Février 2008    Imprimer cet article

Découverte d'un nouveau potentiel minéral au nord-ouest de Schefferville

Martin Simard, Charles Gosselin et Isabelle Lafrance
Bureau de l'exploration géologique du Québec (BEGQ)

À l’été 2007, un nouveau projet de cartographie a permis de déceler la présence de trois nouvelles ceintures de roches volcano-sédimentaires au nord-ouest de Schefferville (figure 1). De plus, les recherches ont mis au jour un indice d’or de 2,1 gr/t Au dans l’une des ceintures et ont permis d’interpréter un couloir aurifère potentiel.

C’est dans le nord de la Sous-province de La Grande que le levé, à l’échelle de 1/250 000, a mis au jour trois nouvelles ceintures de roches volcano-sédimentaires, plus précisément dans la région de la rivière Sérigny (SNRC 23N et 24C). Dans une de ces ceintures, un indice aurifère (2,1 gr/t Au) a été détecté dans un métagabbro altéré et sulfuré (figure 2). Le potentiel économique des ceintures de roches vertes archéennes situées dans le nord de cette sous-province est connu depuis la découverte de nombreux indices minéralisés se trouvant dans la région du lac Gayot, juste à l’ouest de la région de la rivière Sérigny (RG 99-06).

À la suite de ces premières découvertes, les travaux de la compagnie Mines Virginia ont permis de confirmer le potentiel des ceintures en reconnaissant plusieurs indices importants de Ni-Cu-EGP associés à des laves ultramafiques (projet Gayot) ainsi que de nombreux indices de type sulfures massifs volcanogènes (Zn-Cu-Pb-Ag) associés aux roches volcaniques felsiques (projet Coulon) (figure 1).

Les nouvelles ceintures volcano-sédimentaires

La découverte des trois nouvelles ceintures volcano-sédimentaires ouvre de nouveaux territoires à l’exploration minière (figure 2). À l’intérieur de ces ceintures, les travaux du BEGQ ont conduit à la reconnaissance de nombreuses zones métriques à décamétriques rouillées et sulfurées ainsi que des formations de fer silicatées et oxydées. Les sulfures, principalement de la pyrite et de la pyrrhotite disséminées, se trouvent dans les roches de composition felsique à intermédiaire ainsi que dans les roches de composition mafique et ultramafique. Plusieurs zones minéralisées ont été échantillonnées et analysées pour leur contenu en métaux usuels et précieux. Les résultats partiels ont permis d’identifier un nouvel indice aurifère dans la ceinture de Piscau. Il s’agit de deux échantillons provenant d’un métagabbro rouillé et sulfuré d’une largeur de 5 m et visible sur une longueur de 50 m. Des valeurs de 2,1 g/t Au et de 0,5 g/t Au ont été obtenues. Le métagabbro est altéré en silice, en albite, en séricite, en chlorite et en grenat.

Les ceintures identifiées se composent essentiellement d’amphibolite mais on y trouve aussi des lithologies variées d’origine volcanique intrusives et effusives, dont la composition varie d’ultramafique à felsique ainsi que des paragneiss et des formations de fer. Toutes ces roches ont subi un métamorphisme qui varie du faciès des amphibolites à celui des granulites. Elles sont aussi affectées à plusieurs endroits par des altérations tardives, principalement en chlorite, séricite, épidote et silice. Les assemblages lithologiques de ces trois nouvelles ceintures sont assignés au Complexe de Gayot, une unité ancienne de roches volcano-sédimentaires (2880 - 2870 Ma) qui caractérise la partie nord de la Sous-province de La Grande. La dimension des ceintures est de 13,5 km sur 4 km pour celle d’Angilbert, de 8 km sur 6 km pour celle de Piscau et de 8 km sur 2 km pour celle de Cania.

La faille de la rivière du Sable… une structure aurifère?

La faille de la rivière du Sable est une nouvelle faille régionale identifiée durant l’été 2007 dans la partie sud de la rivière Sérigny (figure 2) et qui semble se poursuivre plus à l’est (figure 1) selon les données aéromagnétiques. Il est possible que cette structure régionale ait joué un rôle dans la mise en place de minéralisations aurifères importantes situées de part et d’autre de son tracé. Le nouvel indice aurifère identifié dans la ceinture de Piscau est situé à quelques kilomètres au sud de cette structure et de nombreux indices aurifères (MM 95-01) se situent au nord du prolongement présumé de la faille du Sable, vers l’est (figure 1). Ces derniers indices sont associés à des formations de fer et ont rapporté des valeurs d’or entre 1 et 40 g/t. La relation possible entre toutes ces minéralisations aurifères et la faille de la rivière du Sable demeure pour l’instant hypothétique. Dans la région, cette faille majeure, soulignée par la présence de zones mylonitiques et de corridors d’altération, correspond à la limite entre la Sous-province de La Grande et celle d’Ashuanipi. Elle met en évidence le contraste métamorphique entre le faciès des amphibolites au nord et celui des granulites au sud.

Rencontre de trois sous-provinces géologiques

La région de la rivière Sérigny est caractérisée par la rencontre de trois sous-provinces géologiques appartenant à la Province du Supérieur (figure 1). Le levé de l’été 2007 a permis de préciser la nature et les limites de ces grands ensembles lithotectoniques. Nos travaux ont permis, entre autres, d’identifier une fenêtre de la Sous-province de La Grande à l’intérieur de la Sous-province d’Ashuanipi, juste à l’ouest de la Fosse du Labrador (figure 1). C’est la présence de gneiss tonalitiques et dioritiques caractéristiques de la partie nord de la Sous-province de La Grande qui a permis de rattacher cette partie de la région à la Sous-province de La Grande.

La Sous-province de La Grande se distingue par la présence d’unités anciennes de roches volcano-sédimentaires (2880 - 2870 Ma) et de gneiss tonalitiques et dioritiques (2830 – 2810 Ma). La Sous-province de Minto se caractérise, dans notre région, par l’abondance d’intrusions tonalitiques (2760 – 2740 Ma) et d’intrusions granitiques et granodioritiques plus jeunes (2735 – 2685 Ma). Ces intrusions recoupent également les unités plus anciennes à l’intérieur de la Sous-province de La Grande. Enfin, la Sous-province d’Ashuanipi, plus jeune que les deux autres (2700 – 2630 Ma), se compose principalement d’unités de diatexites, de granitoïdes et de paragneiss migmatitiques. La présence de l’orthopyroxène dans ces unités témoigne d’un métamorphisme au faciès des granulites qui contraste avec le faciès des amphibolites observé dans les deux autres sous-provinces.

Travaux prévus pour l’été 2008

Les travaux de l’été 2007 ont permis de mettre en évidence de nouvelles cibles d’intérêt pour l’exploration minière. D’ailleurs, plus de 250 nouveaux claims ont été jalonnés à la suite de la présentation de ces résultats lors du séminaire de Québec Exploration 2007.

Les travaux se poursuivront en 2008 dans un territoire plus au sud qui couvrira le feuillet 23K et le quart sud du feuillet 23N (figure 1). Ce levé complètera la cartographie géologique à l’échelle de 1/250 000 de la Sous-province d’Ashuanipi.

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