Tous les articles de ce numéro sont disponibles en version imprimable : un clic sur le bouton d'imprimante ci-dessous en déclenche l'impression continue. La mise en page a été optimisée pour une impression en format portrait.


  • Année de rebondissements >>
  • Potentiel élevé en platinoïdes >>
  • Cartographie Côte-Nord >>
  • Potentiel de pierre à ciment >>
  • Régime minier mieux adapté >>
  • Pierre architecturale >>
  • Droits, loyers et frais >>

2004 : une année remplie de rebondissements en exploration minière

Sylvain Lacroix et Patrick Houle
Direction de Géologie Québec

L’année 2004 a été l’une des meilleures années en exploration minière au Québec depuis fort longtemps, tant sur le plan des investissements alloués que des découvertes et des résultats d’exploration obtenus.

Plus de 200 millions de dollars en dépenses d’exploration et de mise en valeur

Les dépenses d’exploration et de mise en valeur au Québec ont légèrement dépassé le seuil de 200 millions de dollars en 2004. Il s’agit d’une hausse de 70 millions de dollars (+ 52 %) par rapport à 2003. En fait, ces dépenses n’ont pas cessé d’augmenter depuis 2000, où un montant de 94 millions de dollars avait été enregistré. Dans une perspective historique plus large, le montant de 2004 dépasse les 173 millions de dollars enregistrés en 1997 et il faut donc remonter jusqu’à la fin des années 1980 pour retrouver une telle activité d’exploration minière au Québec.

Sources : MRNFP, Secteur des mines, Direction du développement minéral, Service de l’imposition et des données minières (pour les données relatives au Québec);
Metals Economics Group (pour les données mondiales).
Note : 2004P réfère à des données préliminaires.
2005IS signifie les intentions des sociétés pour 2005.

En ce qui concerne les budgets mondiaux d’exploration, la tendance haussière commencée en 2003 s’est poursuivie en 2004 où les montants estimés ont atteint 3 800 M$ US, par rapport à 2 400 M$ US en 2003 et à 1 900 M$ US en 2002. Néanmoins, la hausse de ces budgets convertis en dollars canadiens (+ 47 %) a été inférieure à celle observée au Québec. Par conséquent, la part des budgets mondiaux d’exploration allouée au territoire québécois s’est légèrement accrue à 4,1 %, ce qui permettrait au Québec de se classer au 6e rang mondial des pays les plus explorés dans le monde en 2004.

La forte hausse des dépenses d’exploration et de mise en valeur observée au Québec en 2004 s’explique à la fois par la hausse de ces dépenses pour les métaux précieux (+ 41 M$, + 61 %), pour les métaux usuels (+ 19 M$, + 46 %) et pour le diamant (+ 9 M$, + 48 %).

Faits saillants d’exploration

Le nord-ouest québécois a été le site d’une activité minière intense à cause du prix élevé des métaux précieux et usuels. Des travaux majeurs d’exploration avancée, de mise en valeur et de développement souterrain ont été réalisés afin d’évaluer la mise en production éventuelle des projets aurifères Lapa et Goldex par Les Mines Agnico-Eagle, Casa-Berardi par Les Mines Aurizon, East Amphi par Les Mines Richmont inc., Fénelon par International Taurus Resources Inc., Sigma-Lamaque par Century Mining Corporation, Croinor par South-Malartic Exploration Inc. et Kiena par Wesdome Gold Mines Ltd.

Ressources Campbell inc. a annoncé la mise en production de la mine de cuivre et d’or Copper Rand, à Chibougamau. Près de Matagami, Noranda inc. a recoupé lors de forages sur sa propriété baptisée symboliquement « Renaissance », une nouvelle lentille de sulfures massifs riche en zinc. À l’ouest de Rouyn-Noranda, les partenaires Noranda inc. et Corporation Minière Alexis ont obtenu une intersection de 5,16 m à 5,61 % Cu, 1,70 % Zn, 0,34 g/t Au et 17,6 g/t Ag sur leur propriété Lac Montbray.

À la baie James, la découverte « Éléonore » par Mines d’Or Virginia inc. a suscité un vif intérêt et entraîné de nouvelles acquisitions de claims. Un système aurifère majeur, avec des intersections telles que 18,85 g/t d’or sur 16 mètres, a été suivi sur 300 mètres latéralement et jusqu’à 225 mètres en profondeur. Dans la ceinture de roches vertes de La Grande, Mines d’Or Virginia inc. et son partenaire Noranda inc. ont annoncé la découverte d’horizons de sulfures massifs volcanogènes sur les zones DOM (9,94 % Zn, 2,12 % Pb, 0,73 % Cu et 96,38 g/t Ag sur 19,5 m - sondage CN04-17) et DOM NORD (12,65 % Zn, 1,54 % Pb, 1,36 % Cu, 125,31 g/t Ag et 0,3 g/t Au sur 4,7 m - sondage CN-04-23) de leur propriété Coulon.

La recherche de nickel a été particulièrement intense dans la Ceinture de Cap Smith où la mine Raglan est exploitée depuis 1998. Canadian Royalties Inc. a annoncé une estimation révisée à 1,84 millions de tonnes à 1,9 % Ni, 2,3 % Cu et 5,2 g/t Pt+Pd pour les ressources indiquées du gîte Mesamax, ainsi qu’une estimation préliminaire à 1,4 million de tonnes à 0,7 % Ni, 0,9 % Cu et 2,7 g/t Pt+Pd pour les ressources inférées du gîte Méquillon. Knight Resources Ltd. et Anglo American Exploration (Canada) Ltd. ont annoncé plusieurs intersections d’intérêt, dont 24,5 mètres à 1,71 % Ni, 0,8 % Cu et 1,33 g/t Pt+Pd. Goldbrook Ventures Inc. a également rapporté la découverte de nouveaux indices, où il a notamment obtenu des teneurs de 1,35 % Ni, de 0,61 % Cu et de 2,88 g/t Pt+Pd sur une distance de 49,35 m.

Les Mines Ashton du Canada inc. et SOQUEM inc. ont investi environ 18 M$ en 2004 au nord des monts Otish, notamment pour réaliser un échantillonnage en vrac de 635 tonnes de matériel kimberlitique de l’essaim Renard. Afin d’évaluer la valeur en diamant, une cible de 300 carats de diamants est visée. Jusqu'à ce jour, les 415 tonnes de matériel provenant de l'échantillonnage en vrac qui ont été prélevées par forage carottier et par forage RC en 2004 ont produit 282 carats de diamant, incluant 12 diamants d'un poids supérieur à 1 carat.

Perspectives 2005

Grâce aux prix élevés des métaux et du potentiel minéral diversifié du Québec, l’année 2005 s’annonce tout aussi favorable que 2004 puisque les sociétés prévoient investir 201 M$ en exploration et en mise en valeur au Québec.

Ainsi, le Nord-Ouest québécois, la région des monts Otish et la Fosse de l’Ungava devraient demeurer les régions les plus explorées en 2005. Les investissements sur le territoire québécois seront favorisés par la recherche de l’or, de diamants et de nickel, jumelée aux différentes mesures mises de l’avant par le gouvernement du Québec, telles la reconduction permanente et la bonification du régime des actions accréditives, la bonification du volet remboursable du Crédit d’impôt relatif aux ressources pour les sociétés juniors et l’acquisition de connaissances géoscientifiques.


Un potentiel élevé en platinoïdes dans la région de Matagami

Jean Goutier
Direction de Géologie Québec

Les récents travaux de cartographie et d’inventaire minéral du Ministère ont entre autres permis de caractériser la minéralisation de platinoïdes du Complexe de la Rivière Bell et de proposer des guides d’exploration pour cette région. La région de la rivière Bell (SNRC 32 F/10, 11 et 12) présente des caractéristiques fondamentales favorables à la présence de métaux rares d’éléments du groupe du platine. Déjà, les indices principaux répertoriés sur ce vaste territoire peu exploré semblent indiquer une association avec des contextes géologiques différents, même s’ils sont distants d’un peu plus de 10 kilomètres. La possibilité de découvrir d’autres sites avec des teneurs économiques de platinoïdes dans la région demeure donc fortement élevé.

Historique

Le Complexe de la Rivière Bell est une grande intrusion magmatique (20 km par 65 km) située de part et d’autre de cette rivière dans la région de Matagami. Dès les premiers travaux de cartographie effectués dans les années 1930, les géologues comparaient cette intrusion à celle du Bushveld en Afrique du Sud. Le Complexe de la Rivière Bell est connu pour son association avec les gisements de sulfures massifs de zinc, de cuivre et d’argent de Matagami. De plus, des indices de cuivre, de nickel, de magnétite vanadifère et de titane sont aussi présents dans cette intrusion (figure 1). La découverte des deux premiers indices de platinoïdes de la région par SOQUEM remontent au début des années 1990. Les indices sont Ebay, BWest et Dotcom.

Tableau 1 : Liste des trois indices de platinoïdes du Complexe de la Rivière Bell

Nom

Ebay

BWest

Dotcom

Découverte

1991

2001

1991

Compagnie

SOQUEM

Hinterland

SOQUEM

 

 

 

 

Platine

2,26 g/t Pt

0,79 g/t Pt

2,00 g/t Pt

Palladium

0,69 g/t Pd

1,29 g/t Pd

2,87 g/t Pd

Cuivre

0,04 % Cu

0,44 % Cu

0,34 % Cu

Nickel

0,02 % Ni

0,24 % Ni

0,32 % Ni

Type

Stratiforme

Dans un cisaillement

Brèche d'intrusion


Les travaux récents de cartographie du Ministère et les activités d’exploration de l’industrie ont montré que ces indices correspondent à trois types de minéralisation qui incluent les deux types dits classiques. L’indice Ebay correspond au type stratiforme formé par un magma enrichi en platinoïdes. Certains niveaux, dont l’extension de cet indice, méritent d’être prospectés dans l’espoir d’y trouver d’autres zones enrichies. L’indice BWest est associé à un cisaillement.

Ce genre de structures est fréquemment enrichi en platinoïdes comme le Shear Ore du gisement du Lac des Iles. L’indice Dotcom est associé au type brèche d’intrusion. La géochimie de cette roche nous indique qu’il s’agit d’une intrusion distincte du complexe qui peut également se trouver à l’extérieur de celui-ci.


Figure 1. Localisation des platinoïdes dans le Complexe de la Rivière Bell près de Matagami, et distribution des autres indices minéralisés associés à cette intrusion magmatique

Les platinoïdes dans le monde

Les platinoïdes sont des métaux rares qui regroupent le platine, le palladium, le rhodium, le ruthénium, l’iridium et l’osmium. Ces métaux sont très résistants à la corrosion et leur point de fusion est très élevé. La confection de catalyseurs d’automobiles est l’une des principales utilisations de platinoïdes. Les platinoïdes sont par ailleurs recherchés pour des applications électriques, la fabrication de creusets de laboratoire, des pièces numismatiques, la dentisterie et la bijouterie. Présentement, le palladium, le platine et le rhodium valent respectivement moins de la moitié, le double et le triple de la valeur de l’or.

Les républiques d’Afrique du Sud et de Russie sont les principaux producteurs de platinoïdes. Le Canada et les États-Unis sont des producteurs moins importants. Les platinoïdes se trouvent dans des gisements primaires ou comme sous-produits de gisements de cuivre et de nickel tels que ceux de Raglan dans le nord du Québec ou de Sudbury en Ontario. Les gisements primaires de platinoïdes se divisent en deux catégories : stratiforme ou brèche d’intrusion. Les gisements stratiformes sont associés à de grandes intrusions magmatiques et forment les gisements de platinoïdes les plus importants du monde, dont ceux que l’on retrouve dans l’intrusion du Bushveld en Afrique du Sud. Les gisements associés à des brèches d’intrusion sont associés à des intrusions beaucoup plus petites. Au nord de Thunder Bay en Ontario, le gisement du Lac des Iles, de type brèche d’intrusion, est la seule mine primaire de platinoïdes en Amérique du Nord.


Cartographie de la Côte-Nord
Les travaux du Ministère suscitent l'intérêt des compagnies minières

André Gobeil
Direction de Géologie Québec

Au cours de l’été 2004, le MRNFP a effectué la cartographie géologique des bassins versants des rivières Outardes et Manicouagan au nord de Baie-Comeau (SNRC 22F/10 – lac Varin). Le projet s’insère dans un programme plus global de cartographie géologique qui vise à améliorer la connaissance du potentiel minéral de la Côte-Nord pour assurer la diversification de son économie.

Les roches de la région, composées surtout d’anorthosites et de roches associées, appartiennent à la Province de Grenville qui couvre la majeure partie du socle rocheux de la Côte-Nord. Le Grenville est bien connu pour son potentiel en titane et en fer, comme en témoigne le gîte du lac Tio, au nord de Havre-Saint-Pierre. Il présente également un excellent potentiel pour les métaux usuels tels le cuivre, le nickel et le cobalt, de même que pour la pierre de taille, un secteur en pleine expansion actuellement au Québec.

Plusieurs sites minéralisés ont été découverts au cours du présent levé dans les roches qui appartiennent à la Suite anorthositique de Vallant. Une douzaine de nouveaux indices de fer et de titane (ilménite); sont venus s’ajouter à ceux déjà connus dans la région; la moitié d’entre eux contiennent des quantités importantes de phosphore (apatite). Tous les sites situés en terrains non jalonnés ont fait l’objet de demandes de permis d’exploration à la suite de la publication des résultats de ce levé à l’occasion de Québec Exploration 2004, en novembre dernier.

Minéralisation massive de magnétite-ilménite (Fe-Ti) dans une leuconorite.

Minéralisation de magnétite-ilménite-apatite (Fe-Ti-P) localisée sur une île de la rivière aux Outardes.

Par ailleurs, deux nouveaux indices de cuivre et de nickel localisés dans l’anorthosite de la Suite de Vallant ont une particularité : ils ne semblent pas associés à des faciès mafiques ou ultramafiques dans lesquelles on les trouvent habituellement, ouvrant ainsi une nouvelle avenue d’exploration pour de telles minéralisations.

Enfin, plusieurs sites de pierre de taille de type « granit » ont été répertoriés dans la Suite anorthositique de Vallant et dans la Suite plutonique de Varin. Ce sont des sites potentiels dont la qualité et l’étendue de la ressource restent à déterminer. Mentionnons en terminant que ce secteur est facilement accessible à partir de la route 389, des routes secondaires et de nombreuses routes forestières.

Usages

Titane : Il est utilisé comme pigment dans les peintures, comme adjuvant dans les matières plastiques, le papier et les médicaments (sous forme d’oxyde). Il entre dans la composition d’alliages pour les avions ou les missiles. On le retrouve dans les bâtons de golf, les vélos, les ordinateurs portables et les prothèses. Enfin, il est fréquemment utilisé comme catalyseur, par exemple en polymérisation.

Phosphore : Il entre dans la composition des engrais chimiques (phosphates), des feux d’artifice, des allumettes, du dentifrice et des produits nettoyants. On s’en sert comme additif alimentaire dans les fromages ou comme additif de lubrifiant. On le retrouve entre autres dans les charcuteries, les boissons, la levure et le lait condensé.


Découverte d'un gisement potentiel de pierre à ciment
dans la région de Percé

Charles Gosselin
Direction de Géologie Québec

Un important gisement de calcaire, considéré comme une ressource prometteuse en pierre à ciment, a été découvert dans la région de Percé. Ce dépôt a été reconnu lors de travaux sur les minéraux industriels et les matériaux de construction effectués par le Ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Les résultats ont été dévoilés à l'occasion de Québec Exploration 2004 qui se tenait à Québec du 22 au 25 novembre 2004.

Une évaluation sommaire de ces calcaires indique des teneurs en CaO (48-50 %), Na2O+K2O (< 0,6 %), MgO (< 2,5 %), S (< 0,2 %) et Cl (< 30 ppm) qui répondraient aux exigences de l’industrie du ciment. Des ressources facilement accessibles sont estimées à plusieurs centaines de millions de tonnes. De plus, les unités calcaires possiblement exploitables se trouvent à quelques kilomètres de la côte et à proximité d’une voie ferrée.

Nature des travaux

Au cours de l’été 2004, le Ministère des Ressources naturelles et de la Faune a effectué la mise à jour des carrières des régions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie. Parallèlement à ces travaux, une évaluation sommaire de la composition des calcaires de la Formation de White Head a été réalisée afin de vérifier les possibilités qu’offre cette séquence pour la production de ciment. Les secteurs de Nouvelle, de Chandler et de Percé ont été choisis puisque la formation y affleure relativement près de la côte, ce qui augmente les possibilités d’exploitation (Format PDF, 131 Ko). Un échantillonnage manuel a été réalisé sur un nombre relativement limité (25) d’affleurements rocheux. La séquence des calcaires de White Head étant constituée d’un alternance de mince lits de calcaires et d’interlits de mudstone, les échantillons analysés se composent, sauf indications contraires, d’une proportion représentative de ces deux lithologies (Format PDF, 19,3  Ko).

Région de Percé


Aspect distinctif de la Formation White Head, carrière de Cap Blanc. Les lits résistants de calcilutile alternent avec les interlits friables de mudstone.

Dans la région de Percé, la Formation de White Head affleure dans un corridor montagneux d’environ 1,5 km de largueur qui traverse la région du sud-est vers le nord-ouest (Format PDF, 587 Ko). La formation est divisée en quatre membres. Les membres de Burmingham, de l’Irlande et de Des Jean sont distinctifs de la formation. Ils se composent essentiellement d’une alternance de minces lits de calcilutite et d’interlits friables de mudstone. Le Membre de Côte de la Surprise est un horizon repère de mudstone qui sépare les membres de Burmingham et de l’Irlande.

Les échantillons analysés ont été recueillis à partir de quatre carrières et ont permis d’estimer la composition des membres de l’Irlande et de Des Jean. Selon nos résultats d’analyses, ces deux unités ont une composition chimique similaire avec une teneur d’environ 50 % CaO (Format PDF, 19,3  Ko). De plus, les teneurs en alcalis, en magnésium, en souffre et en chlore sont en proportions favorables pour l’industrie du ciment. Mentionnons que ces deux unités forment une séquence calcaire dont l’épaisseur stratigraphique est estimée à plus de 600 mètres (Kirkwood, 1989). Le Membre de Burmingham, que l’on trouve à la base du White Head et dont l’épaisseur est estimée à 140 mètres, n’a pas été analysé. Il se compare toutefois lithologiquement aux unités supérieures de calcaire et il serait probable que sa composition soit également favorable.

Région de Chandler et de Nouvelle


Faciès rubané de la Formation de White Head dans la région de Chandler.

Dans les régions de Chandler et de Nouvelle, la Formation de White Head semble nettement moins calcareuse qu’à Percé. Elle se présente, le plus souvent, sous l’aspect d'un faciès rubané constitué de lits de calcaire et d'interlits argileux soudés entre eux et qui forme ainsi un ensemble massif. Les résultats d’analyses obtenus montrent des teneurs généralement inférieures à 40 % en CaO (Format PDF, 19,3  Ko). Dans la région de Nouvelle, un échantillon choisi d’un lit de calcilutite a rendu une teneur de 44,9 % CaO.

Mentionnons néanmoins qu’une évaluation adéquate du potentiel de ces régions demanderait des travaux plus détaillés et qu’il faudrait viser la recherche d'horizons stratigraphiques plus carbonatés.

Référence

Kirkwood, D., 1989 Géologie de la région de Percé, Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec,. ET 87-17, 33 pages.


Modifications au Règlement sur les substances minérales autres que le pétrole, le gaz naturel et la saumure
Des ajustements pour un régime minier encore mieux adapté

Jocelyn Boucher
Direction du développement minéral

La nature des récents changements apportés à la Loi sur les mines (L.R.Q., c. M-13.1) nécessite des modifications à l’actuel Règlement sur les substances minérales autres que le pétrole, le gaz naturel et la saumure (R.R.Q., c. M-13.1, r.2). La Loi modifiant la Loi sur les mines, sanctionnée le 18 décembre 2003, vise principalement à réduire, de façon progressive, les parcs de jalonnement sur le territoire québécois. Les parcs de jalonnement sont des périmètres à l’intérieur desquels un claim s’obtient par jalonnement sur le terrain. Dorénavant, une personne pourra y obtenir un claim par désignation sur carte si elle dispose d’une déclaration de titulaires voisins établissant qu’il n’y a aucune possibilité de conflit. L’élimination progressive des parcs de jalonnement diminuera à terme les coûts d’acquisition des titres miniers pour l’industrie minière. D’autre part, une autre modification permettra à un titulaire de demander la fusion de claims désignés qu’il détient dans une même cellule afin de faciliter la gestion des titres miniers dans le nouveau système de désignation sur carte. Dans un autre ordre d’idées, les municipalités et les régies intermunicipales pourront dorénavant obtenir un bail exclusif d’exploitation (notamment pour le sable et le gravier) pour la construction et l’entretien de leurs rues et de leurs réseaux routiers.

Par ailleurs, d’autres dispositions du règlement actuel doivent être révisées dans un souci de simplification des exigences imposées aux intervenants miniers. Enfin, de nouveaux pouvoirs réglementaires visant à préciser les modalités techniques de la fusion ou de la substitution de claims ont été introduits.

Les nouvelles dispositions réglementaires, en vigueur le 3 mars 2005, portent sur :

  • les documents et les renseignements qui doivent accompagner les demandes d’avis de désignation sur carte à l’intérieur d’un parc de jalonnement;
  • les documents et les renseignements que doivent contenir les demandes de fusion ou de substitution de claims permettant d’assurer la sécurité des différents titres, ainsi que les règles techniques permettant de procéder aux ajustements concernant entre autres les périodes de validité et le montant des travaux à exécuter à la suite de la fusion ou de la substitution;
  • des mesures favorisant la conversion des claims jalonnés situés au nord du 52edegré de latitude ainsi qu’une mesure exigeant une entente entre les titulaires de claims jalonnés situés à moins de 400 mètres de distance du droit minier à convertir en claims désignés sur carte;
  • l’ajout, comme condition à la conclusion ou au renouvellement d’un bail d’exploitation de substances minérales de surface, que le demandeur ne soit pas en défaut de produire ses déclarations ou de payer les redevances pour chacun des baux qu’il détient;
  • le dépôt d’un plan quinquennal de construction, de réfection et d’entretien des rues et de son réseau routier par une municipalité ou une régie intermunicipale pour l’obtention d’un bail exclusif d’exploitation de substances minérales de surface;
  • le remplacement de l’exigence de l’arpentage par la possibilité de situer l’emplacement d’un parc à résidus miniers par une localisation basée sur le système de coordonnées UTM, beaucoup moins coûteuse, lorsque cet emplacement est situé sur le terrain faisant l’objet d’un bail exclusif d’exploitation de substances minérales de surface;
  • diverses modifications de concordance avec la Loi sur les mines, la Loi sur les géologues ainsi qu’avec la Loi sur les forêts.

Ces nouvelles dispositions réglementaires permettront de maintenir et d’accroître l’attrait du Québec par rapport aux autres régimes miniers existants ailleurs, en améliorant, notamment le mode d’acquisition du claim désigné sur carte.


La pierre architecturale au Québec

Visitez notre site Internet!

Le Ministère a récemment mis en ligne un site Internet consacré entièrement à la pierre architecturale au Québec. Ce nouvel outil rassemble une grande quantité d’information sur l’exploration et l’exploitation de la pierre architecturale au Québec, y compris les différents projets, les principales carrières et les multiples variétés exploitées au Québec.

Il est possible de consulter ce site Internet à l’adresse suivante : www.mrnf.gouv.qc.ca/mines/architecturale/index.jsp.


1er avril 2005 : indexation des droits, loyers et frais

À compter du 1er avril 2005, les droits, les loyers et les frais seront majorés de 4,6 %, conformément à l’article 145 du Règlement sur les substances minérales autres que le pétrole, le gaz naturel et la saumure. Cette augmentation correspond à l’évolution de l’indice d'ensemble des prix à la consommation au Canada entre 2002 et 2004.