MRNF - Québec Mines - Province du Supérieur
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ISSN en ligne :  1499-383X

   

Bulletin d'information Québec Mines - Octobre 2004

Pour une meilleure compréhension de la Province du Supérieur

Robert Marquis
Direction de Géologie Québec

Figure 1 : La Province du Supérieur est une immense région qui possède des caractéristiques géologiques spécifiques très favorables à l’exploration minérale. Cette carte de la Province du Supérieur en montre les principales subdivisions, parmi lesquelles on reconnaît la sous-province de l’Abitibi, la sous-province de La Grande et le Front de Grenville.

La Province du Supérieur est une immense région qui possède des caractéristiques géologiques spécifiques très favorables à l’exploration minérale. On y retrouve en abondance de vieilles roches volcaniques âgées de plus de 2 700 000 000 d’années, propices à la découverte de gisements d’or, de cuivre et de zinc, des roches magmatiques riches en nickel et en platine, des formations de fer de type Algoma, ainsi que des kimberlites diamantifères beaucoup plus jeunes que les roches volcaniques.

Cette année, Québec Exploration 2004 offrira une session de conférences qui portera spécifiquement sur la Province du Supérieur. À cette occasion, des conférenciers du Québec, de l’Ontario et du Manitoba traiteront de l’évolution géologique, de la structure interne détaillée et du potentiel minéral de cette province géologique. La collaboration traditionnelle entre le Québec et l’Ontario sera élargie au Manitoba. Cette approche permettra d’offrir aux participants un programme de conférences couvrant l’ensemble de la Province du Supérieur. Les principaux thèmes abordés seront les différents styles de minéralisation, particulièrement les gisements aurifères orogéniques, les subdivisions internes et la nature de contacts avec les provinces géologiques adjacentes.

Historique

Le partenariat entre le Québec et l’Ontario concernant la diffusion des connaissances géologiques de la Province du Supérieur existe maintenant depuis plus de 20 ans. En effet, c’est en 1984 que la première carte géologique à l’échelle de 1/500 000 et couvrant l’ensemble de la ceinture des roches vertes de l’Abitibi, fut publiée conjointement par le ministère de l’Énergie et des Ressources du Québec et par l’Ontario Geological Survey (OGS). À cette époque, la ceinture des roches vertes de l’Abitibi fut ciblée en raison de son importante concentration de riches gisements métallifères exploités depuis le début du vingtième siècle.

Figure 2 : La ceinture des roches vertes de l’Abitibi est particulièrement importante au point de vue économique, en raison d’une remarquable concentration en riches gisements métallifères exploités depuis le début du vingtième siècle. Cette photo illustre les moyens de transport utilisés pour accéder aux endroits les plus inaccessibles.

En 2000, le Québec et l’Ontario ont également collaboré à la réalisation d’une session spéciale de conférences consacrées spécialement à la ceinture des roches vertes de l’Abitibi et aux terrains limitrophes de la Province du Supérieur. Ces conférences ont été présentées à Québec, dans le cadre du Séminaire annuel d’information sur la recherche géologique. Par la suite, quatorze articles scientifiques dérivés de ces conférences ont été publiés dans une édition spéciale de la revue Precambrian Research paru en 2002 et co-édité par W. U. Mueller (Université du Québec à Chicoutimi), R. Marquis (Ministère des Ressources naturelles de la Faune et des Parcs) et P. Thurston (OGS).

Au Québec, entre 1995 et 2002, un programme de cartographie détaillée à l’échelle de 1/50 000 a également été réalisé à la Baie James afin de bonifier la banque de données cartographiques, géochronologiques et métallogéniques et élaborer une nouvelle synthèse pour les secteurs de la rivière La Grande et de la rivière Eastmain, deux régions à fort potentiel minéral de la Province du Supérieur.

Figure 3 : Une géologue traverse un gigantesque affleurement rocheux à la baie James, dans le secteur de la rivière Eastmain, un endroit propice à l’exploration minérale.
Figure 4 : À la baie James, le programme de cartographie détaillée réalisé à l’échelle de 1/50 000 a nécessité le prélèvement et l’analyse de nombreux échantillons rocheux minutieusement sélectionnés pour leurs caractéristiques géologiques et leur potentiel économique.

À la même époque, entre 1998 et 2003, le Québec réalisait un ambitieux programme de cartographie de la partie est de la Province du Supérieur, au nord de la baie James. Ce programme, appelé Projet Grand Nord, a permis de compléter la couverture cartographique à l’échelle de 1/250 000 et d’effectuer une première reconnaissance métallogénique du nord du Québec. En plus d’ouvrir de nouveaux territoires à l’exploration minérale, ce vaste programme d’acquisition de connaissances a fait évoluer considérablement la compréhension géologique de ces terrains nordiques. Il a permis également de découvrir des roches parmi les plus anciennes au monde, le long de la côte de la baie d’Hudson et de réaliser plusieurs projets thématiques en partenariat avec l’Université du Québec à Montréal, l’Université McGill, l’Université Simon Fraser et la Commission géologique du Canada. Par son ampleur et sa complexité, ce programme a mobilisé l’essentiel des ressources humaines et financières de la direction de Géologie Québec. Actuellement, plusieurs géologues travaillent encore à la synthèse de l’information recueillie durant ce projet.

Figure 5 : Le Projet Grand Nord a permis de compléter la couverture cartographique à l’échelle de 1/250 000 et d’effectuer une première reconnaissance métallogénique du nord du Québec Sur cette photo, un géologue du ministère effectue des observations de terrain, au nord de la limite des arbres.
Figure 6 : Le Projet Grand Nord a ouvert de nouveaux territoires à l’exploration minérale. Cette photo montre un campement d’été temporaire, installé pour une période de 10 semaines afin de répondre aux besoins d’une équipe géologique de 18 personnes.

Une approche toujours renouvelée

Figure 7 : Dans le secteur de Chibougamau, les travaux en cours visent à préciser la nature du contact entre la Province du Supérieur et la Province de Grenville. Sur cette photo, un groupe de géologues discute du potentiel économique de l’affleurement rocheux apparaissant au premier plan.

En 2003, des travaux détaillés ont été réalisés à l’échelle de 1/50 000 dans le secteur de Chibougamau. Ils ont permis de préciser la nature du contact sud de la Province du Supérieur et de la Province de Grenville, une ancienne chaîne de montagne très érodée qui expose maintenant à la surface des roches formées à grande profondeur dans la croûte terrestre.

Dans la ceinture des roches vertes de l’Abitibi, tant du côté québécois qu’ontarien, les travaux en cours portent, d’une part, sur la compilation nécessaire à la mise à jour de la carte Ontario-Québec de 1984 et, d’autre part, sur des projets de cartographie ciblés et des synthèses métallogéniques très détaillées de différents camps miniers. Au Québec, dans le cadre des synthèses métallogéniques, une attention particulière est accordée à l’intégration des banques de données publiques, ce qui permet par la suite, en partenariat avec l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, une modélisation 3D très utile à la détermination de nouvelles cibles d’exploration.

Figure 8 : Dans la ceinture des roches vertes de l’Abitibi, les synthèses métallogéniques très détaillées permettent une intégration des banques de données publiques disponibles pour différents camps miniers et une modélisation 3D très utile à la détermination de nouvelles cibles d’exploration. Un jeune géologue du Ministère présente une carte géologique détaillée à ses collègues de l’industrie minière.

Québec Exploration 2004 offrira, en plus de la session de conférences qui portera spécifiquement sur la Province du Supérieur, deux ateliers multimédias qui présenteront les résultats des études détaillées réalisées par des géologues du Ministère. Ces ateliers seront animés par les géologues responsables de ces projets. Un premier atelier discutera des plus récentes découvertes dans la région de Rouyn-Noranda où le Groupe de Blake River fait l’objet de recherches intensives pour identifier de nouvelles sources d’approvisionnement en cuivre. Un second atelier traitera de la région de Chibougamau et plus spécifiquement du potentiel minéral du Front de Grenville qui marque la limite entre, d’une part, la Province du Supérieur et d’autre part, la Province de Grenville, beaucoup plus jeune.

Vous êtes cordialement invités à participer à ces ateliers interactifs.

Références

1994, Géologie du Québec, Les publications du Québec, pages 7 à 46.

2002, Evolution of the Archean Greenstone Belt and adjacent terranes: New Insights from Geochronology, Geochemistry, Structure and Facies Analysis, Precambrian Research, Special Issue, volume 115, 371 p.

MERQ-OGS, 1983, Carte lithostratigraphique de la sous-province de l’Abitibi : ministère de l’Énergie et des Ressources du Québec/Ontario Geological Survey : 1:500 000, catalogué « DV83-16 » à Québec et « Map 2484 » en Ontario.