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Métaux usuels en 2004
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Cuivre
Contexte mondial
- La hausse importante de la production minière mondiale
en deuxième moitié d’année ne s’est
pas complètement reflétée sur celle de cuivre
affiné en 2004, les fonderies ayant procédé
à la reconstitution de leurs stocks de concentrés
qui avaient atteint de faibles niveaux. Face à cette hausse
de production restreinte, l’augmentation significative de
la consommation, grandement attribuable aux États-Unis
et aux pays asiatiques, a considérablement accru le déficit
du marché mondial du cuivre affiné en 2004.
Les stocks ont donc fortement diminué et ceux des bourses
de métaux ont reculé tout au long de l’année
pour terminer en baisse de près de 85 % par rapport
à la fin de 2003, atteignant ainsi leur plus faible
niveau depuis la fin des années 80.
- Étant donné la robustesse des facteurs fondamentaux
du marché, le prix du cuivre a connu une très forte
croissance en 2004, ayant aussi bénéficié
de l’intérêt général des fonds
d’investissement à l’égard des métaux
usuels. Son prix annuel moyen au comptant à la Bourse des
métaux de Londres (LME) s’est accru d’environ
60 % par rapport à 2003, s’établissant
à 1,30 $ US/lb, son niveau le plus élevé
depuis 1995. Le prix a clôturé l’année
en force à 1,49 $ US/lb. Étant donné
l’importance du déficit du marché et la faiblesse
des stocks, le prix du cuivre a été très
volatil en cours d’année, réagissant aux nouvelles
relatives à l’économie chinoise et aux possibles
interruptions de production ainsi qu’à l’évolution
du dollar américain.
- Les contraintes d’approvisionnement en concentrés
des fonderies ont diminué progressivement en 2004.
Après un début d’année difficile, les
frais de traitement et d’affinage ont augmenté de
façon importante au cours de la seconde moitié de
l’année. D’ailleurs, il semble bien, à
la lumière de l’information disponible à la
fin de 2004, que les frais couverts par contrats annuels
doubleront en 2005.
Situation au Québec
- Le volume des expéditions des mines de cuivre a baissé
de 19 % en 2004, passant de 80 000 tonnes
à 65 000 tonnes. Cette baisse importante est
principalement due aux fermetures des Mines Selbaie en janvier 2004
et de la mine Bell-Allard en octobre 2004.
- La mine Louvicourt, principale mine productrice de cuivre au
Québec en 2004, cessera ses activités à
l’été 2005.
- En novembre, Ressources Campbell est devenue l’unique
actionnaire de Corporation Copper Rand (CCR). Celle-ci prévoit
être en mesure d’amorcer l’exploitation commerciale
de la mine de cuivre et d’or Copper Rand 5000 au premier
trimestre de 2005. Depuis novembre 2004, la mine est
en période de rodage.
- Ressources Campbell a poursuivi ses travaux d’exploration
sur sa propriété de cuivre Corner Bay, localisée
près de Chibougamau. En 2005, elle devrait entreprendre
le fonçage d’une rampe.
- La production 2004 de la fonderie Horne a dépassé
légèrement celle prévue en début d’année
(145 000 tonnes). La remontée importante des
revenus tirés des frais de traitement milite pour un accroissement
substantiel de la production de la fonderie Horne en 2005.
Perspectives 2005
- Bien que la consommation de cuivre affiné devrait demeurer
ferme en Chine, celle du monde occidental ralentira, tout particulièrement
aux États-Unis, ce qui entraînera une réduction
du taux de croissance mondial. Par ailleurs, la hausse de la production
minière se fera sentir davantage sur l’offre de cuivre
affiné en 2005, les fonderies ayant procédé
à la reconstitution de leurs stocks de concentrés.
Ainsi, le marché du cuivre affiné devrait se rééquilibrer
progressivement en cours d’année, le déficit
pour l’ensemble de l’année diminuant de façon
significative. Le prix du cuivre profitera néanmoins encore
d’un marché relativement serré, et ce, dans
un contexte où les stocks aux bourses de métaux
ont atteint des niveaux historiquement faibles. Ainsi, les analystes
estiment que le prix annuel moyen du cuivre en 2005 demeurera
élevé, ne prévoyant généralement
qu’un niveau légèrement inférieur à
celui de l’an dernier.
Nickel
Contexte mondial
- En 2004, la consommation mondiale de nickel affiné primaire
a continué de bénéficier de la croissance
de la production d’acier inoxydable, qui représente
près des deux tiers de son utilisation, mais elle a aussi
connu une amélioration de la part de ses autres applications.
Néanmoins, l’augmentation de la consommation n’aura
pas été aussi forte que ce qui était anticipé
en début d’année, et ce, en raison du prix
élevé du nickel qui aura également influé
sur l’offre. Ainsi, ce prix élevé a entraîné :
- une plus grande disponibilité d’acier inoxydable
recyclé;
- un écoulement des stocks de nickel et d’acier
inoxydable, notamment en Chine;
- un effet de substitution par la production accrue de catégories
d’acier inoxydable contenant moins de nickel.
| Le marché mondial du nickel affiné primaire
est demeuré tout de même serré en 2004,
bien que les estimations à l’égard du
déficit appréhendé aient été
généralement réduites en cours d’année. |
- Avec un marché serré et de faibles stocks au LME,
le prix du nickel est demeuré fidèle, en 2004,
à sa réputation de forte volatilité. Il a
oscillé entre 8,06 $ US/lb, le 6 janvier,
et 4,78 $ US/lb, le 18 mai, pour finir l’année
à 6,90 $ US/lb, comparativement à 7,55 $ US/lb
à la fin de 2003. Ainsi, le prix a atteint son sommet
en début d’année, mais, de l’avis de
plusieurs analystes, il était alors plus élevé
que ne le justifiait les facteurs fondamentaux du marché,
et ce, en raison des achats spéculatifs. Il a d’ailleurs
fortement diminué dès les premiers mois de l’année,
avant de connaître un certain redressement, mais il est
néanmoins demeuré élevé tout au long
de l’année. Ainsi, le prix annuel moyen au comptant
du nickel à la Bourse des métaux de Londres (LME)
est passé de 4,37 $ US/lb à 6,27 $ US/lb,
soit une croissance de plus de 40 %. Il a ainsi atteint son
niveau le plus élevé depuis 1988. Le prix du nickel
a aussi profité de l’intérêt général
des fonds d’investissement à l’égard
des métaux usuels, un intérêt notamment stimulé
par la faiblesse du dollar américain.
Situation au Québec
- La mine Raglan, située dans la péninsule d’Ungava,
est le seul producteur de nickel au Québec. En 2004,
la production a atteint 26 552 tonnes de nickel, une
hausse de 5,7 % par rapport à celle de 2003.
Les études se poursuivent pour accroître la production
de près de 40 % d’ici quelques années.
Perspectives 2005
- La consommation mondiale de nickel affiné primaire devrait
croître plus fortement en 2005, grâce notamment
à la Chine qui semble avoir mis fin à son exercice
de déstockage. De plus, on prévoit que la production
mondiale d’acier inoxydable poursuivra sa croissance. Par
ailleurs, Inco doit mettre en production son gisement de nickel
Voisey’s Bay au Labrador. La consommation de nickel sera
sans doute à nouveau restreinte par une offre serrée,
tout comme en 2004. Le marché mondial devrait donc
être près de l’équilibre, sinon légèrement
déficitaire.
- Le marché du nickel continue de bénéficier
de facteurs fondamentaux relativement solides. Avec la faiblesse
des stocks au LME, les conditions sont donc réunies pour
que le prix annuel moyen du nickel en 2005 demeure élevé,
bien que les analystes estiment généralement qu’il
devrait être légèrement inférieur à
celui de 2004. Tout comme l’an dernier, des facteurs,
tels que l’offre d’acier inoxydable recyclé
et la substitution, pourraient venir modifier les prévisions.
- En 2005, la mine Raglan prévoit produire 20 700 tonnes
de nickel, une baisse de 25 %, attribuable à un arrêt
planifié à l’usine de traitement permettant
des modifications au circuit de broyage. En 2006, la production
annuelle de nickel devrait revenir à 25 Kt.
Zinc
Contexte mondial
- La production mondiale des mines de zinc ne s’est accrue
que très légèrement en 2004, celle du
monde occidental ayant même diminué, ce qui a freiné
la production de zinc affiné. Le marché occidental
a également dû composer avec la forte chute des exportations
de zinc affiné de la Chine, qui serait même devenue
un importateur net. Pour sa part, la consommation a maintenu un
taux de croissance élevé, profitant à nouveau
de la demande chinoise, mais aussi du redressement significatif
de celle du monde occidental, notamment aux États-Unis.
Pour la première fois depuis 1999, le marché
mondial du zinc affiné est donc passé en situation
de déficit. Les stocks affichés au LME sont néanmoins
demeurés élevés en raison de l’arrivée
en cours d’année de stocks non enregistrés.
- Le prix annuel moyen au comptant du zinc à la Bourse
des métaux de Londres (LME) a affiché une hausse
d’un peu plus de 25 % en 2004 par rapport à 2003,
pour atteindre 47,5 ¢ US/lb, son niveau le plus
élevé depuis 2000. Le prix du zinc s’est
néanmoins accru plus modestement que celui de plusieurs
autres métaux usuels compte tenu du niveau élevé
des stocks. Toutefois, il a connu une hausse importante en fin
d’année grâce à l’amélioration
apparente des facteurs fondamentaux, dont une baisse continue
au cours du dernier trimestre des stocks affichés au LME.
Ainsi, il a clôturé l’année à
57,6 ¢ US/lb, soit son sommet de l’année.
Le prix du zinc a aussi bénéficié de l’intérêt
général des fonds d’investissement à
l’égard des métaux usuels.
- Le problème d’approvisionnement en concentrés
des fonderies s’est poursuivi en 2004, ce qui s’est
traduit, pour une troisième année consécutive,
par une réduction des frais de traitement couverts par
contrats annuels. De plus, les prévisions disponibles en
fin d’année faisaient état d’une nouvelle
baisse de ces frais en 2005. Les fonderies ont tout de même
pu profiter de la hausse du prix du zinc en 2004, en raison de
la clause de participation aux prix. Cela devrait être encore
le cas en 2005 où l’on prévoit une nouvelle
augmentation de prix.
Situation au Québec
- Le volume des expéditions des mines de zinc a augmenté
de près de 2 % en 2004, passant d’environ
253 000 à 257 000 tonnes. Cette légère
hausse est principalement due à une augmentation de la
production de zinc de la mine LaRonde.
- L’affinerie CEZinc de Salaberry-de-Valleyfield a fonctionné
à plein régime en 2004 et la production a avoisiné
les 275 000 tonnes de zinc. L’année 2005
s’annonce aussi bonne compte tenu de l’amélioration
annoncée du marché du zinc (prix élevé
et faible réserve).
- La mine Bell-Allard, qui a extrait 35 % du zinc produit
au Québec en 2004, a cessé ses activités
en octobre de la même année. La mine Bouchard-Hébert,
qui a généré 20 % du zinc en 2004,
devrait quant à elle fermer au printemps 2005.
- En juillet, Noranda a décidé de reporter la mise
en production du gisement Persévérance situé
à quelques kilomètres au sud-ouest de Matagami.
La faiblesse du prix du zinc à ce moment (0,44 $US/lb)
justifiait ce report. Aucune date n’a été
avancée quant à une éventuelle reprise des
travaux; la mise en production est donc maintenant retardée
au moins jusqu’en 2007.
Perspectives 2005
- En 2005, la consommation mondiale de zinc affiné
devrait continuer de croître, mais à un rythme plus
modéré que l’an dernier. La Chine devrait
pour sa part maintenir une croissance élevée de
sa consommation. Toutefois, comme on prévoit une hausse
restreinte de la production en raison de la rareté des
concentrés qui devrait perdurer, le marché mondial
du zinc affiné devrait continuer d’être déficitaire.
De plus, les exportations de la Chine pourraient continuer de
diminuer en 2005, certains analystes avançant même
la possibilité qu’elle puisse être un importateur
net. Cette vigueur des facteurs fondamentaux du marché
du zinc devrait permettre à son prix annuel moyen d’augmenter
à nouveau en 2005, bien que plus modestement sans
doute que l’an dernier.
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