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Dépôt légal - Bibliothèque nationale du Québec, 2004
ISSN en ligne : 1499-8467

Or en 2004

 

Contexte mondial

  • Depuis 2001, le cours de l’or a profité d’une tendance à la hausse, bien que l’on ait connu des périodes d’importantes variations. Le prix moyen de l’once d’or s’est établi à 409 $ US (London PM fix) en 2004 (contre 363 $ US en 2003 et 310 $ US en 2002), en hausse de 12,6 %. Le cours quotidien a évolué entre un prix plancher de 375 $ US, atteint en mai, et un prix plafond de 454,20 $ US, un niveau inégalé depuis 16 ans, atteint en décembre. Cependant, pour ce qui est des autres devises importantes, la hausse du cours de l’or a été plus modérée (ex. : euro, yen), et il y a même eu diminution pour certaines devises (ex. : dollar australien, rand). Cette situation est attribuable à l’importante baisse de la valeur du dollar américain, la devise de cotation de l’or, par rapport à l’ensemble des autres devises. Ainsi, le prix moyen de l’once d’or s’est établi à 532 $ CA en 2004, contre 508 $ CA en 2003, soit une hausse de 4,7 %.

  • Pour sa part, la performance du sous-indice boursier canadien de l’or (S&P/TSX gold index), composé de sociétés possédant des mines au Canada et ailleurs, a été de –9,0 %.

  • En 2004, la direction du cours de l’or a été déterminée en grande partie par la demande d’or à des fins d’investissement, où beaucoup d’investisseurs à court terme étaient présents. La faiblesse du dollar américain, causée par le déficit du compte courant et du budget des États-Unis, a suscité des achats d’or à titre de valeur refuge et d’actif alternatif. Les principaux autres facteurs qui ont contribué à la demande à des fins d’investissement sont les suivants :

    • les bas taux d’intérêts réels aux États-Unis (et autres pays);
    • le maintien de fortes tensions géopolitiques;
    • l’augmentation des cours du pétrole;
    • l’arrivée de nouveaux produits financiers permettant d’investir facilement dans l’or (dont le StreetTRACKS Gold de New York, lancé à la mi-novembre);
    • l’intérêt des investisseurs pour l’investissement dans les denrées en général.

  • Malgré toute l’attention suscitée par les observateurs du marché sur l’incidence des achats d’or à des fins d’investissement, il ne faut pas passer sous silence l’importance qu’a eu, sur le cours de l’or, l’évolution favorable de facteurs fondamentaux. En effet, il y a eu diminution de l’offre provenant, d’une part, de la production minière mondiale et, d’autre part, des ventes des banques centrales (grâce en partie au renouvellement de l’entente de Washington qui limite les ventes des banques centrales d’Europe) et du recyclage de bijoux et d’autres biens. Quant à la demande d’or, il y a eu accroissement de la fabrication de bijoux et d’autres biens contenant de l’or, et la réduction des activités de couverture (hedging) des producteurs miniers a également entraîné une augmentation de la demande.

Situation québécoise

  • Selon les données préliminaires, le volume des expéditions d’or en provenance des gisements québécois a diminué de 14 % par rapport à celui de 2003, se situant à 24,3 tonnes (777 214 onces). La valeur de la production a baissé de 10 %, passant de 458 millions de dollars en 2003 à 415 millions de dollars en 2004. Cette baisse est surtout attribuable à la fermeture temporaire de la mine Mouska, à la baisse de la production de la mine Doyon et à l’exploitation de minerai à des teneurs moins élevées à la mine Beaufor.

  • Expéditions québécoises d'or de 1994 à 2004
  • En septembre, Cambior a procédé à la réorganisation de l’exploitation à la mine Doyon, ce qui a entraîné la perte de 130 emplois et une réduction de 30 % du rythme d’exploitation annuel qui passe de 1 000 000 à 700 000 tonnes de minerai. Cambior exploite actuellement les piliers de la mine, ce qui a un effet perceptible sur les coûts d’exploitation et la longévité de l’exploitation.

  • En 2004, la production de la mine Géant Dormant (Cambior/Mines Aurizon) s’est sensiblement améliorée, l’augmentation ayant atteint environ 3 %.

  • En octobre, Cambior a redémarré la production de la mine Mouska, qui avait été suspendue en janvier 2004 pour permettre l’approfondissement du puits.

  • Au cours du premier trimestre de 2004, Met-Chem Canada s’est vu confier, par Mines Aurizon, un contrat pour mettre à jour l’étude de faisabilité du projet Casa Berardi. Mines Aurizon a aussi accordé un contrat à l’entrepreneur minier Ross-Finlay pour foncer le puits. Le projet a commencé à la fin du deuxième trimestre et près de 660 mètres de galeries d’exploration ont été réalisés. Le collet du puits est terminé sur plus de 240 mètres. L’entreprise devrait prendre une décision quant à la mise en production au cours du premier semestre de 2005.

  • En septembre, Century Mining a annoncé qu’elle avait mené à terme l’acquisition du complexe Sigma-Lamaque de Les Mines McWatters. La transaction résulte d’une entente avec les créanciers de Les Mines McWatters. Cette entente comporte, entre autres, la prise en charge par Century Mining d’un prêt consenti par Investissement Québec. En novembre, la compagnie a débuté une campagne de forage dans la fosse Sigma-Lamaque, pour évaluer et définir le contact stérile-minerai. Ces données permettront de réviser les réserves minières et, le cas échéant, de déterminer la faisabilité d’une reprise de l’exploitation qui serait prévue au cours du premier semestre de 2005.

  • Mines Agnico-Eagle a diminué sa production annuelle qui a été ramené à 300 000 onces d'or en 2004 et a révisé à la baisse ses prévisions pour les années subséquentes. Par ailleurs, elle a poursuivi ses efforts importants de mise en valeur des propriétés Lapa, Bousquet-Ellison, Goldex et LaRonde II, en y investissant 14 millions de dollars en 2004. En août, la compagnie a amorcé un programme de mise en valeur de 40 millions de dollars sur la propriété Lapa. La réalisation des travaux, qui devrait s’étendre sur près de deux ans, nécessitera entre autres le fonçage d’un puits d’exploration de 825 mètres.

  • En septembre, Mines Richmont a terminé la mise en place des installations de surface à son projet East-Amphi, le portail de la rampe souterraine et le fonçage de 770 mètres de rampe jusqu’à une profondeur de 130 mètres, soit à 70 mètres de l’objectif final.

  • Mines Wesdome a entrepris un vaste programme d’exploration et de mise en valeur de 15 millions de dollars sur ses propriétés Kiena, Shawkey et Wesdome.

  • En mars, la direction de la mine Troilus annonçait un investissement de 18,5 millions de dollars pour accroître la production journalière de 15 000 à 17 500 tonnes. Le rodage des nouveaux équipements s’est amorcé en décembre. La Zone J-4, mise en exploitation en 2004, a contribué pour un fort pourcentage à la production de la mine.

Perspectives 2005

  • En 2005, le cours de l’once d’or continuera d’être déterminé en grande partie par l’évolution de la valeur du dollar américain par rapport aux autres devises. En effet, malgré un contexte où les éléments de l’offre d’or (production minière, ventes des banques centrales, recyclage) devraient augmenter, et où ceux de la demande (fabrication de bijoux et d’autres biens, réduction des activités de couverture des producteurs) devraient diminuer, les principaux analystes du marché de l’or prévoient un cours moyen de l’once d’or de l’ordre de 425 à 450 $ US. C’est donc dire qu’ils s’attendent encore une fois à un niveau élevé de la demande d’investissement, causé par la faiblesse du dollar américain. Le double déficit (compte courant et budget) des États-Unis va continuer à peser sur sa devise, pour laquelle une remontée importante paraît peu probable. Le comportement attendu d’autres facteurs clefs de l’économie, tels que des taux d’intérêts réels toujours bas aux États-Unis et ailleurs, une augmentation de l’inflation, les tensions géopolitiques qui demeurent, sera également favorable à la demande d’or à des fins d’investissement.

  • En 2005, le volume des expéditions d’or du Québec devrait être semblable à celui de 2004.

 
 
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