Les espèces fauniques menacées ou vulnérables et leurs habitats peuvent être protégés en vertu de l'entente administrative entre le MDDEP et le MRNF si l’on connaît les données de localisation des sites essentiels à leur survie et les mesures de protection qui leur sont propres. Le Ministère a élaboré un indicateur qui permet
d’évaluer la protection accordée à ces espèces
et à leurs habitats dans les forêts publiques soumises à l’aménagement.
Les résultats sont présentés en nombre d’espèces et de sites protégés1 annuellement, depuis 1999, en vertu de l’entente administrative.
À ce jour, le Québec compte 44 espèces fauniques
menacées ou vulnérables associées au milieu forestier, dont le caribou des bois, écotype forestier, et le caribou des bois, écotype montagnard (population de la Gaspésie). Compte tenu du vaste territoire qu'ils
fréquentent, les caribous ne sont pas protégés
en vertu de l'entente, mais plutôt par des plans
particuliers d'aménagement. Par conséquent, ils ne sont pas inclus
dans cet indicateur.
Pour plus de
renseignements sur la provenance des données de cet indicateur, consultez les précisions
méthodologiques.
(Survolez le graphique pour obtenir des informations chiffrées)
* Le nombre total d’espèces fauniques menacées ou vulnérables associées au milieu forestier est fourni à titre indicatif. Ce nombre inclut des espèces qui se trouvent dans le sud du Québec, où se concentrent les forêts privées qui ne sont pas prises en compte dans cet indicateur. Il comprend également d'autres espèces qui pourraient éventuellement être protégées par des plans particuliers d'aménagement.
Principaux constats
Espèces protégées
En 1999, une seule espèce faunique menacée ou vulnérable a été protégée en milieu forestier : le pygargue à tête
blanche.
D’autres espèces se sont ajoutées par la suite : le faucon pèlerin, l’aigle royal et la tortue des bois en 2000, la salamandre sombre du Nord en 2006, la salamandre pourpre en 2010 et la salamandre à quatre orteils en 2011.
Depuis 1999, on observe une variation du nombre total d’espèces fauniques menacées ou vulnérables. De 50 en 1999, le nombre d'espèces a diminué à 44 en 2010, en raison de modifications (ajouts et retraits) apportées à la liste des espèces associées au milieu forestier et à la liste des espèces menacées ou vulnérables.
Sites protégés
Depuis 1999, le nombre total de sites protégés montre une progression régulière. De 79 sites en 1999, le nombre de sites protégés est passé à 118 en 2000 et atteint 336 en 2011.
La légère baisse observée en 2005 résulte principalement de la diminution du nombre de sites pour la tortue des bois.
Depuis 2007, l'augmentation du nombre de sites est attribuable en grande partie à l'ajout de sites protégés pour l'aigle royal, soit 26 en 2007, 15 en 2008 et 14 en 2009.
L'année 2010 s'est démarquée surtout avec 35 sites protégés pour la salamandre sombre du Nord et 5 sites protégés pour la salamandre pourpre.
Analyse
Certaines raisons font en sorte que seulement cinq espèces fauniques ont bénéficié de mesures de protection dans les forêts publiques aménagées entre 1999 et 2007. D’une part, une espèce ne peut être protégée que si les mesures de protection nécessaires à cette espèce ont été établies. Le processus de définition de mesures de protection est long en raison, notamment, de la connaissance incomplète des besoins en habitat des espèces menacées ou vulnérables et du peu de données disponibles sur les effets des activités d’aménagement forestier sur ces espèces. D'autre part, l'acquisition de connaissances et la protection des espèces exigent d'importantes ressources. Les partenaires de l’entente administrative ont donc établi une liste d’espèces prioritaires dans le but d'orienter les efforts de protection.
De nombreux éléments contribuent à la fluctuation des portraits annuels du nombre de sites protégés. Les principaux sont l'actualisation continue des données de localisation en provenance du Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), le changement de vocation d'un territoire en raison de la création de parcs ou d'aires protégées, les modifications apportées à la liste des espèces menacées ou vulnérables et la réévaluation d'une espèce à titre d'espèce forestière.
Moyens d'action pour protéger les espèces menacées ou vulnérables
Mise en place de dispositions légales et contractuelles dans le cadre des objectifs de protection et de mise en valeur des ressources du milieu forestier (OPMV) obligeant les bénéficiaires de contrat et de convention d'aménagement à intégrer des mesures de protection de l’habitat des espèces menacées ou vulnérables dans les plans généraux d'aménagement forestier de 2008-2013.
Utilisation d'un indicateur de la performance forestière et environnementale des bénéficiaires basé sur l'atteinte des cibles fixées par le Ministère et qui permet de réviser les attributions de volumes de bois au moment de la prolongation des contrats d'aménagement.
Ratification d'une entente administrative (entre le MRNF et le MDDEP) sur la protection des espèces menacées ou vulnérables dans les milieux forestiers du Québec.
Vérification des mesures de protection effectuée dans le cadre du suivi de l'application du Règlement sur les normes d'intervention dans les forêts du domaine de l'État (RNI).
Inscription de sites pouvant abriter des espèces menacées ou vulnérables dans le Système d’information écoforestière (SIEF) du Ministère.
Cible
En matière de protection de l’habitat des espèces fauniques menacées ou vulnérables du milieu forestier, le Ministère vise à ce que 100 % des sites connus, abritant ces espèces et situés en forêt publique aménagée, soient protégés au cours des activités d’aménagement forestier.
On considère que les sites abritant des espèces menacées ou vulnérables sont « protégés » lorsqu'ils sont inscrits sur les cartes de planification forestière et qu'ils bénéficient de mesures de protection au cours des activités d'aménagement forestier.