolte ainsi qu'aux travaux de voirie forestière
qui peuvent avoir des répercussions importantes sur
le milieu aquatique. La Loi sur les forêts permet
d'ailleurs au ministre de prescrire des normes encore plus
sévères que celles prévues dans le règlement
lorsque cela s'impose pour protéger adéquatement
les ressources d'un milieu donné.
Les suivis environnementaux
Les années 1990 ont été
marquées par un mouvement mondial de conscientisation
face à l'environnement. Ces préoccupations
nouvelles se sont répercutées sur les politiques
et les lois de nombreux pays ainsi que sur les stratégies
commerciales de plusieurs entreprises, publiques et privées.
Au Québec, elles ont notamment amené le Ministère
à intensifier le suivi environnemental des travaux
d'aménagement forestier, c'est-à-dire
leurs effets sur la faune, les habitats fauniques, le sol
et l'eau. En outre, le Ministère effectue d'autres
travaux de monitorage, notamment pour évaluer l'impact
des polluants atmosphériques et des changements
climatiques sur les écosystèmes forestiers.
Les données cueillies lors de tous
ces travaux permettent d'améliorer les pratiques
forestières pour réduire, sinon éliminer
les impacts négatifs qu'elles peuvent avoir sur l'environnement.
Le gouvernement en tient également compte lors de l'élaboration
des politiques, des normes et des programmes forestiers ainsi
que lors de la révision des lois et règlements.
Au Québec, le suivi environnemental fait désormais
partie intégrante du processus de gestion forestière.
Le suivi de l'efficacité
des normes
Il incombe au Ministère d'évaluer
l'efficacité des normes prescrites dans le Règlement
sur les normes d'intervention dans les forêts du domaine
de l'État en vue de les corriger ou de les améliorer
au besoin. Le Ministère étudie, notamment, l'impact
de l'aménagement des ponceaux sur le milieu aquatique
et celui de la dimension des aires de coupe sur la faune.
Il s'assure aussi que les titulaires de permis d'intervention
dans le milieu forestier respectent la réglementation
en vigueur.
La protection de l'environnement est une
préoccupation de plus en plus grande, tant pour les
utilisateurs que pour les gestionnaires des forêts.
Comme le Québec a résolument pris le virage
du développement forestier durable, l'évaluation
environnementale, économique et sociale y est de plus
en plus systématique et elle est axée sur des
critères et des indicateurs de plus en plus précis.
Cette façon de faire permettra d'orienter la gestion
des forêts québécoises en fonction non
seulement de la production, mais aussi de la protection des
écosystèmes.
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