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Aperçu de la conjoncture en 2004

 

Le marché des métaux et des minéraux

 

En 2004, l’industrie minière mondiale a bénéficié d’une croissance économique plus forte et mieux synchronisée à l’échelle mondiale. Elle a de plus continué de profiter de la vigueur de l’économie de la Chine malgré les diverses mesures prises par le gouvernement pour en ralentir le rythme à un niveau plus soutenable. La croissance de la consommation des métaux et minéraux qui s’en est suivie s’est reflétée sur les prix de plusieurs d’entre eux. Ces prix ont aussi grandement bénéficié de la dépréciation du dollar américain pour une deuxième année consécutive et, pour certains, de contraintes importantes au chapitre de l’offre.

Les prix annuels moyens des métaux usuels (cuivre, nickel et zinc) se sont accrus de façon significative. Pour une troisième année consécutive, le cours de l’or a connu une croissance très intéressante. Le minerai de fer, sous l’impulsion de la forte croissance de la production mondiale d’acier et des importations de minerai de la Chine, a aussi connu d’importantes hausses de prix.


Perspectives 2005

 

À l'égard des métaux et des minéraux

 

La croissance de l’économie mondiale devrait demeurer relativement solide en 2005, malgré un certain ralentissement résultant notamment du prix élevé du pétrole et d’un resserrement des politiques macroéconomiques de divers pays. Stimulée par cette performance de l’économie mondiale et, tout particulièrement, par la demande de la Chine qui est prévue demeurer vigoureuse, la consommation de métaux et de minéraux devrait rester soutenue.

En 2005, les prix des substances métalliques devraient demeurer généralement élevés. Certains d’entre eux poursuivront leur croissance en raison de marchés serrés et de la faiblesse des stocks. Il faut toutefois souligner que les prix de certains métaux usuels pourraient avoir atteint leur sommet cyclique en 2004, leur production s’ajustant progressivement aux conditions de marché. Par ailleurs, les prix continueront sans doute d’être fort volatils, réagissant notamment :

  • aux interruptions de production imprévues;
  • aux fluctuations du dollar américain;
  • ainsi qu’à l’évolution des perceptions à l’égard de la demande chinoise.

Les expéditions minérales du Québec en 2005 devraient donc pouvoir profiter encore de la vigueur de la consommation mondiale de métaux et de minéraux, ainsi que du niveau élevé des prix annuels moyens de plusieurs d’entre eux.


Valeur de production par SCIAN

 

Secteur des mines

 

  

Mines, carrières
et sablières 1
Produits minéraux
non métalliques
Première transformation
des métaux
Total
SCIAN
2122
327
331

 

Année

 

 

 

 

1991
2 425,1
1 550,3
6 259,0
10234,4
1992
2 206,4
1 464,8
6 086,3
9 757,5
1993
2 144,9
1 452,5
6 325,2
9 922,5
1994
2 446,4
1 649,7
7 695,2
11 791,3
1995
2 748,6
1 697,6
8 972,3
13 418,5
1996
2 790,6
1 792,8
9 271,1
13 854,5
1997
2 855,8
2 063,7
10 294,2
15 213,6
1998
2 823,9
1 923,6
10 828,3
15 575,8
1999
2 709,8
2 092,2
12 080,2
16 882,2
2000
2 895,5
2 379,5
14 296,7
19 571,6
2001
2 711,8
2 489,9
13 819,1
19 020,8
2002
. .
2 763,5
13 682,7
. .

Notes :

1 : Correspond à la valeur de la production. De plus, les données de 1991 à 1993 sont sur la base du CTI.

2 : Mines (sauf le pétrole et le gaz)

Tableau réalisé par la Direction de la concertation du MRNF à partir des données de Statistique Canada


Substances métalliques

 

En 2004, le marché mondial des substances métalliques a connu une année plutôt positive, comparativement à 2003.

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Or en 2004

 

Contexte mondial

  • Depuis 2001, le cours de l’or a profité d’une tendance à la hausse, bien que l’on ait connu des périodes d’importantes variations. Le prix moyen de l’once d’or s’est établi à 409 $ US (London PM fix) en 2004 (contre 363 $ US en 2003 et 310 $ US en 2002), en hausse de 12,6 %. Le cours quotidien a évolué entre un prix plancher de 375 $ US, atteint en mai, et un prix plafond de 454,20 $ US, un niveau inégalé depuis 16 ans, atteint en décembre. Cependant, pour ce qui est des autres devises importantes, la hausse du cours de l’or a été plus modérée (ex. : euro, yen), et il y a même eu diminution pour certaines devises (ex. : dollar australien, rand). Cette situation est attribuable à l’importante baisse de la valeur du dollar américain, la devise de cotation de l’or, par rapport à l’ensemble des autres devises. Ainsi, le prix moyen de l’once d’or s’est établi à 532 $ CA en 2004, contre 508 $ CA en 2003, soit une hausse de 4,7 %.

  • Pour sa part, la performance du sous-indice boursier canadien de l’or (S&P/TSX gold index), composé de sociétés possédant des mines au Canada et ailleurs, a été de –9,0 %.

  • En 2004, la direction du cours de l’or a été déterminée en grande partie par la demande d’or à des fins d’investissement, où beaucoup d’investisseurs à court terme étaient présents. La faiblesse du dollar américain, causée par le déficit du compte courant et du budget des États-Unis, a suscité des achats d’or à titre de valeur refuge et d’actif alternatif. Les principaux autres facteurs qui ont contribué à la demande à des fins d’investissement sont les suivants :

    • les bas taux d’intérêts réels aux États-Unis (et autres pays);
    • le maintien de fortes tensions géopolitiques;
    • l’augmentation des cours du pétrole;
    • l’arrivée de nouveaux produits financiers permettant d’investir facilement dans l’or (dont le StreetTRACKS Gold de New York, lancé à la mi-novembre);
    • l’intérêt des investisseurs pour l’investissement dans les denrées en général.

  • Malgré toute l’attention suscitée par les observateurs du marché sur l’incidence des achats d’or à des fins d’investissement, il ne faut pas passer sous silence l’importance qu’a eu, sur le cours de l’or, l’évolution favorable de facteurs fondamentaux. En effet, il y a eu diminution de l’offre provenant, d’une part, de la production minière mondiale et, d’autre part, des ventes des banques centrales (grâce en partie au renouvellement de l’entente de Washington qui limite les ventes des banques centrales d’Europe) et du recyclage de bijoux et d’autres biens. Quant à la demande d’or, il y a eu accroissement de la fabrication de bijoux et d’autres biens contenant de l’or, et la réduction des activités de couverture (hedging) des producteurs miniers a également entraîné une augmentation de la demande.

Situation québécoise

  • Selon les données préliminaires, le volume des expéditions d’or en provenance des gisements québécois a diminué de 14 % par rapport à celui de 2003, se situant à 24,3 tonnes (777 214 onces). La valeur de la production a baissé de 10 %, passant de 458 millions de dollars en 2003 à 415 millions de dollars en 2004. Cette baisse est surtout attribuable à la fermeture temporaire de la mine Mouska, à la baisse de la production de la mine Doyon et à l’exploitation de minerai à des teneurs moins élevées à la mine Beaufor.

  • En septembre, Cambior a procédé à la réorganisation de l’exploitation à la mine Doyon, ce qui a entraîné la perte de 130 emplois et une réduction de 30 % du rythme d’exploitation annuel qui passe de 1 000 000 à 700 000 tonnes de minerai. Cambior exploite actuellement les piliers de la mine, ce qui a un effet perceptible sur les coûts d’exploitation et la longévité de l’exploitation.

  • En 2004, la production de la mine Géant Dormant (Cambior/Mines Aurizon) s’est sensiblement améliorée, l’augmentation ayant atteint environ 3 %.

  • En octobre, Cambior a redémarré la production de la mine Mouska, qui avait été suspendue en janvier 2004 pour permettre l’approfondissement du puits.

  • Au cours du premier trimestre de 2004, Met-Chem Canada s’est vu confier, par Mines Aurizon, un contrat pour mettre à jour l’étude de faisabilité du projet Casa Berardi. Mines Aurizon a aussi accordé un contrat à l’entrepreneur minier Ross-Finlay pour foncer le puits. Le projet a commencé à la fin du deuxième trimestre et près de 660 mètres de galeries d’exploration ont été réalisés. Le collet du puits est terminé sur plus de 240 mètres. L’entreprise devrait prendre une décision quant à la mise en production au cours du premier semestre de 2005.

  • En septembre, Century Mining a annoncé qu’elle avait mené à terme l’acquisition du complexe Sigma-Lamaque de Les Mines McWatters. La transaction résulte d’une entente avec les créanciers de Les Mines McWatters. Cette entente comporte, entre autres, la prise en charge par Century Mining d’un prêt consenti par Investissement Québec. En novembre, la compagnie a débuté une campagne de forage dans la fosse Sigma-Lamaque, pour évaluer et définir le contact stérile-minerai. Ces données permettront de réviser les réserves minières et, le cas échéant, de déterminer la faisabilité d’une reprise de l’exploitation qui serait prévue au cours du premier semestre de 2005.

  • Mines Agnico-Eagle a diminué sa production annuelle qui a été ramené à 300 000 onces d'or en 2004 et a révisé à la baisse ses prévisions pour les années subséquentes. Par ailleurs, elle a poursuivi ses efforts importants de mise en valeur des propriétés Lapa, Bousquet-Ellison, Goldex et LaRonde II, en y investissant 14 millions de dollars en 2004. En août, la compagnie a amorcé un programme de mise en valeur de 40 millions de dollars sur la propriété Lapa. La réalisation des travaux, qui devrait s’étendre sur près de deux ans, nécessitera entre autres le fonçage d’un puits d’exploration de 825 mètres.

  • En septembre, Mines Richmont a terminé la mise en place des installations de surface à son projet East-Amphi, le portail de la rampe souterraine et le fonçage de 770 mètres de rampe jusqu’à une profondeur de 130 mètres, soit à 70 mètres de l’objectif final.

  • Mines Wesdome a entrepris un vaste programme d’exploration et de mise en valeur de 15 millions de dollars sur ses propriétés Kiena, Shawkey et Wesdome.

  • En mars, la direction de la mine Troilus annonçait un investissement de 18,5 millions de dollars pour accroître la production journalière de 15 000 à 17 500 tonnes. Le rodage des nouveaux équipements s’est amorcé en décembre. La Zone J-4, mise en exploitation en 2004, a contribué pour un fort pourcentage à la production de la mine.

Perspectives 2005

  • En 2005, le cours de l’once d’or continuera d’être déterminé en grande partie par l’évolution de la valeur du dollar américain par rapport aux autres devises. En effet, malgré un contexte où les éléments de l’offre d’or (production minière, ventes des banques centrales, recyclage) devraient augmenter, et où ceux de la demande (fabrication de bijoux et d’autres biens, réduction des activités de couverture des producteurs) devraient diminuer, les principaux analystes du marché de l’or prévoient un cours moyen de l’once d’or de l’ordre de 425 à 450 $ US. C’est donc dire qu’ils s’attendent encore une fois à un niveau élevé de la demande d’investissement, causé par la faiblesse du dollar américain. Le double déficit (compte courant et budget) des États-Unis va continuer à peser sur sa devise, pour laquelle une remontée importante paraît peu probable. Le comportement attendu d’autres facteurs clefs de l’économie, tels que des taux d’intérêts réels toujours bas aux États-Unis et ailleurs, une augmentation de l’inflation, les tensions géopolitiques qui demeurent, sera également favorable à la demande d’or à des fins d’investissement.

  • En 2005, le volume des expéditions d’or du Québec devrait être semblable à celui de 2004.

Métaux ferreux en 2004

 

Fer >>
Niobium >>

Minerai de fer

 

Contexte mondial

  • Après deux ans de longues négociations, les premières ententes sur les prix de référence du minerai de fer se sont conclues dès la mi-janvier en 2004, avec comme résultat des prix nominaux atteignant des sommets historiques. Pour leur part, la Compagnie minière Québec Cartier et la Compagnie minière IOC ont obtenu, sur le marché européen, des hausses de 21,2 % pour les boulettes et de 22,33 % pour les concentrés. Ces ententes hâtives témoignaient des préoccupations des sidérurgistes à l’égard de leur approvisionnement en minerai, compte tenu d’un marché fort serré. L’importance des hausses résulte surtout de la vigueur de la demande chinoise, bien que d’autres facteurs, tels que l’augmentation des prix mondiaux de l’acier et la forte dépréciation du dollar américain, y aient aussi contribué. Toutefois, l’effet de ces hausses sur les revenus des producteurs miniers canadiens s’est vu réduit par la forte appréciation du huard depuis la fin de 2002, les prix étant établis en dollars américains.

  • Sous l’impulsion de la forte consommation chinoise, la production mondiale d’acier brut a connu une croissance exceptionnellement forte en 2004, franchissant le cap du milliard de tonnes pour la première fois. Selon les données préliminaires de l’International Iron and Steel Institute (IISI), en 2004, la production a enregistré une hausse de près de 9 %, surtout grâce à la Chine qui présente une croissance de plus de 23 %, le reste du monde affichant une augmentation d’environ 4,5 %. Les hausses se sont notamment élevées à quelque 3 % au Canada, 5 % aux États-Unis et 5 % dans l’Union européenne (15). Fait encore plus significatif pour la consommation du minerai de fer, les données de l’IISI font aussi état d’une croissance d’environ 9 % de la production de fonte et de près de 18 % pour celle de fer préréduit.

  • Selon les données préliminaires d’AME Mineral Economics, cette excellente performance de l’industrie sidérurgique mondiale se serait traduite par une hausse de l’ordre de 11 % de la consommation apparente de minerai de fer en 2004, dont une de 27 % en Chine, qui aurait d’ailleurs accru ses importations d’environ 40 %. En ce qui concerne l’Europe et l’Amérique du Nord, principaux marchés des producteurs de minerai de fer du Québec-Labrador, leur consommation réunie aurait augmenté d’environ 3 %, demeurant néanmoins encore en deçà du niveau atteint en 2000.

  • Les principaux fournisseurs mondiaux de minerai de fer ont ainsi enregistré une forte hausse de leurs ventes en 2004. En fait, pour une deuxième année consécutive, les principaux producteurs ont fonctionné à leur capacité maximale, ne suffisant pas à répondre à la forte croissance de la demande chinoise, ce qui les a d’ailleurs amenés à poursuivre le développement de projets d’expansion. Ce marché fort serré du minerai de fer a également incité plusieurs sidérurgistes à sécuriser leur approvisionnement en minerais en concluant au cours de l’année des contrats à long terme avec les producteurs miniers.

Situation au Québec

  • En 2004, les expéditions de la Compagnie minière Québec Cartier (CMQC) ont atteint 9,2 millions de tonnes de boulettes de minerai de fer et 4,3 millions de tonnes de concentré.

  • CMQC envisage présentement la possibilité de modifier son plan minier afin de prolonger de dix ans, soit jusqu’en 2026, l’exploitation de la mine Fermont, située sur la Côte-Nord.

  • Les compagnies Iron Ore of Canada (IOC) et Mines Wabush ont été touchées par une grève de 12 et 16 semaines respectivement qui a influé sur leur production de 2004. IOC a expédié 11,4 millions de tonnes de minerai alors que sa prévision était de 14,9 millions de tonnes. Les expéditions de Mines Wabush ont été de 3,8 millions de tonnes au lieu des 6 millions prévues en début d’année.

Perspectives 2005

  • L’industrie sidérurgique mondiale poursuivra sa croissance en 2005, mais à un rythme sans doute plus modeste que l’an dernier. Cette croissance sera à nouveau grandement attribuable à la Chine, même si les pays industrialisés devraient voir leur production d’acier s’accroître légèrement, du moins globalement. Ainsi, la demande mondiale de minerai de fer augmentera à nouveau. Cette hausse viendra encore principalement de la Chine qui devrait continuer d’accroître ses importations de minerai, mais plus modérément que l’an dernier. La demande globale des principaux marchés des producteurs du Québec-Labrador devrait aussi augmenter, modestement toutefois.

  • La vigueur de la demande chinoise devrait donc maintenir serré le marché du minerai de fer en 2005. Ainsi, toutes les prévisions disponibles en ce début d’année font état d’une nouvelle hausse des prix du minerai en 2005; plusieurs analystes envisagent même des croissances largement supérieures à celles de l’an dernier. Outre la fermeté du marché, ces anticipations s’appuient également sur la forte augmentation des prix mondiaux de l’acier en 2004, la dépréciation du dollar américain et les importants investissements consentis par les producteurs miniers pour répondre à la demande.

  • Les trois compagnies de minerai de fer du Québec–Labrador devraient produire à plein régime en 2005. De plus, la pression exercée depuis quelques années par la Chine sur le marché du minerai de fer devrait se traduire, en 2005, par une hausse supérieure à 2004. Si cette hausse se concrétise, le prix des minerais de fer aura crû de plus de 55 % depuis 2002.

Niobium

  • À la suite de sa fusion avec Minéraux Séquoia, Cambior est devenue, en juillet, l’unique actionnaire de la mine Niobec.

  • La mine Niobec a produit à plein régime, soit près de 3 450 tonnes de niobium. Il s’agit d’une augmentation de plus de 6 % par rapport à 2003.

  • En novembre, le ministre de l’Environnement du Québec a confié au BAPE le mandat de tenir une enquête sur les impacts du projet d’exploitation d’une mine de niobium sur les eaux de surface et souterraines de la municipalité d’Oka.

Métaux usuels en 2004

 

Cuivre >>
Nickel >>
Zinc >>

 

Cuivre

 

Contexte mondial

  • La hausse importante de la production minière mondiale en deuxième moitié d’année ne s’est pas complètement reflétée sur celle de cuivre affiné en 2004, les fonderies ayant procédé à la reconstitution de leurs stocks de concentrés qui avaient atteint de faibles niveaux. Face à cette hausse de production restreinte, l’augmentation significative de la consommation, grandement attribuable aux États-Unis et aux pays asiatiques, a considérablement accru le déficit du marché mondial du cuivre affiné en 2004. Les stocks ont donc fortement diminué et ceux des bourses de métaux ont reculé tout au long de l’année pour terminer en baisse de près de 85 % par rapport à la fin de 2003, atteignant ainsi leur plus faible niveau depuis la fin des années 80.

  • Étant donné la robustesse des facteurs fondamentaux du marché, le prix du cuivre a connu une très forte croissance en 2004, ayant aussi bénéficié de l’intérêt général des fonds d’investissement à l’égard des métaux usuels. Son prix annuel moyen au comptant à la Bourse des métaux de Londres (LME) s’est accru d’environ 60 % par rapport à 2003, s’établissant à 1,30 $ US/lb, son niveau le plus élevé depuis 1995. Le prix a clôturé l’année en force à 1,49 $ US/lb. Étant donné l’importance du déficit du marché et la faiblesse des stocks, le prix du cuivre a été très volatil en cours d’année, réagissant aux nouvelles relatives à l’économie chinoise et aux possibles interruptions de production ainsi qu’à l’évolution du dollar américain.

  • Les contraintes d’approvisionnement en concentrés des fonderies ont diminué progressivement en 2004. Après un début d’année difficile, les frais de traitement et d’affinage ont augmenté de façon importante au cours de la seconde moitié de l’année. D’ailleurs, il semble bien, à la lumière de l’information disponible à la fin de 2004, que les frais couverts par contrats annuels doubleront en 2005.

Situation au Québec

  • La production 2004 de la fonderie Horne a dépassé légèrement celle prévue en début d’année (145 000 tonnes). La remontée importante des revenus tirés frais de traitement milite pour un accroissement substantiel de la production de la fonderie Horne en 2005.

Expéditions québécoises de cuivre de 1994 à 2004

  • La mine Louvicourt, principale mine productrice de cuivre au Québec en 2004, cessera ses activités à l’été 2005.

  • En novembre, Ressources Campbell est devenue l’unique actionnaire de Corporation Copper Rand (CCR). Celle-ci prévoit être en mesure d’amorcer l’exploitation commerciale de la mine de cuivre et d’or Copper Rand 5000 au premier trimestre de 2005. Depuis novembre 2004, la mine est en période de rodage.

  • Ressources Campbell a poursuivi ses travaux d’exploration sur sa propriété de cuivre Corner Bay, localisée près de Chibougamau. En 2005, elle devrait entreprendre le fonçage d’une rampe.

Perspectives 2005

  • Bien que la consommation de cuivre affiné devrait demeurer ferme en Chine, celle du monde occidental ralentira, tout particulièrement aux États-Unis, ce qui entraînera une réduction du taux de croissance mondial. Par ailleurs, la hausse de la production minière se fera sentir davantage sur l’offre de cuivre affiné en 2005, les fonderies ayant procédé à la reconstitution de leurs stocks de concentrés. Ainsi, le marché du cuivre affiné devrait se rééquilibrer progressivement en cours d’année, le déficit pour l’ensemble de l’année diminuant de façon significative. Le prix du cuivre profitera néanmoins encore d’un marché relativement serré, et ce, dans un contexte où les stocks aux bourses de métaux ont atteint des niveaux historiquement faibles. Ainsi, les analystes estiment que le prix annuel moyen du cuivre en 2005 demeurera élevé, ne prévoyant généralement qu’un niveau légèrement inférieur à celui de l’an dernier.

Nickel

 

Contexte mondial

  • En 2004, la consommation mondiale de nickel de première fusion a continué de bénéficier de la croissance de la production d’acier inoxydable, qui représente près des deux tiers de son utilisation, mais elle a aussi connu une amélioration de la part de ses autres applications. Néanmoins, l’augmentation de la consommation n’aura pas été aussi forte que ce qui était anticipé en début d’année, et ce, en raison du prix élevé du nickel qui aura également influé sur l’offre. Ainsi, ce prix élevé a entraîné :

    • une plus grande disponibilité d’acier inoxydable recyclé;
    • un écoulement des stocks de nickel et d’acier inoxydable, notamment en Chine;
    • un effet de substitution par la production accrue de catégories d’acier inoxydable contenant moins de nickel.
Le marché mondial du nickel de première fusion est demeuré tout de même serré en 2004, bien que les estimations à l’égard du déficit appréhendé aient été généralement réduites en cours d’année.
  • Avec un marché serré et de faibles stocks au LME, le prix du nickel est demeuré fidèle, en 2004, à sa réputation de forte volatilité. Il a oscillé entre 8,06 $ US/lb, le 6 janvier, et 4,78 $ US/lb, le 18 mai, pour finir l’année à 6,90 $ US/lb, comparativement à 7,55 $ US/lb à la fin de 2003. Ainsi, le prix a atteint son sommet en début d’année, mais, de l’avis de plusieurs analystes, il était alors plus élevé que ne le justifiait les facteurs fondamentaux du marché, et ce, en raison des achats spéculatifs. Il a d’ailleurs fortement diminué dès les premiers mois de l’année, avant de connaître un certain redressement, mais il est néanmoins demeuré élevé tout au long de l’année. Ainsi, le prix annuel moyen au comptant du nickel à la Bourse des métaux de Londres (LME) est passé de 4,37 $ US/lb à 6,27 $ US/lb, soit une croissance de plus de 40 %. Il a ainsi atteint son niveau le plus élevé depuis 1988. Le prix du nickel a aussi profité de l’intérêt général des fonds d’investissement à l’égard des métaux usuels, un intérêt notamment stimulé par la faiblesse du dollar américain.

Situation au Québec

  • La mine Raglan, située dans la péninsule d’Ungava, est le seul producteur de nickel au Québec. En 2004, la production a atteint 26 552 tonnes de nickel, une hausse de 5,7 % par rapport à celle de 2003. Les études se poursuivent pour accroître la production de près de 40 % d’ici quelques années.

Perspectives 2005

  • La consommation mondiale de nickel de première fusion devrait croître plus fortement en 2005, grâce notamment à la Chine qui semble avoir mis fin à son exercice de déstockage. De plus, on prévoit que la production mondiale d’acier inoxydable poursuivra sa croissance. Par ailleurs, Inco doit mettre en production son gisement de nickel Voisey’s Bay au Labrador. La consommation de nickel sera sans doute à nouveau restreinte par une offre serrée, tout comme en 2004. Le marché mondial devrait donc être près de l’équilibre, sinon légèrement déficitaire.

  • Le marché du nickel continue de bénéficier de facteurs fondamentaux relativement solides. Avec la faiblesse des stocks au LME, les conditions sont donc réunies pour que le prix annuel moyen du nickel en 2005 demeure élevé, bien que les analystes estiment généralement qu’il devrait être légèrement inférieur à celui de 2004. Tout comme l’an dernier, des facteurs, tels que l’offre d’acier inoxydable recyclé et la substitution, pourraient venir modifier les prévisions.

  • En 2005, la mine Raglan prévoit produire 20 700 tonnes de nickel, une baisse de 25 %, attribuable à un arrêt planifié à l’usine de traitement permettant des modifications au circuit de broyage. En 2006, la production annuelle de nickel devrait revenir à 25 Kt.

Zinc

 

Contexte mondial

  • La production mondiale des mines de zinc ne s’est accrue que très légèrement en 2004, celle du monde occidental ayant même diminué, ce qui a freiné la production de zinc affiné. Le marché occidental a également dû composer avec la forte chute des exportations de zinc affiné de la Chine, qui serait même devenue un importateur net. Pour sa part, la consommation a maintenu un taux de croissance élevé, profitant à nouveau de la demande chinoise, mais aussi du redressement significatif de celle du monde occidental, notamment aux États-Unis. Pour la première fois depuis 1999, le marché mondial du zinc affiné est donc passé en situation de déficit. Les stocks affichés au LME sont néanmoins demeurés élevés en raison de l’arrivée en cours d’année de stocks non enregistrés.

  • Le prix annuel moyen au comptant du zinc à la Bourse des métaux de Londres (LME) a affiché une hausse d’un peu plus de 25 % en 2004 par rapport à 2003, pour atteindre 47,5 ¢ US/lb, son niveau le plus élevé depuis 2000. Le prix du zinc s’est néanmoins accru plus modestement que celui de plusieurs autres métaux usuels compte tenu du niveau élevé des stocks. Toutefois, il a connu une hausse importante en fin d’année grâce à l’amélioration apparente des facteurs fondamentaux, dont une baisse continue au cours du dernier trimestre des stocks affichés au LME. Ainsi, il a clôturé l’année à 57,6 ¢ US/lb, soit son sommet de l’année. Le prix du zinc a aussi bénéficié de l’intérêt général des fonds d’investissement à l’égard des métaux usuels.

  • Le problème d’approvisionnement en concentrés des fonderies s’est poursuivi en 2004, ce qui s’est traduit, pour une troisième année consécutive, par une réduction des frais de traitement couverts par contrats annuels. De plus, les prévisions disponibles en fin d’année faisaient état d’une nouvelle baisse de ces frais en 2005. Les fonderies ont tout de même pu profiter de la hausse du prix du zinc en 2004, en raison de la clause de participation aux prix. Cela devrait être encore le cas en 2005 où l’on prévoit une nouvelle augmentation de prix.

Situation au Québec

  • Le volume des expéditions des mines de zinc a augmenté de près de 2 % en 2004, passant d’environ 253 000 à 257 000 tonnes. Cette légère hausse est principalement due à une augmentation de la production de zinc de la mine LaRonde.

Expéditions québécoises de zinc de 1994 à 2004

  • L’affinerie CEZinc de Salaberry-de-Valleyfield a fonctionné à plein régime en 2004 et la production a avoisiné les 275 000 tonnes de zinc. L’année 2005 s’annonce aussi bonne compte tenu de l’amélioration annoncée du marché du zinc (prix élevé et faible réserve).

  • La mine Bell-Allard, qui a extrait 35 % du zinc produit au Québec en 2004, a cessé ses activités en octobre de la même année. La mine Bouchard-Hébert, qui a généré 20 % du zinc en 2004, devrait quant à elle fermer au printemps 2005.

  • En juillet, Noranda a décidé de reporter la mise en production du gisement Persévérance situé à quelques kilomètres au sud-ouest de Matagami. La faiblesse du prix du zinc à ce moment (0,44 $US/lb) justifiait ce report. Aucune date n’a été avancée quant à une éventuelle reprise des travaux; la mise en production est donc maintenant retardée au moins jusqu’en 2007.

Perspectives 2005

  • En 2005, la consommation mondiale de zinc affiné devrait continuer de croître, mais à un rythme plus modéré que l’an dernier. La Chine devrait pour sa part maintenir une croissance élevée de sa consommation. Toutefois, comme on prévoit une hausse restreinte de la production en raison de la rareté des concentrés qui devrait perdurer, le marché mondial du zinc affiné devrait continuer d’être déficitaire. De plus, les exportations de la Chine pourraient continuer de diminuer en 2005, certains analystes avançant même la possibilité qu’elle puisse être un importateur net. Cette vigueur des facteurs fondamentaux du marché du zinc devrait permettre à son prix annuel moyen d’augmenter à nouveau en 2005, bien que plus modestement sans doute que l’an dernier.

Minéraux industriels en 2004

 

Calcaire >>
Chrysotile >>
Dolomie >>
Graphite >>
Ilménite >>
Mica >>
Pierre >>
Saumure >>
Sel >>
Silice >>
Stéatite >>
Tourbe >>

 

Calcaire

  • Graymont a annoncé en 2004 des investissements majeurs à ses usines de Bedford et de Marbleton. À Bedford, 10 M$ seront investis pour augmenter le taux de production horaire de chaux vive qui passera de 400 à 650 tonnes métriques. À l’usine de Marbleton, l’augmentation du prix du gaz naturel au cours des dernières années force Graymont à reconvertir à une autre source d’énergie l’un de ses deux fours en arrêt de production depuis un an. En 2005, la production de Graymont devrait être comparable à celle de 2004.

  • La demande pour les produits calcaires, principalement le ciment, devrait croître suffisamment pour maintenir une pression à la hausse sur les prix.

Chrysotile

  • Les expéditions de chrysotile ont légèrement augmenté en volume, d’environ 2,5 %, grâce principalement à une forte croissance de la demande de matériaux de construction à base de cette fibre en Asie. Toutefois, l’importante appréciation de la devise canadienne par rapport au dollar américain de même que la concurrence sur les marchés internationaux que livrent les mines québécoises aux autres producteurs ont fait chuter le prix des livraisons de fibres, lesquelles accusent une baisse de près de 15 % par rapport à 2003.

Expéditions québécoises de chrysotile de 1994 à 2004

  • Au cours de 2004, Mine Jeffrey a été en exploitation par intermittence et sa production a été d’environ 50 000 tonnes. Le 21 décembre, la Cour supérieure a approuvé la proposition d’arrangement acceptée par les actionnaires et créanciers à l’automne.

  • LAB Chrysotile a annoncé la cessation indéterminée des activités de la mine Lac d’Amiante à partir de novembre 2004. Toute la production de la compagnie proviendra uniquement de la mine souterraine Bell.

  • Plusieurs articles scientifiques publiés en 2004 ont confirmé que la fibre chrysotile est d’une très faible nocivité et que les produits qui en contiennent sont sécuritaires lorsque la fibre est encapsulée. Deux études réalisées aux États-Unis et au Royaume-Uni ont notamment démontré qu’au cours des cent dernières années les travailleurs affectés à la fabrication, à la pose, à l’entretien et à l’enlèvement de produits de friction et de fibrociment à base de chrysotile n’avaient pas souffert de maladies associées à l’exposition à cette fibre.

Dolomie

  • L’usine Dolomex de Portage-du-Fort, acquise par Cambior au début de 2004, a fermé ses portes en octobre de la même année. Le démantèlement de l’usine et la restauration du site doivent être complétés d’ici l’été 2005.

Graphite

  • En 2004, la production de graphite du Lac-des-Îles près de Mont-Laurier a été comparable à celle de 2003. On y a amorcé un programme intensif de développement d’une nouvelle fosse.

  • Également en 2004, la production de graphite exfolié à l’usine de Timcal, située à Terrebonne, a été sensiblement la même qu’en 2003. Timcal a commencé en partie à s’approvisionner à partir du concentré produit par son usine du Lac-des-Îles pour alimenter son usine de Terrebonne. L’autre partie provient de la Chine.

Ilménite

  • En janvier, QIT-Fer et Titane a annoncé un projet de modernisation de près de 500 millions de dollars à son complexe métallurgique de Sorel. Cet investissement permettra, entre autres, d’augmenter la production annuelle de scorie enrichie (UGS) qui passera de 250 000 à 325 000 tonnes. Toutefois, il devrait avoir peu d’effet sur le niveau de production de la mine du lac Tio à Havre-Saint-Pierre.

Mica

  • En 2004, Mica Suzorite a extrait plus de 160 000 tonnes de minerai de la mine Bédard située près de Parent. Cette quantité devrait être suffisante pour alimenter l’usine de traitement de Boucherville pour les quatre prochaines années. Comme il y a une baisse anticipée en 2005 dans le secteur de l’automobile et que ce dernier consomme près de 60 % de la production de mica, la demande pour ce minerai pourrait donc être inférieure en 2005.

Pierre

  • La production de pierre ainsi que celle de matériaux de construction ont été sensiblement les mêmes que celles de 2003.

Expéditions québécoises de pierre de 1994 à 2004

  • Au cours des prochaines années, Glendyne, deuxième producteur mondial d’ardoise naturelle, compte augmenter sa production, qui passerait de 20 000 à 40 000 tonnes. L’entreprise vise le développement de sous-produits de résidus (pour le béton, le goudron à toiture, la peinture, etc.) et du marché de paysagement et de plancher d’ardoise.

Saumure

  • Junex a procédé à la mise en exploitation de deux nouveaux puits de saumure dans la région de Bécancour. La production journalière de ces deux puits a été de 36 000 litres. Avec le démarrage de ces puits, Junex exploitait, en 2004, huit puits de saumure. De plus, la compagnie est à compléter la mise en production de son usine pilote de transformation primaire de la saumure naturelle en une saumure plus concentrée (33 % en sels dissous au lieu de 24 % actuellement).

Sel

  • Au Québec, Mines Seleine, propriété de Rohm and Haas de Philadelphie, a maintenu sa production d’environ 1,25 Mt de chlorure de sodium (NaCl). Le sel produit est utilisé en très grande partie pour le déglaçage des routes du Québec.

Silice

  • Exploration Québec/Labrador inc. a extrait un échantillon d’environ 13 000 tonnes de silice à son dépôt de quartzite du lac Daviault près de Fermont, pour approvisionner un client de Thetford Mines. En 2005, la production de la carrière de quartz devrait doubler, passant à plus de 20 000 tonnes de silice. La compagnie prévoit être en mesure d’investir près de 2 M$ et, ainsi, être capable d’approvisionner d’autres marchés (usines de silicium métal, silice fondue ou verre haut de gamme).

  • Unimin Canada inc. est le plus grand producteur de silice au Canada. L’entreprise exploite deux gisements, l’un de quartzite à Saint-Donat-de-Montcalm et l’autre de grès silicieux à Saint-Canut. Elle exploite également des usines de production de sable de silice à chacune des carrières. La production en 2004 a été sensiblement la même qu’en 2003. Le marché devrait aussi rester le même en 2005.

Stéatite

  • En octobre 2004, l’entreprise Les Pierres Stéatite inc. a fermé l’usine de taille située dans le secteur de Saint-Pierre-de-Broughton pour la déménager dans le rang 7 d’East-Broughton, à proximité de la carrière. Cette entreprise se spécialise dans la production de blocs pour la sculpture, de pierres réfractaires pour les poêles et de pierre pour les monuments funéraires. La production a diminué sensiblement en 2004 comparativement à celle de 2003. La compagnie espère développer le marché européen afin de retrouver sa production de 2002.

Tourbe

  • La production de tourbe a grandement baissé en 2004 en raison principalement d’une saison estivale assez pluvieuse qui a rendu la cueillette très difficile. Toutefois, le volume des expéditions et la valeur des ventes en 2004 ont été à la hausse, de 12 et de 26 % respectivement, par rapport à 2003.

  • En mars 2004, Premier Tech ltée a ouvert un bureau commercial au Mexique afin de démontrer l’avantage de l’utilisation de la tourbe dans la production de plants forestiers. Par ailleurs, Premier Tech Environnement vient de recevoir un deuxième avis favorable de la part du Secrétariat de la Commission des avis techniques français pour son procédé de filtre à tourbe Ecoflo.

Investissements miniers, financement et fiscalité en 2004

 

L’industrie minière constitue un secteur de l’économie qui réalise des investissements annuels considérables en aménagement de complexes miniers, afin de développer les gisements identifiés et de poursuivre la production minière.

De plus, des investissements sont également effectués en exploration et en mise en valeur afin de découvrir des gisements susceptibles d’assurer le renouvellement des réserves minières.

 

 

 


Activités d'exploration et de mise en valeur

 

Le Québec a connu en 2004 son année la plus active en exploration minière depuis la fin des années 80. Selon des données préliminaires, les dépenses d’exploration et de mise en valeur ont atteint 204 millions de dollars, une hausse de 70 millions (52 %) par rapport à 2003. Il s’agit d’une quatrième hausse annuelle consécutive. Cette somme de 204 millions correspond à 4,1 % du budget mondial d’exploration de 3 800 millions de dollars US, estimé par le Metals Economics Group. Ceci positionnerait le Québec au sixième rang des pays les plus explorées au monde en 2004.

La recherche plus intense des substances suivantes au Québec explique cette forte croissance des dépenses en 2004 :

  • métaux précieux - hausse de 41 millions (61 %) pour atteindre la somme de 110 millions;
  • métaux usuels - hausse de 9 millions (46 %) pour atteindre la somme de 61 millions;
  • diamant - hausse de 9 millions (48 %), pour atteindre la somme de 27 millions.
Exploration et mise en valeur au Québec
Sources : MRNF, Secteur des mines, Direction du développement minéral, Service de l’imposition et des données minières (pour les données relatives au Québec);
Metals Economics Group (pour les données mondiales).
Note : 2004P réfère à des données préliminaires.
2005IS signifie les intentions des sociétés pour 2005.

 

La description détaillée des nombreux projets d’exploration et de mise en valeur réalisés en 2004 au Québec est disponible dans le Rapport sur les activités d’exploration minière du Ministère ainsi que dans les Points chauds 2004. Parmi ceux-ci, les projets suivants méritent une attention particulière.

Or dans le Nord-Ouest québécois

  • Sur la propriété Noralex, située à 10 km au nord-ouest des mines Doyon et Mouska, Corporation Minière Alexis et Noranda ont intersecté en forage des veines aurifères qui ont révélé 3,19 g/t sur 15 mètres.

  • Près de Val-d’Or, Mines Agnico-Eagle a entrepris des travaux de réhabilitation des infrastructures minières sur la propriété Goldex. Des investissements d’environ 10 millions de dollars seront réalisés afin d’augmenter le degré de fiabilité dans les réserves probables établies à 21,77 millions de tonnes à 2,4 g/t d’or.

  • Exploration Malartic-Sud inc. a récupéré 1 981 onces d’or à partir d’un échantillonnage en vrac de 20 000 tonnes, réalisé en février sur le site Croinor. L’entreprise a également annoncé une entente avec l’usine Camflo pour le traitement éventuel de 65 000 tonnes de juillet à décembre 2004.

  • À l’est de Val-d’Or, un forage effectué par Corporation Minière Alexis sur l’indice Hogg du projet Groupe Cadillac a intersecté une zone minéralisée de type skarn de 21,2 g/t d’or et 0,56 % de cuivre sur 3,8 mètres.

  • Au nord de la mine Selbaie, International Taurus Resources et Fairstar Explorations ont récupéré 3 428 onces d’or à partir d’un échantillon en vrac de 8 300 tonnes sur le gîte Fénelon. Une estimation des ressources mesurées (4 002 tonnes à 18,36 g/t) et indiquées (52 255 tonnes à 19,71 g/t) a été annoncée pour la zone centrale.

  • Dans la partie centrale de la ceinture d’Urban-Barry, située à 120 km à l’est de Lebel-sur-Quévillon, Noront Resources a effectué une campagne de forage sur la propriété Windfall. Plusieurs forages ont intersecté des zones de pyrite contenant des valeurs aurifères importantes, telles que 8,55 g/t d’or sur 13,4 mètres.

Cuivre, zinc et or dans le Nord-Ouest québécois

  • Au 1er octobre, Ressources Campbell a réalisé près de 9 000 m de forage de définition à la mine Copper Rand, située à Chibougamau. L’extraction de minerai de cuivre et d’or a commencé en novembre et la mise en exploitation commerciale devrait démarrer en janvier 2005.

  • Dans la région de Matagami, Noranda a recoupé en forage des sulfures massifs et semi-massifs sur environ 6,9 mètres à une profondeur de 465 mètres. Le nouvel indice a été baptisé « Renaissance ». Il est situé à sept kilomètres au sud-est des infrastructures de concentration de la compagnie.

  • À l’ouest de Rouyn-Noranda, les partenaires Noranda et Corporation Minière Alexis ont obtenu, sur la propriété Lac Montbray, une intersection impressionnante de 5,16 mètres à 5,61 % de cuivre, 1,70 % de zinc, 0,34 g/t d’or et 17,6 g/t d’argent, à une profondeur verticale de 110 m.

Or, zinc et diamant sur le territoire de la Baie-James

  • Dans le Moyen-Nord, près du réservoir Opinaca, Mines d’Or Virginia a défini, au moyen de travaux de surface et de forage, un riche système aurifère. Celui-ci s’étend sur une distance approximative de 300 mètres latéralement et jusqu’à une profondeur excédant 225 m. Le projet a été nommé « Éléonore ». Le système comprend deux zones principales, soit Roberto (18,85 g/t d’or sur 16 mètres) et Roberto Est (4,05 g/t d’or sur 17 mètres). Fortement aurifère, ce nouveau contexte géologique a suscité un vif intérêt en ce qui a trait à l’acquisition de claims dans ce secteur.

  • Dans la ceinture de roches vertes de La Grande, Mines d’Or Virginia et son partenaire Noranda ont annoncé la découverte d’horizons de sulfures massifs volcanogènes sur la propriété Coulon :

    • zone DOM (9,94 % zinc, 2,12 % plomb, 0,73 % cuivre et 96,38 g/t argent sur 19,5 mètres);
    • zone DOM NORD (12,65 % zinc, 1,54 % plomb, 1,36 % cuivre, 125,31 g/t argent et 0,3 g/t d’or sur 4,7 mètres).

  • Les Mines Ashton du Canada et SOQUEM ont investi environ 18 millions de dollars en 2004 au nord des monts Otish, notamment pour réaliser un échantillonnage en vrac de 635 tonnes de matériel kimberlitique de l’essaim Renard. Afin d’évaluer la valeur en diamant, une cible de 300 à 400 carats de diamants est visée. Les 415 tonnes de matériel de l'échantillonnage en vrac qui ont été prélevées par forage carottier et par forage de type « circulation inversée » en 2004 ont produit 282 carats de diamants, y compris 12 diamants d'un poids supérieur à un carat. Le traitement d’un échantillon de 3,87 tonnes de blocs erratiques provenant de la propriété adjacente Lynx a également retourné un contenu estimé en diamant de 120 carats par 100 tonnes.

  • Ressources Majescor a confirmé la découverte, dans sa propriété Portage, de plusieurs blocs de kimberlite, allant même jusqu’à 50 cm. Un échantillon de 138 kg provenant de ces blocs a permis de récupérer 32 diamants d’une grandeur qui excède 0,075 mm.

Nickel dans le Grand Nord québécois

  • Canadian Royalties a poursuivi les travaux d’exploration sur la propriété Expo-Ungava située à 15 km au sud de la mine Raglan qui est exploitée depuis 1998. Elle a annoncé une estimation révisée de 1,84 million de tonnes à 1,9 % de nickel, 2,3 % de cuivre et 5,2 g/t de platine et palladium pour les ressources indiquées du gîte Mesamax, ainsi qu’un estimation préliminaire de 1,4 million de tonnes à 0,7 % de nickel, 0,9 % de cuivre et 2,7 g/t de platine et palladium pour les ressources inférées du gîte Méquillon. Près du gîte Mesamax, Canadian Royalties a aussi découvert, près de la surface, un autre indice à haute teneur, soit 2,25 % de nickel, 5,70 % de cuivre et 10,01 g/t de platine et palladium sur 56,6 m.

  • Dans la partie ouest de la ceinture de Cap Smith, Goldbrook Ventures a également rapporté la découverte d’indices de haute teneur en Ni-Cu-Pt-Pd dans sa propriété Bélanger. Un forage a retourné des teneurs moyennes de 1,35 % de nickel, de 0,61 % de cuivre et de 2,88 g/t de platine et palladium sur un intervalle de 49,35 mètres. Plus à l’ouest, Knight Resources et Anglo American Exploration (Canada) ont également annoncé plusieurs intersections d’intérêt, dont 24,5 mètres à 1,71 % de nickel, 0,8 % de cuivre et 1,33 g/t de platine et palladium.

  • Plus au sud, entre les 55° et 56° degrés de latitude, Mines d’Or Virginia et BHP-Billiton ont accompli des travaux de forage pour près de 1 million de dollars sur le projet Gayot.

Autres projets

  • L’année 2004 a également permis de percevoir ou de confirmer un nouvel intérêt pour de nouvelles substances ou régions telles que :

    • l’uranium, notamment dans le secteur du réservoir Caniapiscau;
    • le cuivre et le nickel dans la Province du Grenville, à la fois sur la Côte-Nord et au Lac-Saint-Jean;
    • le dioxyde de titane au nord de Forestville, dans la Province du Grenville sur la Côte-Nord;
    • le cuivre associé à des minéralisations de type fer-oxyde-cuivre-or en Gaspésie.

Pierre et minéraux industriels

  • NAMCA a poursuivi, avec succès, les travaux de mise en valeur de gisements de pierre de taille. Situés respectivement à Maria et à Saint-Armand, ces gisements sont constitués de brèche calcaire violet rosé et de calcilutite gris blanchâtre.

  • Junex a commencé, à Bécancour, le forage de deux nouveaux puits de saumure, dont la mise en production a permis à la compagnie d’augmenter sa capacité quotidienne de production de saumure naturelle.

  • Finalement, le graphite a continué d’être recherché dans certains secteurs de la Côte-Nord, tandis que des calcaires potentiellement intéressants pour la fabrication de ciment ont été identifiés dans la région de Percé, en Gaspésie.

Financement des activités d'exploration minière

 

Les financements publics réalisés par les sociétés de l’industrie de l’exploration minière sur le marché des capitaux québécois permettent l’accomplissement de nombreux projets d’exploration et de mise en valeur au Québec. Ces financements prennent la forme d’actions ordinaires, d’actions accréditives ou de débentures.

  • Les financements effectués sur le marché des capitaux québécois durant les neuf premiers mois de 2004, pour des projets d’exploration et de mise en valeur, ont atteint 47,1 millions de dollars comparativement aux 36,4 millions de dollars levés au cours de la même période en 2003. Les sociétés prévoient utiliser 34 % de ces fonds pour des projets au Québec.

  • Le total des actions accréditives acquises directement par les investisseurs individuels québécois, durant les neuf premiers mois de 2004, est de 3 millions de dollars. Selon les renseignements déposés auprès de l’Autorité des marchés financiers au cours des derniers mois de l’année, la valeur des actions accréditives levées par les sociétés d’exploration auprès des particuliers du Québec en 2004, devrait atteindre 20 à 25 millions de dollars.

  • À cette somme, il faut ajouter les financements levés auprès des investisseurs québécois par les sociétés en commandite d’actions accréditives de partout au pays (qui ont été particulièrement actives en 2004), dont une partie revient au Québec sous forme d’investissements en actions accréditives dans des sociétés d’exploration minière. Ainsi, on s’attend à ce que ces sociétés en commandite investissent de 20 à 30 millions de dollars en actions accréditives de sociétés d’exploration minière du Québec.

  • Sodemex et Sodemex II ont pour leur part investi près de 4 millions de dollars en capital-actions dans 22 sociétés d’exploration. Environ 85 % de cette somme sera consacrée à des projets au Québec.

  • Le Fonds de solidarité FTQ, y compris les Fonds régionaux Abitibi-Témiscamingue, Nord-du-Québec et Côte-Nord, a investi 2,2 millions de dollars en capital-actions et débentures auprès d’une dizaine de sociétés d’exploration.

  • La Société d’investissement dans la diversification de l’exploration (SIDEX) a conclu des ententes d’investissement pour plus de 6 millions de dollars avec 19 sociétés d’exploration, au cours des 9 premiers mois de 2004.

  • Les financements accréditifs et non accréditifs sollicités hors Québec par les sociétés d’exploration actives au Québec devraient atteindre des niveaux comparables ou supérieurs à ceux de 2003.

Réglementation des valeurs mobilières

 

Les perspectives de prix des principales substances minérales ainsi que les incitatifs fiscaux du Québec expliquent en grande partie le niveau intéressant des financements levés au Québec à des fins d’exploration minière. L’évolution de la réglementation des valeurs mobilières en 2004 a aussi facilité l’accès au financement pour plusieurs sociétés.

  • Au printemps, l’Autorité des marchés financiers a annoncé qu’elle dispensait les sociétés de l’application des dispositions de l’instruction générale Q-4 portant sur le placement des titres de sociétés d’exploration ou de mise en valeur du secteur primaire. Elle a également annoncé que, dans une perspective d’harmonisation avec les autres autorités du pays, elle accorderait à l’avenir une dispense discrétionnaire pour tout placement devant être effectué auprès de personnes qui peuvent se qualifier à titre d’accredited investor, au sens de la Multilateral Instrument 45-103, Capital Raising Exemption.

  • Les efforts de simplification du système de réglementation des valeurs mobilières et d’harmonisation de la réglementation se poursuivront en 2005. On prévoit mettre en place, entre autres, un régime de passeport qui permettra à un émetteur d’accéder aux marchés des capitaux des provinces et territoires participants en ne transigeant qu’avec l’autorité en valeurs mobilières de son territoire principal. Pour en savoir davantage, consultez le site Web de l’Autorité des marchés financiers.

Fiscalité minière en 2004


Crédit d'impôt relatif aux ressources

  • Discours sur le budget du 30 mars 2004 : le gouvernement du Québec a annoncé une bonification du crédit d’impôt relatif aux ressources (partie remboursable) qui s’applique aux sociétés qui n’exploitent aucune ressource minérale.

  • Le crédit global de 45 % auquel les sociétés minières admissibles peuvent avoir droit se répartit comme suit :
 
Sociétés qui n'exploitent
aucune ressource minérale

Autres sociétés

Partie
remboursable
Partie
non
remboursable


Total

Partie
remboursable
Partie
non
remboursable


Total
Frais liés aux
ressources minérales


Moyen ou Grand Nord

Ailleurs au Québec



38,75 %

30 %



6,25 %

15 %



45 %

45 %



18,75 %

15 %



26,25 %

30 %



45 %

45 %
Frais liés aux
ressources naturelles
(pierre de taille)


15 %


s.o.


15 %


15 %


s.o.


15 %

  • Ce crédit est imposable en vertu de la Loi sur les impôts, de la Loi de l’impôt sur le revenu et de la Loi concernant les droits sur les mines.

  • L’imposition du crédit s’applique aux frais admissibles engagés après le 12 juin 2003.

Régime d’actions accréditives

  • La permanence du régime est annoncée dans le Discours du 30 mars 2004.

  • Les déductions additionnelles de 10,42 % et de 20,83 % accordées auparavant au particulier investisseur passent toutes les deux à 25 %.

  • La déduction globale peut atteindre 150 %.

Pour les actions accréditives émises après le jour du Discours sur le budget :

  • les déductions relatives aux frais d’émission de ces actions peuvent être transférées en faveur d’un investisseur;

  • l’exemption additionnelle de gains en capital est disponible.

Réforme fiscale fédérale

 

Tel qu’il était prévu dans le budget fédéral de 2003, le nouveau régime d’imposition du revenu provenant de ressources est graduellement mis en œuvre depuis 2003 sur une période de cinq ans. Ce régime comprend les éléments suivants :

  • l’instauration d’une déduction pour les redevances à la Couronne et les impôts miniers;

  • l’élimination de la déduction de 25 % relative à des ressources;

  • la réduction de 28 % à 21 % du taux d’imposition sur le revenu tiré des activités liées aux ressources;

  • l’instauration d’un crédit d’impôt pour l’exploration minière de 10 %. Ce crédit est accordé aux sociétés qui engagent directement des dépenses admissibles pour l’exploration des minéraux suivants : diamants, métaux usuels, métaux précieux et minéraux industriels qui deviennent, par affinage, des métaux usuels ou des métaux précieux.

Environnement minier en 2004


Réglementation environnementale

  • En novembre, le ministère de l’Environnement (MENV) a déposé Le Plan de développement durable du Québec. Ce plan permet de prévoir, entre autres, la création d’un « Fonds vert », d’un poste de commissaire au développement durable et d’un processus de reddition des comptes. Le gouvernement a également l’intention de faire inclure dans la charte des droits et libertés de la personne le droit de vivre dans un environnement sain. Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) devra se doter d’un plan d’action en vue de respecter ce plan et chaque nouveau projet minier devra être analysé en tenant compte de cette nouvelle réalité. Une consultation publique est prévue à l’hiver 2005.

  • En juin, le gouvernement a adopté la Stratégie 2004-2007 sur la diversité biologique. Le Ministère y participe en s’engageant à mettre en œuvre, d’ici 2007, un programme d’intervention et de restauration des aires d’accumulation de résidus miniers abandonnés.

  • Le projet de loi 44 a été adopté en décembre 2004. Grâce à cette loi, le ministère du Développement durable et des Parcs est autorisé à demander diverses informations environnementales aux entreprises et il a le pouvoir de leur facturer les services rendus. En commission parlementaire, le ministre Mulcair a rassuré l’industrie minière en lui indiquant que les exploitants de mines ne subiraient pas de double tarification, étant donnée qu’ils sont déjà assujettis au programme de réduction des rejets industriels (PRRI).

  • À la suite de l’adhésion de la Russie, le Protocole de Kyoto est entré en vigueur le 16 février 2005. Ce protocole prévoit des réductions significatives des émissions de gaz à effet de serre au Canada au cours de la période 2008-2012. L’industrie minière fait partie des grands émetteurs de ces gaz et ses représentants négocient une entente avec le gouvernement fédéral.

  • Le chrysotile n’a finalement pas été inclus dans la liste des produits dangereux soumis à la Convention de Rotterdam. Selon cette convention, l’exportation d’un produit chimique visé ne peut avoir lieu qu’avec le consentement préalable et en connaissance de cause du pays qui l’importe.

  • Le 24 novembre, le ministère de l’Environnement a adopté par décret le Règlement sur les redevances exigibles pour l’élimination des matières résiduelles et des sols contaminés. Ce règlement a pour objet de prescrire les redevances exigibles pour l’élimination des matières résiduelles et des sols contaminés dans les lieux d’élimination. Pour l’industrie minière, ces nouvelles dispositions auront une incidence sur le coût d’élimination des matières résiduelles, notamment lors de la réhabilitation des terrains contaminés en cas de fermeture d’une mine.

  • Le 2 décembre, le Ministère a entrepris la révision du guide de restauration des sites miniers ainsi que du protocole d’entente administrative MRNFP-MENV, en collaboration avec le MENV. Rappelons que les dernières modifications apportées au guide de restauration datent de 1997 et que depuis, plusieurs modifications législatives ont été effectuées notamment par le MENV, nécessitant une mise à jour du document de référence.

  • Un projet de modification du Règlement sur les substances minérales autres que le pétrole, le gaz naturel et la saumure a été soumis au Conseil Exécutif afin d’être inscrit à une séance du Conseil des ministres. Ainsi, en matière de restauration minière, les modifications ont pour but de retirer une mesure transitoire qui s’appliquait aux deux années suivant l’entrée en vigueur de ces obligations, soit en mars 1995 et, d’autre part, à retirer également la mesure permettant le droit de reporter, à une autre année, des versements de la garantie financière.

Restauration

  • En 2004, le Ministère a investi près de 320 000 dollars pour effectuer la surveillance, l'entretien et le suivi environnemental des sites miniers rétrocédés à l'État.

  • Un plan d’action sur la restauration des sites miniers abandonnés sur le territoire québécois est en voie de réalisation. Le coût de ces travaux est estimé à 75 millions de dollars. Différentes mesures sont en cours d’évaluation pour assurer le financement des travaux qui pourraient s’échelonner sur 15 ans.

  • Le nettoyage du site Manitou s’est poursuivi en 2004 alors que le Ministère s’est départi, par appel d’offres, de certains bâtiments. Il a par ailleurs poursuivi l’analyse des données recueillies et devrait amorcer, en 2005, la préparation du plan directeur de restauration.

  • Le 1er novembre, le Ministère a accepté la cession du site minier East Malartic à la suite d’une entente avec le syndic de Les Mines McWatters. Le Ministère assure l’entretien et la sécurisation du site et des bâtiments (usine de traitement et services), afin qu’un nouvel acquéreur soit en mesure de reprendre les activités minières ou d’entreprendre leur démolition.

  • Dans le cadre de l’entente MRNFP-IOC qui concerne la restauration des sites miniers près de Schefferville, les travaux de restauration et de sécurisation entrepris en 2003 ont été menés à terme. À la suite de la réalisation de ces travaux, IOC a été libéré de sa responsabilité environnementale telle que le prévoit la Loi sur les mines.

Recherche et développement en 2004

  • En 2004, le ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs (MRNFP) a versé une somme de 200 000 dollars à la Chaire CRSNG-Polytechnique-UQAT en environnement et gestion des rejets miniers. Cette somme complète l’engagement de 400 000 dollars du Ministère pour la première phase (2001-2006) de la Chaire. Il participe également au comité scientifique et au comité d’orientation de cette dernière. Les démarches en vue du renouvellement de la Chaire pour une période de cinq ans ont été amorcées.

  • Le Ministère a poursuivi sa collaboration au programme de recherche NEDEM (neutralisation des eaux de drainage dans l'environnement minier) et à ses activités de transfert de technologie. Une nouvelle organisation internationale s’est jointe à NEDEM dans la recherche de solutions au drainage minier acide, soit le Partnership for acid drainage remediation in Europe (PARDE). En 2004, NEDEM s’est vu allouer un budget de 125 000 dollars pour des projets de recherche. Par ailleurs, il participe, avec le Ministère, à l’organisation du prochain symposium sur l’environnement minier qui se tiendra à Rouyn-Noranda en mai 2005.

  • Un important rapport de recherche qui consiste à établir les priorités de recherche pour les prochaines années pour l’extraction minière (excluant le traitement du minerai), a été présenté au Ministère. Les auteurs du rapport, financé notamment par la Société de recherche et de développement minier (SOREDEM) et le MRNFP, recommandent que des investissements massifs soient effectués en recherche pour soutenir le développement de l’industrie minière au Canada. Au Québec, cela pourrait représenter des investissements annuels de plus de 15 millions de dollars.

  • Mis sur pied en 2003 par l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) et Télébec Mobilité, le Laboratoire de recherche sur les communications souterraines vise à mettre au point un système polyvalent de communication souterraine pour assurer la sécurité des travailleurs miniers. En décembre, Télébec a annoncé un investissement d’un million de dollars pour les trois prochaines années.

  • Nichromet et LAB Chrysotile ont annoncé la construction d’une usine pilote pour extraire du nickel et des dérivés de magnésium à partir des résidus miniers. Au coût de 7 millions de dollars, l’usine fournirait 25 emplois pendant deux ans. Si les résultats sont concluants, il est question de construire une usine commerciale de 100 millions de dollars qui permettrait de créer quelque 300 emplois et de produire annuellement 10 000 tonnes de nickel et autant de dérivés de magnésium. Les principaux avantages de ce procédé hydrométallurgique sont l’absence d’effluents liquides et la disponibilité de la matière première. Les ressources de la région montrent un potentiel de 1,5 million de tonnes de nickel, des réserves suffisantes pour 150 ans de production.

  • COREM travaille à quelque 24 projets de recherche précompétitive. De plus, 25 autres projets font l’objet de recherches préliminaires afin d’en connaître le potentiel. Grâce à dix projets terminés, COREM offre maintenant à ses membres des produits qui peuvent être implantés dans leurs usines. En 2005, l’organisme doit élaborer son nouveau plan d’affaires pour la période 2006-2008. En raison du succès de ses recherches dans le domaine du fer, COREM a réussi à recruter un membre d’envergure, soit le groupe CORUS de Grande-Bretagne qui compte 50 000 employés à travers le monde. CORUS, autrefois British Steel, est actuellement le plus important producteur d’acier en Angleterre.

  • Le Consortium de recherche en exploration minérale (CONSOREM) est une structure de recherche appliquée, consacrée aux technologies de l'exploration minérale au Québec. Il représente un maillon entre différents intervenants du secteur de l'industrie minérale provenant des milieux industriels, gouvernementaux et universitaires. Les projets de recherche de CONSOREM s’articulent autour des grands thèmes suivants :

    • signature des altérations hydrothermales;
    • intégration de données pour l’exploration minérale;
    • étude d’opportunité pour les minéralisations spécifiques;
  En 2004, le Ministère a poursuivi sa collaboration avec CONSOREM par son apport financier (90 k$) et sa participation active au comité d’orientation de la recherche et au conseil d’administration.

 


Activités stratégiques en 2004


Autochtones

  • Dans l’entente la Paix des braves conclue avec les Cris le 7 février 2002 et l’entente Sanarrutik conclue avec les Inuits le 9 avril 2002, le Québec s’est engagé à encourager et à faciliter la signature d’ententes entre les promoteurs miniers et les peuples autochtones.

  • Trois fonds d'exploration minière autochtones, pour lesquels le Ministère a accordé une aide financière de 650 000 dollars en 2004-2005, sont actuellement en vigueur :

    • le Fonds d'exploration minière du Nunavik, actif depuis 1998;
    • le Fonds minier innu Nitassinan, actif depuis mars 2000;
    • le Conseil cri sur l’exploration minérale, créé en mars 2002.

  • En 2004, on comptait 75 travailleurs cris (25 % de la main-d’œuvre) à la mine d’or Troilus au nord de Chibougamau et 65 travailleurs inuits (14 % de la main-d’œuvre) à la mine de nickel Raglan au Nunavik. Par ailleurs, plus d’une cinquantaine de prospecteurs cris et inuits ont travaillé pour des compagnies d’exploration œuvrant sur le territoire de la baie James ou au Nunavik.

Stratégie québécoise sur les aires protégées

  • Le Ministère contribue à l’effort de création d’aires protégées, tout en veillant aux intérêts du secteur minier.

  • La superficie des terres réservées aux aires protégées a continué d’augmenter. Elle est passée de 2,9 % en 1999 (48 000 km2) à 5,4 % en 2004 (90 016 km2). La stratégie québécoise sur les aires protégées vise à atteindre 8 % de la superficie du Québec, soit 133 000 km2.

  • Les travaux se sont poursuivis afin d’identifier de nouveaux territoires d’intérêt dans les provinces naturelles des Basses-terres de l’Abitibi et de la baie James (F), des Laurentides centrales (D) et des Hautes-terres de Mistassini (G).

  • En 2004, une stratégie qui vise la protection de sites géologiques exceptionnels a été élaborée et la population peut dorénavant proposer au Ministère des sites potentiels.

  • En 2005, des travaux seront entrepris dans la province naturelle des Laurentides méridionales (C).

  • Le Ministère proposera en 2005-2006 des moyens légaux afin de protéger les sites géologiques exceptionnels retenus.

Loi sur les mines

  • La Loi modifiant la Loi sur les mines a été sanctionnée le 18 décembre 2003. En plus des modifications apportées à la garantie financière, les mesures suivantes figurent parmi les principaux changements :

    • la possibilité, pour un titulaire, de renouveler des claims s'ils sont compris à l’intérieur d'un rayon de 4,5 km du claim sur lequel existe un excédent de travaux;
    • la possibilité de désigner sur carte à l'intérieur d'un parc de jalonnement, à certaines conditions;
    • la possibilité d'émettre un bail exclusif d'exploitation de substances minérales de surface (BEX) à une municipalité ou à une régie intermunicipale pour la construction et l'entretien de son réseau routier;
    • la suspension provisoire de l'octroi des titres miniers durant la préparation d'un arrêté ministériel, pour une période maximale de six mois, sur un territoire, pour des motifs d'intérêt public tels que la création d'une aire protégée.

Comité sur la Stratégie pancanadienne du diamant

  • Le 20 juillet, le comité de direction de la Stratégie, formé de représentants des provinces et territoires et coprésidé par le Québec et les Territoires du Nord-Ouest, a présenté son rapport aux ministres provinciaux et territoriaux des mines lors de la Conférence des ministres des Mines à Iqaluit. Le plan d’action de la Stratégie pancanadienne du diamant a été approuvé par les ministres. Les quinze recommandations que contient le plan d'action sont articulées autour de trois thèmes propres au développement du marché des diamants au Canada, soit l'offre de diamants d'origine canadienne, la demande pour les diamants traités au Canada et l'encadrement des marchés. Il s'agit là de trois aspects qui doivent être pris en compte pour assurer le développement durable de l'industrie du diamant.

  • Les premiers ministres provinciaux et territoriaux ont reçu le plan d’action et approuvé la Stratégie pancanadienne du diamant lors du Conseil de la fédération tenu à Niagara-on-the-Lake du 28 au 30 juillet 2004. Les premiers ministres ont mandaté les ministres provinciaux et territoriaux des mines pour qu’ils poursuivent l’élaboration de la mise en œuvre de la Stratégie.

  • Les ministres Brendan Bell des T. N.-O. et Sam Hamad du Québec ont rendu public le plan d’action de la Stratégie le 24 septembre 2004. L’industrie l’a accueilli très favorablement.

Stratégie d’accélération de la mise en valeur du potentiel du diamant au Québec

  • La Stratégie québécoise du diamant a été annoncée le 14 juin 2004 à Matane en présence du premier ministre du Québec. Cette stratégie s’appuie sur un ensemble de 14 mesures qui visent à favoriser l’exploration, l’exploitation, la taille et le polissage ainsi que la fabrication de bijoux.

Plan cuivre

  • Afin de favoriser la découverte et l’exploitation de nouveaux gisements de cuivre dans le Nord-Ouest québécois, et de stabiliser l’approvisionnement à la Fonderie Horne, le gouvernement a jusqu’à présent encouragé l’exploration minière par la reconduction et la bonification de mesures fiscales existantes et l’acquisition de connaissances géoscientifiques dans des secteurs jugés prioritaires, dont ceux de Rouyn-Noranda et de Matagami.

  • Le Ministère a entrepris la production de cartes d’évaluation du potentiel en métaux communs pour l’Abitibi et la partie sud du territoire de la Baie-James. Environ 120 cartes régionales seront diffusées en mars 2005, au prochain congrès de l’Association canadienne des prospecteurs et des entrepreneurs (ACPE). Elles présenteront de nombreuses et nouvelles cibles d’exploration pour le cuivre au Québec.

  • Dans le but de proposer des mesures additionnelles pouvant contribuer aux mêmes objectifs, un comité Plan cuivre a été formé en 2004. Celui-ci est composé de représentants de l’Association de l’exploration minière du Québec, de l’Association minière du Québec, de la Coalition Noranda, de SOQUEM, du ministère des Ressources naturelles et de la Faune et du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation.

Stratégie du granit au Québec

  • Le Ministère a déployé des efforts particuliers pour favoriser le développement du secteur du granit :

    • mise en place d’un comité consultatif formé majoritairement des représentants de l’industrie;
    • mise en ligne d’une section spécifique sur le granit dans le site Internet du Ministère;
    • réalisation de travaux d’inventaire et de documents promotionnels.

Activités géoscientifiques du Ministère

  • Le Ministère a consacré plus de 3,5 millions de dollars en travaux d’inventaire et en études géoscientifiques. Les travaux ont été concentrés dans les secteurs les plus accessibles et répondent aux besoins de renouvellement des ressources, notamment le cuivre, le zinc et l’or. Le Ministère a cherché aussi à mettre en évidence le potentiel minéral de nouveaux secteurs peu connus dans le prolongement du camp minier de Chibougamau, sur la Côte-Nord et en Gaspésie. Au cours de l’été 2004, sept levés géologiques et une quinzaine d’études thématiques ont été effectués dans les différents territoires. Les premiers résultats de ces travaux ont été dévoilés en novembre lors du congrès Québec Exploration 2004.

Québec Exploration 2004

  • C’est du 22 au 25 novembre dernier que s’est déroulée la deuxième édition de Québec Exploration. Organisé conjointement par le ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs et l’Association de l’exploration minière, cet événement a permis d’attirer près de 1 200 participants provenant des secteurs de l’exploration minière et de la recherche géoscientifique ainsi que du monde des affaires.

  • Un colloque sur le patrimoine géologique québécois a été tenu en marge de Québec Exploration 2004

 
 
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