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Les écosystèmes forestiers exceptionnels en Montérégie



 

La conservation de la biodiversité est un aspect essentiel de la gestion durable des forêts québécoises.

Le territoire de l'agence forestière de la Montérégie compte actuellement 97 écosystèmes forestiers exceptionnels qui totalisent plus de 4 000 hectares (40 km²). La majorité sont des forêts refuges de plantes menacées ou vulnérables qui abritent des échantillons rarissimes de la flore québécoise. D’autres sont des forêts rares associées au domaine de l’érablière à caryer. Il s’agit, notamment, de pinèdes à pin rigide, de chênaies bicolores, de cédrières sèches sur dolomie et d’érablières rouges sur tourbe. Elles sont situées dans la plaine du Richelieu et aux abords du lac Champlain. Le mont Saint-Hilaire, les monts Sutton et, plus à l’ouest, la plaine située près de la frontière américaine comptent également une dizaine de forêts anciennes.

Pin rigide
Norman Dignard
Chêne bicolore
Jean-François Bergeron
Caryer cordiforme
Jean-François Bergeron

Dans cette région où 85 % du territoire a une vocation agricole, le tiers des écosystèmes forestiers exceptionnels se trouvent sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal, en milieu périurbain, là où l’étalement urbain contribue à la fragmentation du milieu forestier.

Les forêts exceptionnelles de la Montérégie pourraient passer inaperçues pour un observateur non averti. Pourtant, elles possèdent une composition floristique et des traits distinctifs très particuliers, voire uniques au Québec. La forêt ancienne du mont Saint-Hilaire se distingue avec ses 198 hectares d’érablière à hêtre d’un seul tenant qui font d’elle la plus vaste forêt ancienne de tenure privée du Québec. Grâce à l’Université McGill, ce site, d’une très grande valeur écologique, est protégé au sein du domaine Gault, une réserve naturelle privée.

La flore menacée ou vulnérable

Jusqu’à présent, on a recensé en Montérégie 140 plantes menacées ou vulnérables dont la moitié sont associées au milieu forestier. Le tiers d’entre elles poussent sur des affleurements de calcaire. Les milieux tourbeux en abritent aussi une quinzaine. Certaines plantes, dont la monarde ponctuée (Monarda punctata) et l’aristide à rameaux basilaires (Aristida basiramea), une graminée en voie de disparition au Canada, ne croissent qu’en Montérégie, plus précisément dans le Haut-Saint-Laurent. Ces deux espèces sont associées à des écosystèmes dunaires et poussent dans les milieux ouverts sablonneux.


Monarde ponctuée
Jacques Brisson
     

Aristide à rameaux basilaires Jacques Brisson

Un bref portrait des écosystèmes forestiers exceptionnels par municipalité régionale de comté (MRC)

Les MRC de l’est du territoire

On trouve plusieurs écosystèmes forestiers exceptionnels dans la MRC de Brome-Missisquoi, dont deux érablières à bouleau jaune anciennes de plus de 25 hectares. Ces forêts, situées dans les monts Sutton, renferment plusieurs arbres de plus de 200 ans. Les érables à sucre les plus vieux y atteignent un diamètre imposant, soit plus de 60 cm. La MRC compte aussi plusieurs forêts refuges qui abritent les plus grandes concentrations de plantes rares du Québec. Une de ces forêts refuges abrite plus de 30 plantes menacées ou vulnérables, dont la doradille ébène (Asplenium platyneuron), une fougère calcicole, et la seule population connue au Québec du séneçon à feuilles obovales (Packera obovata). La plupart de ces écosystèmes forestiers exceptionnels font l’objet d’une attention particulière et sont inclus dans des projets de conservation.

 

Séneçon à feuilles obovales
Normand Cornellier

La MRC de la Haute-Yamaska compte un écosystème forestier exceptionnel refuge.

Les MRC de l’ouest du territoire

En raison de leur situation géographique particulière, les MRC du Haut-Saint-Laurent et de Vaudreuil-Soulanges sont celles qui comptent le plus d’écosystèmes forestiers exceptionnels dans la région. En effet, on en dénombre une trentaine, dont neuf sur la montagne de Rigaud. Parmi ces forêts, quelques érablières à caryer cordiforme servent de refuges à des plantes menacées qui se démarquent par leur unicité. Une prucheraie ancienne d’une vingtaine d’hectares est également présente sur le territoire.  


Prucheraie ancienne dans le Haut-Saint-Laurent
Enviro Foto

Chênaie rouge rabougrie sur la
montagne de Rigaud
Jean-François Bergeron

Caryer ovale de grande taille à Melocheville
MRNF

À Melochevile, dans la MRC du Haut-Saint-Laurent, une érablière à caryer abrite une des rares populations québécoises de sanicle du Canada, variété du Canada (Sanicula canadensis var. canadensis), une plante rare. Près de Huntington, on trouve le Boisé-des-Muir, une érablière à hêtre et à pruche ancienne de 12 hectares située dans une réserve écologique.

« Le fait qu’une telle forêt, témoin du passé, ait pu échapper à la coupe depuis l’époque de la colonisation, relève d’un concours de circonstances incroyables. En effet, Archibald Muir, premier propriétaire de la terre, excellait tant dans son métier de fermier qu’il n’était nullement intéressé par les activités en vogue au 19e siècle, comme l’abattage des arbres ou la fabrication de potasse. Heureusement pour les forêts privées, même leur propriétaire peut être exceptionnel! »

Jacques Brisson
Institut de recherche en biologie végétale
Université de Montréal, 1994

 


Forêt ancienne du Boisé-des-Muir
Jean-François Bergeron

Dans la MRC de Vaudreuil-Soulanges, aux abords d’une autoroute et près d’un développement domiciliaire, se trouve la seule population québécoise de la viorne litigieuse (Viburnum recognitum), un arbuste en situation précaire au Québec.

 
Viorne litigieuse
Norman Dignard


  Dans la MRC de Beauharnois-Salaberry, une saulaie abrite la seule population québécoise du samole à petites feuilles (Samolus valerandi subsp. parviflorus).
Samole à petites feuilles
René Charest
   

Les MRC du corridor de la rivière Richelieu et des montérégiennes

Trente-huit des écosystèmes forestiers exceptionnels de la Montérégie se trouvent dans ce secteur. Dans les MRC de Rouville, de la Vallée-du-Richelieu, du Haut-Richelieu et des Maskoutains, les collines montérégiennes comptent différents types d’érablières qui sont à la fois des forêts rares et des refuges de plantes menacées ou vulnérables. Il s’agit d’érablières à caryer cordiforme, à noyer cendré, à tilleul et à hêtre ou à tilleul et à chêne rouge. Ces forêts, qui totalisent plus de 1 600 hectares, possèdent un cortège floristique remarquable. Parmi les plantes menacées ou vulnérables, on observe l’aster à rameaux étalés (Eurybia divaricata), la phégoptère à hexagones (Phegopteris hexagonoptera), l’aplectrelle d’hiver (Aplectrum hyemale), le carex faux-lupulina (Carex lupuliformis), la grande asclépiade (Asclepias exaltata), le galéaris remarquable (Galearis spectabilis), la claytonie de Virginie (Claytonia virginica) ou encore la thélyptère simulatrice (Thelypteris simulata).


Carex faux-lupulina
Gildo Lavoie


Galéaris remarquable
Pierre Petitclerc
 

Grande asclépiade
Michel Tremblay

 

Claytonie de Virginie
Frédéric Coursol

Près de Clarenceville, une érablière rouge tourbeuse, écosystème forestier rare au Québec, abrite une fougère menacée : la thélyptère simulatrice (Thelypteris simulata). Au bord de la rivière Richelieu, les groupements de chênes bicolores sont très importants pour la conservation.

Aux abords d’un développement domiciliaire dans la MRC du Bas-Richelieu, on trouve une peupleraie à peuplier deltoïde dont les arbres ont plus de 30 m de hauteur. Cette MRC compte également des érablières argentées qui abritent l’arisème dragon (Arisaema dracontium), une espèce particulièrement rare au Québec.

 

Thélyptère simulatrice
Jean Maltais

 
Peuplier deltoïde
Jardin botanique de Montréal
 
 
Arisème dragon
Francis Boudreau

La MRC des Jardins-de-Napierville se distingue par ses deux cédrières sèches sur dolomie. Ces écosystèmes sont des alvars. Le terme alvar, emprunté au suédois, désigne un milieu naturel ouvert, sur sol mince, caractérisé par une végétation éparse, surtout composée d’arbustes et d’herbacées, et par des arbres dont la croissance est presque inhibée. En Amérique du Nord, les alvars sont confinés aux régions qui ont subi la dernière glaciation. On les trouve principalement dans la région des Grands Lacs et au Québec. Les sites québécois se trouvent surtout au bord de la rivière des Outaouais. En Montérégie, les alvars occupent moins de 20 hectares. Ils abritent les seules populations québécoises de la gentiane frangée (Gentianopsis crinita).


Alvar
Frédéric Coursol
  

Gentiane frangée
Jacques Labrecque

Dans la MRC de Roussillon, en milieu périurbain, se trouvent les seules populations québécoises connues de l’aubépine ergot-de-coq (Crataegus crus-galli), un des 28 arbustes menacés ou vulnérables du Québec.

Enfin, la Montérégie compte deux autres écosystèmes forestiers exceptionnels refuges dans la MRC de Lajemmerais, située aux abords du fleuve Saint-Laurent.

Des enjeux de protection

Actuellement, la moitié des écosystèmes forestiers exceptionnels de tenure privée de la Montérégie sont situés sur des territoires voués à la production agricole et près du tiers, à la production forestière. Une quarantaine de ces sites se trouvent dans la grande région de Montréal. Quelques-uns font l’objet de projets de conservation et d’autres sont protégés par l’Université McGill ou par des ententes légales de conservation. À ce jour, cinq écosystèmes forestiers exceptionnels sont protégés par une municipalité.

Voir également

Les écosystèmes forestiers exceptionnels : éléments clés de la diversité biologique du Québec